Qu’est-ce que la conscience ?
Geneviève Médevielle, religieuse auxiliatrice, professeur à l’Institut catholique de Paris. Dans un article intitulé « Le rôle de la conscience morale » de La Croix du 8 avril 2019 définit la conscience :
Un premier sens peut faire référence à la connaissance de quelque chose comme dans les expressions : « Je prends conscience de », « J'ai conscience de », « Je suis conscient de ». Conscience dit alors connaissance, clarté ou simplement pensée d'une chose en soi ou hors de soi.
Un deuxième sens, psychologique, se rencontre dans les usages suivants : « Entrer dans notre conscience », « Perdre conscience », « Être inconscient de »
Ce deuxième ensemble pose la question philosophique de savoir si nous avons toujours conscience de ce dont nous avons conscience.
Reste un troisième sens, celui de la conscience morale qu'on rencontre dans les usages suivants : « Es-tu bien conscient de ce que tu engages ? », « J'ai mauvaise conscience », « J'ai ma conscience pour moi », « avoir la conscience tranquille », « avoir un cas de conscience », « agir en son âme et conscience ».
« Être inconscient », c'est agir au mépris de la prudence, dans l'ignorance des risques qu'on court ou fait courir aux autres. La conscience, dans ces cas, joue le rôle d'une instance de jugement ou de justification en lien avec une capacité d'intelligence et de liberté.
Chacun, en conscience, semble pouvoir trouver des critères justes et bons pour se décider à agir éthiquement. Chacun, pour justifier ses actes, peut dire : « J'ai ma conscience pour moi !»
La conscience morale n’est pas un absolu.
Elle ne peut se comparer à un instinct qui éviterait la réflexion, l’information, le débat, la prudence et le discernement. La conscience est liée à la recherche de la vérité.
Dans la foi, elle a besoin de guides : une lecture en profondeur de l'Écriture, d’auteurs spirituels et une expérience partagée avec la communauté croyante.
Le Concile Vatican II a fait un exposé clair et concis dans Gaudium et spes, au paragraphe 16, de ce qu'il faut entendre par conscience :
« La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre [17]. C’est d’une manière admirable que se découvre à la conscience cette loi qui s’accomplit dans l’amour de Dieu et du prochain [18]. Par fidélité à la conscience, les chrétiens, unis aux autres hommes, doivent chercher ensemble la vérité et la solution juste de tant de problèmes moraux que soulèvent aussi bien la vie privée que la vie sociale. Plus la conscience droite l’emporte, plus les personnes et les groupes s’éloignent d’une décision aveugle et tendent à se conformer aux normes objectives de la moralité. »
Le pape Jean-Paul II va dans le même sens :
« Aucune autorité humaine n'a le droit d'intervenir dans la conscience de quiconque. La conscience est le témoin de la transcendance de la personne, même en face de la société, et, comme telle, elle est inviolable. [...] Nier à une personne la pleine liberté de conscience, et notamment la liberté de chercher la vérité, ou tenter de lui imposer une façon particulière de comprendre la vérité, cela va contre son droit le plus intime » (Jean-Paul II, "Message pour la Journée de la Paix", La Documentation catholique, n° 2020, 20 janvier 1991, p. 54).
Jean-Paul II ajoute toutefois une réserve :
« Cependant la conscience n'est pas un absolu qui serait placé au-dessus de la vérité et de l'erreur ; et même sa nature intime suppose un rapport avec la vérité objective, universelle et égale pour tous, que tous peuvent et doivent chercher".
Et Jean-Paul II de préciser :
« Il ne suffit donc pas de dire à l'homme : Obéis toujours à ta conscience. Il est nécessaire d'ajouter immédiatement : Demande-toi si ta conscience dit le vrai ou le faux, et cherche, sans te lasser, à connaître la vérité » (Jean-Paul II, Audience générale du 17 août 1983, La Documentation catholique, n° 1860, 16 octobre 1983, p. 937)
En 1990, le roi Baudouin refuse de signer la loi dépénalisant l'avortement.
Une décision profondément personnelle prise « en son âme et conscience »
« Vous pouvez téléphoner au pape pour qu'il me demande de signer, je ne le ferai pas. »
Pourtant, le Roi n'a pas manqué de consulter.
Il a ainsi demandé conseil à deux personnalités catholiques, Pierre Harmel, son ancien Premier ministre, et André Molitor, son ex-chef de cabinet.
Vincent Dujardin, professeur d'histoire contemporaine à l'Université catholique de Louvain, a écrit :
« On sait aujourd'hui qu'ils lui ont tous deux conseillé de signer la loi mais d'envoyer, en même temps, une lettre publique dans laquelle il faisait savoir qu'il n'avait pas signé en tant que personne mais en tant que chef d'Etat, dans le cadre de sa fonction donc. Mais Baudouin ne partageait pas cette vision. »
Une autre personnalité sera consultée par le Roi Baudouin : le cardinal Godfried Danneels, président de la Conférence épiscopale de Belgique.
On ne sait pas exactement ce qui s’est dit dans leur entretien. Mais il est certain que l'archevêque n'a pas encouragé Baudouin à ne pas signer, craignant sans doute la chute de la monarchie.
L’objection de conscience au service militaire
Le droit à l’objection de conscience au service militaire repose sur l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction.
Bien que le Pacte ne mentionne pas explicitement un droit à l’objection de conscience, le Comité des droits de l’homme a indiqué dans son observation générale no 22 (1993) qu’un tel droit pouvait être déduit de l’article 18, dans la mesure où l’obligation d’employer la force au prix de vies humaines peut être gravement en conflit avec la liberté de conscience et le droit de manifester sa religion ou ses convictions.
L'objection de conscience en Belgique a été reconnue légalement en 1964 en permettant aux objecteurs d’effectuer un service civil au lieu du service militaire lorsque celui-ci est jugé en contradiction avec des convictions intimes de nature religieuse, philosophique, politique, idéologique ou sentimentale, telles que la peur ou l’horreur viscérale du sang versé.
Avant 1964, les objecteurs étaient condamnés à des peines de prison par les Conseils de guerre, juridictions militaires.
Cette reconnaissance a été faite après des années de lutte, menée notamment par Jean Van Lierde qui a été plusieurs fois emprisonné. Engagé dans la résistance à Wavre, il s’était opposé, lors de la libération de la ville en 1944, au lynchage des prisonniers allemands parce qu’il ne voulait pas que les Belges fassent aux envahisseurs, ce qu’eux-mêmes avaient subi de la part des Nazis.
Plus de 30 000 hommes ont obtenu ce statut entre 1964 et 1994, année de la suspension du service militaire obligatoire.
Pacifiste convaincu, le compositeur et pianiste britannique Benjamin Britten (1913-1976) a refusé de porter les armes pendant la Seconde Guerre mondiale. Son engagement se reflète dans son œuvre, notamment le War Requiem (1962), une puissante dénonciation de la guerre qui cherche à réconcilier les nations ennemies dans laquelle il exprime « sa terrible angoisse face à cette sorte de génie qu’ont les hommes à s’étriper régulièrement, depuis toujours et sans doute pour toujours »
https://www.youtube.com/watch?v=8b7hsOSuvYM&t=235s
Britten : Simple Symphony Orchestre Royal de Chambre de Wallonie
(à partir de 3 minutes 45 secondes à 7 minutes)
Le cardinal Newman, héraut de la primauté de la conscience
Le cardinal John Henry Newman est un ancien pasteur anglican, un théologien et écrivain britannique, converti au catholicisme.
Il a vécu 45 ans en tant qu’anglican et 45 ans comme catholique. Grand théologien anglican il a été prêtre à Oxford, le principal centre de formation du clergé anglican.
Canonisé en 2019 par le pape François, il a été proclamé Docteur de l'Eglise par le pape Léon XIV le 1er novembre 2025.
À cette occasion, Newman a été déclaré « Docteur de la conscience »
Joseph Ratzinger citait fréquemment le mot de Newman dans sa Lettre au duc de Norfolk de 1875 (1) :
« Si, après un dîner, j’étais obligé de porter un toast religieux – ce qui évidemment ne se fait pas –, je boirais à la santé du pape, croyez-le bien, mais à la conscience d’abord, et ensuite au pape ! »
Pour Newman, les catholiques ne se déterminent qu’en fonction de leur conscience, laquelle est la « Voix de Dieu » qui parle en chacun.
Déjà, en 1859, presque 15 ans après avoir rejoint l’Église catholique, cet ancien pasteur anglican invitait, dans un article du journal The Rambler, à « consulter les fidèles dans les matières de doctrine », en précurseur de l’Église synodale.
Pour lui, « le baptême donne un instinct de la foi, qui nous rend responsable de la foi reçue. Il ne s’agit pas, pour un chrétien de déléguer ses prises de position à la hiérarchie de l’Église. Ce ’sensus fidei’ n’était pas évident à son époque. »
Le magistère ne peut s’opposer à la conscience car écrit le cardinal Newman
« en vérité, c’est sur cette Voix de la conscience que l’Église elle-même est fondée.» « On ne verra jamais un pape, dans un document officiel adressé à tous les fidèles, porter atteinte à la doctrine très grave du droit et du devoir d’obéir à l’autorité divine s’exprimant par la Voix de la conscience. » « Si le pape se prononçait contre la conscience, il se suiciderait, il ferait crouler le sol sous ses pieds. Il n’a pas d’autre mission que de proclamer la loi morale. […] En droit comme en fait, son autorité repose sur l’autorité sacrée de la conscience ».
Newman va encore plus loin en attribuant à la conscience les prérogatives du pape. Il écrit ainsi
« La conscience est le premier de tous les vicaires du Christ. Elle est le prophète qui nous révèle la vérité, le roi qui nous impose ses ordres, le prêtre qui nous anathématise et nous bénit. »
Non seulement le magistère de l’Eglise catholique n’a pas condamné les droits de la conscience mais l’autorité ecclésiale est fondée sur la conscience, que Newman n’hésite pas à appeler « le vicaire du Christ ».
À supposer même que, par impossible, « le sacerdoce éternel de l’Église [vienne] à disparaître, le principe sacerdotal survivrait à cette ruine et se poursuivrait, incarné, dans la conscience ».
Newman lui-même ne s’est pas converti au catholicisme par goût personnel – il ne tenait guère en estime les catholiques romains de son époque et il dut affronter l’incompréhension de ses amis – mais un appel impérieux de sa conscience lui fit préférer la vérité au consensus et aux convenances du groupe.
Tel est « l’homme de conscience » qui « n’achète jamais conciliation, bien-être, réussite, renommée, ou bien encore une approbation venant de l’opinion dominante, au prix du renoncement à la vérité ».
Daniel Barenboim et son ami d’origine palestinienne Edward Wadie Saïd, fondent en 1999 le West-Eastern Divan Orchestra (« Orchestre du Divan occidental-oriental »), un orchestre symphonique qui réunit chaque été environ 80 jeunes instrumentistes palestiniens, israéliens et des États arabes voisins, pour se former et jouer ensemble. Cette initiative, visant à promouvoir la paix au Proche-Orient par la musique classique, lui a attiré de violentes critiques en Israël.
Daniel Barenboim, West-Eastern Divan Orchestra Beethoven – 4ème mouvement de la 9ème symphonie (3 minutes 22 secondes)
https://www.youtube.com/watch?v=ChygZLpJDNE&list=RDChygZLpJDNE&s tart_radio=1
Les condamnations de l’Eglise catholique romaine et la conscience
L’ « Abrégé du Catéchisme de l’Église catholique », paru aux Éditions Fidélité à Namur en 2005, prononce une série impressionnante de condamnations, pour des actes dits immoraux et considérés comme des péchés, dont la plupart sont pourtant régulièrement commis par l’immense majorité des Chrétiens.
Sont des péchés gravement contraires à la chasteté, chacun selon la nature de son objet : l’adultère, la masturbation, la fornication, la pornographie, la prostitution, le viol, les actes homosexuels. Ces péchés sont l’expression du vice de la luxure.
Est intrinsèquement immorale toute action – comme, par exemple, la stérilisation directe ou la contraception – qui, en prévision de l’acte conjugal ou dans sa réalisation ou encore dans ses conséquences naturelles, se propose, comme but et comme moyen, d’empêcher la procréation.
Elles sont immorales parce qu’elles dissocient la procréation de l’acte par lequel les époux se donnent l’un à l’autre, instaurant de ce fait une domination de la technique sur l’origine et la destinée de la personne humaine.
Ainsi, une première lecture fait découvrir, avec une certaine incompréhension, que vivent dans le péché les couples engagés en dehors des liens du mariage religieux, les divorcés remariés, les couples homosexuels qui ont des relations sexuelles, les couples qui utilisent des moyens contraceptifs, déclarés non naturels, ou la stérilisation directe, ceux qui font appel à l’insémination ou la fécondation artificielles, et même les personnes, notamment les jeunes, qui pratiquent la masturbation.
On commet le péché mortel quand il y a à la fois matière grave, pleine conscience et propos délibéré. Le péché mortel détruit en nous la charité, nous prive de la grâce sanctifiante et conduit à la mort éternelle de l’enfer s’il n’y a pas de repentir.
Pour qu’un péché soit mortel, il faut donc « une matière grave, la pleine conscience et le propos délibéré » ou « le total consentement ». Et pour être livré à la damnation éternelle, il faut mourir en ayant « librement choisi » d’être en état de péché mortel.
Il faut donc « la pleine conscience » de commettre un acte immoral et de pécher.
L’immense majorité des Chrétiens qui commettent ces actes, considérés comme « immoraux » par l’Eglise catholique romaine, n’ont pas conscience de commettre des actes immoraux et de « vivre dans le péché ».
De plus, beaucoup considèrent, en leur âme et conscience, que ce ne sont pas des péchés. C’est le cas, notamment, des couples ayant des relations sexuelles en dehors du mariage religieux, de ceux qui utilisent la pilule, un préservatif ou un stérilet, des couples ayant des relations homosexuelles ou des personnes qui pratiquent la masturbation.
Même s’ils savent qu’ils sont condamnés par l’Eglise catholique romaine, ces hommes et ces femmes considèrent « en conscience » que ce ne sont pas des péchés.
Nommé par le pape François pour participer au synode des évêques à Rome en octobre 2015, Mgr Cupich, futur cardinal de Chicago, y a soutenu des propositions visant à faciliter l'accès à l'eucharistie pour les catholiques remariés et à respecter les décisions que prennent les personnes remariées ou les catholiques LGBTQ en couple « concernant leur vie spirituelle ».
Il a déclaré lors d’une conférence de presse donnée le 16 octobre 2015 :
« J’essaie d’aider les gens tout au long de leur cheminement. Et les gens prennent une décision en toute conscience. Ensuite, notre rôle avec l’Église est de les aider à aller de l’avant et de respecter cela. La conscience est inviolable. Et nous devons la respecter lorsqu’ils prennent des décisions, et je l’ai toujours fait. »
Les objections de conscience de Jésus-Christ dans les Evangiles
Les nombreuses utilisations par Jésus de la formule « Vous avez entendu dire... mais moi, je vous dis » (dans l’Evangile de Matthieu 5:21-22, 27-28, 31-32) démontrent qu'il a changé l'ancienne manière de faire les choses.
20 Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
21 « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
22 Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
Mais, l’exemple, à mon sens, le plus caractéristique est La rencontre entre Jésus et la Samaritaine à « la source de Jacob ».
Evangile de Jean, chapitre 4, versets 5 à 27
05 Il arrive donc à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
06 Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.
07 Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
08 – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions.
09 La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. (…)
15 La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
16 Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. »
17 La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :
18 des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. »
Contre toutes les règles du Judaïsme de son époque, Jésus demande à boire à une femme, une Samaritaine (malgré l'hostilité entre Juifs et Samaritains), qui plus est vivant en concubinage après avoir eu 5 maris ! Ses disciples en furent très étonnés.
Jésus brise les barrières sociales, ethniques et religieuses. Il s'oppose à une interprétation stricte et inhumaine de la loi religieuse (le sabbat, les règles de pureté), et place la conscience, l'amour et la miséricorde au-dessus de tout ritualisme.
Les objections de conscience de Saint Paul
Dans la lettre de Saint Paul aux Romains, au chapitre 14, 1 à 6 :
01 Accueillez celui qui est faible dans la foi, sans critiquer ses raisonnements.
02 L’un, à cause de sa foi, s’autorise à manger de tout ; l’autre, étant faible, ne mange que des légumes.
03 Que celui qui mange ne méprise pas celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange, car Dieu l’a accueilli, lui aussi.
04 (…)
05 L’un juge qu’il faut faire des différences entre les jours, l’autre juge qu’ils se valent tous : que chacun reste pleinement convaincu de son point de vue.
06 Celui qui se préoccupe des jours le fait pour le Seigneur. De même, celui qui mange de tout le fait pour le Seigneur, car il rend grâce à Dieu ; mais celui qui ne mange pas de tout le fait aussi pour le Seigneur et il rend grâce à Dieu.
Avant son séjour à Corinthe, Paul s’était rendu à Jérusalem pour résoudre le conflit suscité par son refus d’imposer la circoncision aux païens convertis. Il avait obtenu gain de cause grâce à l’intervention de Pierre et de Jacques.
Saint Paul déclare aux Corinthiens (1 Corinthiens 10:28) que même si les chrétiens sont libres de manger de la viande sacrifiée aux idoles, « par motif de conscience », ils ne doivent pas le faire pour éviter de scandaliser des nouveaux convertis fragiles.
En ce qui concerne ce qui est vendu au marché, le chrétien peut tout manger « sans aucun scrupule de conscience » (10, 25).
Il en va de même pour une invitation chez un non-croyant : ici encore le chrétien peut tout manger « sans aucun scrupule de conscience » (10, 27).
Une dernière exception est cependant à envisager : « Si quelqu’un vous dit “Ceci est de la viande sacrifiée”, n’en mangez pas, à cause de celui qui vous a averti et [pour respecter sa conscience] » (10, 28).
Retenons ce qu’écrit Newman, saint et « docteur de la conscience » :
« La conscience est le premier de tous les vicaires du Christ »