L’antisémitisme est un fléau
Theodor Mommsen, l’un des fondateurs de l’association de lutte contre l’antisémitisme, en 1894, écrivait :
« Aucun antisémite n’obéit à des arguments logiques et moraux. Ils n’obéissent qu’à leur haine, leur jalousie et leurs instincts les plus ignobles. »
Le Soir du 10 décembre 2018, écrivait déjà avant les horribles attentats du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza :
« En Belgique, 86 % des personnes juives considèrent que l’antisémitisme est un problème grave, urgent. Il s’agit même du premier objet de préoccupation pour cette communauté, devant le racisme, l’immigration ou encore le chômage. Notre pays est ainsi le… deuxième État en Europe, derrière la France, où cette préoccupation dans la population juive est la plus élevée. »
Le Centre d’Action Laïque écrivait le 15 juin 2024 sur son site :
« Les préjugés antisémites sont très enracinés dans la société belge, en particulier à Bruxelles où près d’une personne sur quatre exprime de l’antipathie envers les Juifs.
C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par Ipsos pour l’Institut Jonathas.
Ce centre d’études et d’action contre l’antisémitisme et contre tout ce qui le favorise a été créé en mars 2024 et vient de publier les résultats d’un sondage très interpellant sur les réalités de l’antisémitisme en Belgique.
Les résultats de ce sondage résonnent avec le constat qu’Unia avait dressé dans son rapport 2024 sur l’antisémitisme : depuis les attentats du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël et les frappes israéliennes sur Gaza, on constate une nette recrudescence des discours et des crimes antisémites. »
Qu’est-ce que l’antisémitisme ?
La définition donnée par Wikipédia :
« L'antisémitisme est la discrimination et l'hostilité manifestées à l'encontre des Juifs en tant que groupe ethnique, religieux ou supposément racial. »
L’antijudaïsme
C’est l'hostilité à l'égard de la religion juive.
Au sens strict, l'antijudaïsme ne doit pas être confondu avec l'antisémitisme ou la judéophobie, bien que tous trois puissent s'influencer mutuellement.
L'antisémitisme ou la judéophobie désigne une idéologie hostile vis-à-vis des Juifs en tant que peuple au-delà d'une stricte dimension religieuse.
Le Sionisme
Est une doctrine et un mouvement politique dont le but est la construction, la consolidation et la défense d'un État juif en Palestine, près de Jérusalem.
Le mouvement est appelé ainsi en référence à la colline de Sion de Jérusalem où fut, dans l'Antiquité, érigée la citadelle de David.
Le fondateur du sionisme est Theodor Herzl, un homme politique juif hongrois et journaliste (1860-1904).
En réponse à l'antisémitisme présent dans toute l'Europe (l’affaire Dreyfus en France, les pogroms de Russie), il publie en 1896 un manifeste fondateur du sionisme intitulé « L'État juif, recherche d'une réponse moderne à la question juive » (« Der Judenstaat, Versuch einer Modernen Lösung der Judenfrage ») où il expose sa thèse sur la nécessité pour les Juifs de créer leur propre État.
Ce n'est qu'en 1917 que le sionisme put marquer des points sur le plan politique avec la « Déclaration Balfour » (du nom du ministre britannique des Affaires étrangères) qui acceptait, au nom du Royaume-Uni, la création d'un « foyer national juif » en Palestine. En 1948, l'État d'Israël est finalement proclamé, provoquant de fortes réactions arabes.
L’Antisionisme
Stricto sensu, l'antisionisme traduit l'opposition à l'établissement d'un foyer national juif en Palestine.
Aujourd'hui, nous dit Wikipédia, les personnes qui se disent antisionistes justifient leur point de vue par un ou plusieurs des éléments suivants, parfois antinomiques :
• L’opposition idéologique de principe à Israël ou à la politique israélienne de manière générale, basée sur l'opinion selon laquelle Israël serait responsable de la situation et des conflits au Moyen-Orient.
• L'opposition à la politique de colonisation des territoires palestiniens occupés.
• La condamnation de la situation des Arabes israéliens et des Palestiniens, qui subissent des discriminations, parfois jugées proches de l'apartheid.
• L'opposition au caractère juif de l'État d'Israël, voulu par le sionisme, basée sur l'opinion selon laquelle ce principe, qui est à la base du sionisme, ne serait pas laïque et démocratique, mais religieux ou racial. • Dans le monde musulman, l'opposition à l'occupation de Jérusalem et d'autres lieux saints de l'Islam par Israël ou par des juifs.
• L'opposition à l'existence d'Israël en tant qu'État, ce qui est le but principal du sionisme, basée sur l'opinion selon laquelle seul un État binational recouvrant toute l'ancienne Palestine historique serait légitime ou pourrait apporter des solutions au conflit israélo-palestinien.
Selon un sondage réalisé en 2026 par une organisation sioniste, 7% des juifs des États Unis se déclarent antisionistes, 8% « non sionistes » et 37% sionistes (les autres n'optant pour aucune de ces étiquettes).
The Shema Israël La profession de foi fondamentale du judaïsme, issue du texte biblique du Deutéronome (6 :4-9)
04 Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique.
05 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.
06 Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur.
07 Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé ;
08 tu les attacheras à ton poignet comme un signe, elles seront un bandeau sur ton front,
09 tu les inscriras à l’entrée de ta maison et aux portes de ta ville.
https://www.youtube.com/watch?v=iouDcsU7NrI&list=RDiouDcsU7NrI&start _radio=1
Histoire de l’antisémitisme
L’antisémitisme est à l’origine de la Shoah (entre 1933 et1945) qui désigne la persécution et le meurtre systématiques et cautionnés par l'État de six millions de Juifs européens par le régime allemand nazi, ses alliés et ses collaborateurs. Notamment, la police du Régime de Vichy en France. Les Nazis ont incité les gens à commettre un génocide en s’appuyant sur des siècles de préjugés et de haines antisémites.
Des Juifs ont été persécutés, arrêtés, déportés dans des camps d’extermination, pas seulement par des Allemands mais aussi par des collaborateurs français, belges, néerlandais, etc.
Mais l’antisémitisme n’a pas commencé avec la Shoah et n’a pas pris fin avec elle.
Pendant des siècles, des personnes de religions, de statuts socio-économiques, d’opinions politiques et d’origines nationales différents ont exprimé des préjugés et des croyances antisémites ou ont agi sur la base de ces préjugés et croyances.
En Europe, les préjugés et les haines antijuives remontent à l’Antiquité et au début du christianisme.
Pendant des siècles, les Juifs ont été une minorité, souvent persécutée, dans de nombreux royaumes, empires et pays européens.
Les préjugés à leur encontre étaient omniprésents dans la vie et la pensée européennes au Moyen Âge (vers 500–1400), au début de l’ère moderne (vers 1400–1789) et aux XVIIIe et XIXe siècles (1700–1900), lorsque de nombreux pays ont commencé à se moderniser et à devenir plus laïques.
Au début du XXe siècle, de multiples stéréotypes, idées fausses et mythes antisémites étaient bien établis et largement acceptés par la population en Allemagne et dans d’autres sociétés européennes. C’est cette haine systémique qui a rendu possible la Shoah (1933–1945).
L’antisémitisme chrétien
Sur le site de l’UNIA en Belgique, Laura Calabrese, chercheuse à l’ULB, rappelle que l’antisémitisme est un phénomène systémique des sociétés occidentales, depuis que les Juifs ont été jugés responsables de la mort de Jésus.
« On va trouver un bouc émissaire. Et c’est à partir de la constitution de ce premier antijudaïsme chrétien que va se construire l’antisémitisme, qui est un phénomène qui va traverser toute l’histoire européenne et qui va même structurer son identité, puisque l’identité européenne, elle se fait par opposition à cet ennemi intérieur que sont les Juifs ».
Saint-Paul dans sa 1ère lettre aux Thessaloniciens, au Chapitre 2, 14 à 16 :
14 En effet, frères, vous avez imité les Églises de Dieu qui vivent en Judée dans le Christ Jésus, parce que vous avez souffert de la part de vos compatriotes de la même manière qu’elles ont souffert de la part des Juifs.
15 Ceux-ci ont tué le Seigneur Jésus et les prophètes, et nous ont persécutés ; ils déplaisent à Dieu ; ils sont les adversaires de tous les hommes,
16 puisqu’ils nous empêchent de proclamer la Parole aux païens pour qu’ils soient sauvés ; cela met sans cesse un comble à leurs péchés. Mais, à la fin, la colère de Dieu les a rejoints.
« Peuple déicide » est une expression antijuive chrétienne pour désigner l'ensemble du peuple juif comme responsable de la mort de Jésus. L'adjectif « déicide » signifie littéralement « meurtrier de Dieu ». Le thème du « peuple déicide » a constitué pendant des siècles le principal argument de l'antisémitisme chrétien.
L'accusation de « déicide », c'est-à-dire le fait d'avoir « assassiné Dieu » en la personne de Jésus-Christ, remonte au moins au IIe siècle, par exemple avec Justin de Naplouse s'adressant aux Juifs (« Après avoir tué le Christ, vous n’en avez pas même le repentir »), suivi par Méliton de Sardes (« Dieu est assassiné par la main d’Israël ») et par un certain nombre de Pères de l'Église.
L'insulte « peuple déicide » a été utilisée au cours de l'histoire pour inciter à la haine et la violence contre les Juifs, lors de pogroms, à l'occasion de massacres lors des croisades, au cours des persécutions de l'inquisition et comme justification à la Shoah.
Le Catéchisme du concile de Trente, en 1566, précisait déjà toutefois que les responsables de la mort du Christ sont les pécheurs de toute l'humanité, et non les Juifs seuls.
Enfin, en 1965, le concile Vatican II, dans sa déclaration « Nostra Ætate », rappelle que les apôtres et les premiers disciples de Jésus sont juifs, et reconnaît les racines juives de la foi chrétienne.
« Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ [13], ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivants alors, ni aux Juifs de notre temps.
En outre, l’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs.
L’Église réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation dont sont victimes des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur condition ou de leur religion. »
Ce mercredi 22 avril 2026, à la cathédrale de Bruxelles, l’archevêque Luc Terlinden a posé un geste fort : une nouvelle plaque a été dévoilée pour contextualiser certains vitraux à caractère antisémite.
Une demande de pardon y est explicitement formulée. Une accolade entre l'archevêque Terlinden et le Grand Rabbin Guigui a suivi le dévoilement de la plaque.
Des vitraux de la cathédrale de Bruxelles rappellent un épisode qui se serait déroulé au 14e siècle. Il y est question d'hosties profanées par des juifs de Bruxelles, d'un « miracle eucharistique » (du sang s'écoulant des hosties poignardées) mais aussi de juifs exécutés sur un bûcher.
Chant de bienvenue de la veille du Shabbat « Shalom Aleichem » se traduit en français par « Que la paix soit sur vous ». C'est une salutation traditionnelle juive. La réponse classique à cette salutation est « Aleichem Shalom », qui signifie « Et sur vous soit la paix »
« Paix sur vous, serviteurs/anges, mandatés du Plus-Haut, du Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il.
Venez en paix, serviteurs/anges, mandatés du Plus-Haut, du Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il.
Bénissez-moi en paix, serviteurs/anges, mandatés du Plus-Haut, du Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il.
Sortez en paix, serviteurs/anges, mandatés du Plus-Haut, du Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il. »» https://www.youtube.com/watch?v=913jZFL1bdE
AMNESTY INTERNATIONAL
Dénonce l’accusation d’antisémitisme régulièrement utilisée par les autorités israéliennes afin de discréditer toute critique, et empêcher toute remise en cause des violations du droit international commises par le gouvernement israélien.
Un exemple de ce procédé a pu être observé lorsque les autorités israéliennes ont dénoncé les mandats d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI) émis à l’encontre de Benjamin Netanyahu et de son ex-ministre de la défense comme une « décision antisémite », alors qu’il s’agit d’une décision majeure de la CPI qui rappelle que personne n’est au-dessus du droit international.
« Pas en notre nom » : des juives et juifs de Belgique dénoncent les crimes d'Israël à Gaza et en Cisjordanie
Une vingtaine de personnalités juives de Belgique ont signé une lettre, en mai 2025, sous le slogan « Pas en notre nom », appelant à la fin des « crimes d'Israël » contre la Palestine et dénonçant « l'inaction européenne » dans la guerre menée à Gaza depuis l'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023.
Ils demandent des sanctions contre Israël, « en proportion avec la gravité des crimes commis » à Gaza et en Cisjordanie.
Les signataires évoquent leur « indignation face aux souffrances infligées par l'État d'Israël au peuple palestinien », rappelant le chiffre de plus de 52.000 victimes civiles depuis le début de la guerre à Gaza, dont plus de 15.000 enfants - selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU. Ces "massacres" sont "constitutifs de génocide selon nombre de juristes et d'organisations de défense des droits humains", rappellent-ils.
Ces personnalités pointent qu'une confusion entretenue entre les communautés juives et l'État d'Israël mène à la résurgence de l'antisémitisme.
« Les communautés juives ne sont pas monolithiques », indiquent-elles. « De plus en plus de juives et de juifs n’affirment désormais ‘Pas en notre nom'. Nous en sommes ».
Les atrocités commises à Gaza par le Gouvernement israélien et en Cisjordanie par les colons avec l’appui de l’armée israélienne alimentent l’antisémitisme dans le monde et sont contraires aux valeurs fondamentales du Judaïsme.
Les critiquer est légitime et n’est en aucun cas une marque d’antisémitisme.
Ne faisons pas un amalgame entre les extrémistes d’extrême droite suprémacistes en Israël et l’immense majorité des Juifs de la diaspora juive dans notre pays et dans le monde.