UNIA, l’ex- « Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme » est une institution publique interfédérale indépendante des droits humains qui lutte contre les discriminations et le racisme en Belgique.
Il vient de se voir décerner, ce jeudi 9 octobre 2025, le titre prestigieux de « Docteur Honoris Causa » par « l’Université Catholique de Louvain (l'UCL) et l'université Saint-Louis - Bruxelles »
Voici ce qu’UNIA explicite sur son site en ce qui concerne le racisme :
Le racisme implique une pensée de supériorité selon laquelle une prétendue race est meilleure qu'une autre. Il peut prendre la forme d'une discrimination, d'un discours de haine ou d'un délit de haine.
On fait parfois une distinction entre plusieurs sortes de racisme :
• Le racisme quotidien se manifeste dans la vie de tous les jours, par exemple dans des propos racistes en rue ou sur les réseaux sociaux.
• Le racisme structurel (institutionnel) touche à des mécanismes structurels de discrimination, par exemple dans le domaine du logement ou de l’enseignement.
• Le racisme organisé concerne des groupes de personnes qui s’organisent autour d’une idéologie et qui cherchent ainsi, par la stigmatisation, la marginalisation, la discrimination et même la déshumanisation, à imposer la supériorité d’un groupe sur les autres dans l’organisation de la société et de l’État.
Racisme et critères raciaux
Le racisme en tant que tel n'est pas un concept juridique. La loi antiracisme interdit la discrimination fondée sur cinq critères protégés, appelées critères « raciaux » :
• la prétendue race (parce qu'il n'y a qu'une seule race humaine, on parle de « prétendue » race)
• la couleur de la peau : par exemple, les personnes noires
• la nationalité : par exemple, les Néerlandais
• l'ascendance : par exemple, d'origine juive
• l'origine nationale ou ethnique : par exemple, les Roms.
Discrimination, discours de haine et délits de haine fondés sur des critères raciaux : exemples
• Des collègues d'origine africaine sont systématiquement malmenés au travail en raison de leur origine.
• Un étudiant se fait souvent dire par un professeur qu'il devrait aller dans une école professionnelle parce que, selon lui, les Afghans ne peuvent de toute façon pas suivre l'enseignement secondaire général.
• Une personne d'origine asiatique se fait cracher dessus dans la rue parce que, selon l'auteur, les Asiatiques sont porteurs de maladies et les propageraient.
• Des femmes roms sont agressées par des supporters de football parce que ces derniers ne veulent pas de Roms dans leur ville.
• Un homme d'origine juive est agressé dans la rue parce que l'auteur déteste tous les Juifs.
Formes de racisme
Le racisme prend parfois un nom spécifique lors qu’il se réfère à une caractéristique protégée bien précise, par exemple : Antisémitisme : se réfère à la caractéristique protégée « ascendance », plus particulièrement « ascendance juive ».
• L’Islamophobie : se rattache au racisme culturel selon lequel la culture occidentale serait soi-disant supérieure à la culture islamique.
• Le Racisme anti-noir : se réfère à la caractéristique protégée « couleur de peau » et plus spécifiquement aux personnes noires.
• La Haine des Roms : se réfère à la caractéristique protégée « origine ethnique » et vise les Roms et les gens du voyage.
• Le Racisme anti-asiatique : se réfère à la caractéristique protégée « origine nationale » et plus spécifiquement à l’origine asiatique.
• La Xénophobie : désigne l’hostilité, le mépris ou la haine envers tout ce qui est étranger et envers les personnes qui ont d’autres racines, surtout vis-à-vis de réfugiés, de demandeurs d’asile ou de migrants.
Le racisme, la xénophobie et la foi chrétienne
L’hebdomadaire chrétien « La Vie » du 14 août 2025 rapporte qu’à la fin du mois de juillet, le parti d’extrême droite espagnol Vox, à Jumilla (en Murcie), a voté une motion interdisant l’accès aux installations sportives pour célébrer les fêtes religieuses telles que l’Aïd-el-Fitr (fête de la rupture), qui marque la fin du ramadan (le 20 mars 2026), et l’Aïd-el-Kébir, qui commémore le sacrifice d’Abraham d’un bélier au lieu de son fils Isaac (le 27 mai 2026).
La première mouture du texte était explicite : Vox ciblait exclusivement les fêtes musulmanes, souhaitant les bannir des espaces publics de cette commune de plus de 27000 habitants, qui compterait environ 1500 fidèles musulmans.
Une décision qui a suscité une vive opposition de l’Église catholique espagnole et une polémique nationale.
Selon un sondage de 2019, si 75 % des électeurs de Vox se déclarent catholiques, la majorité (environ 80 %) n’assistent pas à la messe hebdomadaire et se mobilisent davantage sur des questions identitaires.
Cette formation politique a même augmenté son réservoir de voix catholiques depuis le mois de juin 2025, lorsqu’elle proposait des expulsions massives
Sur X, le parti Vox s’est ravi que «grâce à [lui], la première mesure interdisant les fêtes islamiques dans l’espace public espagnol a été adoptée. Ajoutant son slogan : L’Espagne est et restera à jamais la terre des chrétiens.»
Dans un communiqué de presse, publié le 7 août 2025, la Conférence épiscopale espagnole (CEE) a apporté son soutien à la communauté musulmane, dénonçant une atteinte à la liberté de culte.
« La restriction de ces droits porte atteinte aux droits fondamentaux humains et n’affecte pas seulement une communauté religieuse mais l’ensemble des confessions et les non-croyants. (…) Il s’agit d’une discrimination qui ne peut pas se produire dans une société démocratique », écrivent les évêques espagnols. Un avis soutenu également par la Fédération des communautés juives d’Espagne, qui y voit « un recul démocratique ».
« Un xénophobe ne peut pas être un vrai chrétien », a asséné Joan Planellas, archevêque de Tarragone, invitant les dirigeants de Vox lire la doctrine sociale de l’Église et le concile Vatican II sur la liberté religieuse.
Les victimes d’une atteinte à caractère raciste ou antisémite en France.
La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a publié, le mercredi 18 juin 2025, son rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.
La CNCDH explique qu’un million deux cent mille personnes se déclarent chaque année victimes d’une atteinte à caractère raciste ou antisémite en France.
Plus de 36 000 signalements ont également été faits sur la plateforme Pharos qui surveille la haine en ligne, une hausse de 55 % par rapport à 2023.
Le rapport alerte enfin sur la précocité des violences verbales et physiques basées sur l’origine et l’apparence. Elles commencent dès le plus jeune âge. Les actes racistes dans les établissements scolaires ont presque triplé en 2024, allant des blagues anodines aux agressions physiques plus graves.
La « Musulmanophobie »
Le journal La Croix du 16 septembre 2025 explique que le terme n’est pas familier dans le débat public, mais que c’est celui qui a été retenu pour une enquête commandée à l’Ifop par la Grande Mosquée de Paris (GMP) et publiée à cette date pour mesurer l’ampleur des discriminations, religieuses et non religieuses, dont les musulmans français font l’objet.
Pourquoi ce terme et non pas celui d’ « islamophobie » beaucoup plus régulièrement cité ? La Grande Mosquée de Paris explique que
« C’est un terme que nous avons proposé, pour sortir du débat permanent sur le terme d’islamophobie. “Musulmanophobie” concerne les personnes plutôt que la religion elle-même ».
« La notion de « musulmanophobie » fait référence au rejet des musulmans en tant qu’individus et non à l’opposition à” l’islam” comme corpus idéologico-religieux », précise l’Ifop.
Cette enquête révèle des chiffres saisissants : 66 % des musulmans français déclarent avoir subi des comportements racistes au cours des cinq dernières années, soit plus de trois fois la moyenne nationale (20 %).
Ces discriminations toucheraient tous les domaines : emploi, logement, contrôles de police, et même les services publics avec 36 % de personnes déclarant avoir subi des discriminations au contact d’agents administratifs.
Le racisme chez les jeunes
En Espagne, « Le Centre Reina Sofía sur l’adolescence et la jeunesse » de la Fondation FAD, a réalisé une étude dans laquelle il a été révélé qu’ « un jeune sur 4 est raciste »
Le travail de recherche a été réalisé sur un échantillon de 1 200 jeunes âgés de 15 à 29 ans dans la population espagnole.
Le rejet est manifesté, spécifiquement, envers la communauté rom, les migrants du Maroc et d’Afrique sub-saharienne.
De même, ce groupe de jeunes, en majorité des hommes, qui défend des idées et des postulats d’extrême droite, n’a pas seulement un discours discriminatoire envers les groupes ethniques, ils manifestent également un comportement haineux envers le groupe LGTBI.
Il y a de quoi s’inquiéter.
Une explication pourrait être que les médias, qu’ils soient traditionnels ou numériques, ont un impact considérable sur la formation des opinions et des attitudes des jeunes.
Les représentations stéréotypées des minorités ethniques dans les médias, les discours haineux en ligne et la diffusion de fausses informations peuvent contribuer à alimenter les préjugés et le racisme chez les jeunes.
Les réseaux sociaux, en particulier, peuvent amplifier les discours haineux et les stéréotypes, créant un environnement propice à la propagation du racisme.
Discrimination en raison de l'origine ethnique
En Belgique, le Service Public Fédéral Emploi, travail et concertation sociale rapporte que la discrimination ethnique sur le marché du travail est une réalité dans notre pays.
En dépit de son caractère inadmissible, les personnes d’origine étrangère sont fréquemment victimes de pratiques discriminatoires en raison de leur nationalité, prétendue race, couleur de la peau, ascendance, origine nationale ou ethnique.
Une étude réalisée à l'instigation de l'OIT (Organisation internationale du travail, agence spécialisée des Nations Unies – étude que vous trouverez sur son site) démontre que les candidatures de Belges de souche et celles de Belges d'origine marocaine sont traitées différemment pendant la procédure d'embauche tant lors de la sélection et du recrutement que lors de la prise de contact avec les responsables du personnel.
L’étude constate que selon que le candidat est un Belge de souche ou un Belge d'origine étrangère, les procédures sont modifiées et des informations différentes sont fournies sur les emplois vacants et les conditions de travail.
Le Service public conclut en affirmant : « Il ressort clairement de cette enquête que les obstacles rencontrés par les candidats dans cette étude ne sont pas imputables à la situation économique des entreprises ni à un manque de formation des candidats mais bien à leur origine ethnique.»
Les propositions du Forum des Jeunes
La mort de Georges Floyd, tué en 2020 par un policier à la vue de toutes et tous (en direct ou sur les réseaux sociaux), a servi de prise de conscience pour des milliers de personnes.
La jeunesse, en particulier, s’est fortement mobilisée durant cette période.
Le Forum des Jeunes, porte-parole officiel des jeunes âgés de 16 à 30 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles, a constitué une Team, une équipe, consacrée à la lutte contre le racisme.
La question centrale du projet : comment les jeunes vivent ou perçoivent le racisme et quelles sont leurs propositions pour lutter contre celui-ci.
Dans un avis officiel du Forum des Jeunes, 1032 jeunes ont pu exprimer un constat inquiétant : malgré un racisme omniprésent pour les jeunes, ils ne possèdent pas les outils pour identifier et réagir à ces diverses manifestations. Seulement 25% des personnes ayant répondu estiment que la justice est efficace pour traiter les cas individuels de racisme.
Des micro-agressions aux situations les plus explicites, le racisme est l’affaire de toutes et tous. Que nous en soyons directement victimes ou témoins
Les catholiques traditionalistes et intégristes
Ils sont peu nombreux mais influents. En fait partie Le Salon beige, blog quotidien d'actualité catholique créé en 2004 en France, classé sur Conspiracy Watch, dans le top 10 des sites complotistes français les plus visités
Leurs idéologies divergent mais ils ont en commun l'opposition à Vatican-II, à l'avortement et à l'euthanasie ainsi que l'homophobie.
Certains sont antisémites comme Contre-info.com, un site conspirationniste d'extrême droite apparu en 2009 et qui prétend réinformer le public. Avec près de 200 000 visites par mois en moyenne en 2019 (données SimilarWeb) et près de 17 000 abonnés sur Facebook.
Pour l'agence de notation des médias NewsGuard, il s'agit d' « un site qui appartient à une association liée au mouvement nationaliste catholique Renouveau Français, et qui publie des informations trompeuses sur l'immigration ou le mariage homosexuel pour faire avancer des idées d'extrême droite.
Ou encore, Civitas, mouvement politique d'extrême droite originaire de France. Fondé en tant qu'association en 1999, Civitas devient un parti politique en 2016.
Wikipédia signale que Civitas est généralement considéré comme « catholique intégriste, « national-catholique » et d'extrême droite ».
En août 2023, le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin engage la dissolution du mouvement approuvée le 4 octobre 2023 par le Conseil des ministres.
Le décret de dissolution liste notamment que « les propos antisémites et islamophobes tenus par des militants de Civitas ainsi que les invités de ses événements, mais aussi ses nombreux hommages à des figures de la collaboration ou du régime nazi ».
La Radio-télévision belge de la Communauté française (RTBF) (Dans son émission « Réfugiés : la guerre de l'info de la « fachosphère » du 10 septembre 2015) a analysé leurs méthodes :
« Ils ne semblent obsédés que par un sujet : les islamistes et par extension, l’islam, les musulmans, les immigrés. L’amalgame est au cœur de leur stratégie. […] Ce qui est compliqué avec ces sites, c’est qu’ils relaient de fausses infos comme des vraies. Ils recyclent les dépêches, les rumeurs, les vidéos YouTube et même des articles de sites parodiques. En clair, ils se servent de tout ce qui peut nourrir leurs thèses et leurs objectifs politiques. Ce mélange des genres entretient la confusion et les articles sont partagés par nombre d’internautes, eux-mêmes dupés » et met en garde contre des photos systématiquement truquées ou manipulée, comme en 2015 sur la crise migratoire en Europe.
L’Évangile et le racisme
Dans l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, au chapitre 25, versets 31 à 46, Jésus proclame solennellement qu’au Jour du Jugement dernier :
« Le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! »
« Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
L’apôtre Jean a écrit dans sa première lettre au chapitre 4, verset 20 « Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas. » (1 Jn 4, 20).
Il y a peu, mon petit-fils me dit : « Grand-Père, tu connais l’histoire du Bon Samaritain ? C’est pas une histoire de racisme condamné par Jésus ? »