L’été caniculaire de l’année 1976 a été le déclencheur du mouvement de protestation pacifique des détenus de la prison centrale de Louvain, qui se plaignaient notamment de l’opacité et du caractère discrétionnaire de « la Loi Lejeune » sur les libérations conditionnelles.
Marc Nève, avocat pénaliste à Liège, et moi, comme avocat pénaliste à Bruxelles, nous sommes entrés, en octobre 1976, à la Commission Prison de la Ligue des Droits de l’Homme et nous ne l’avons plus quittée depuis.
Elle était présidée par le professeur de criminologie à la K.U.L. Lode Van Outrive et avait l’ancien ministre Piet Vermylen comme vice-président.
Après la scission de La Ligue, le président de la nouvelle ligue francophone m’a demandé d’en assurer la présidence, ce que j’ai fait avec des interruptions durant presque trente ans.
Nous avons été rejoints entre autres par des magistrats, des directeurs et aumôniers de prison et des professeurs d’université, dont Olivier De Schutter et Françoise Tulkens, avant qu’elle ne soit nommée juge et puis vice-présidente de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.
Nous avons lutté, notamment avec l’aide de Lise Thiry, professeur de virologie à l’ULB et sénatrice, contre le placement en isolement total des détenus malades du sida dans une aile de la prison de Verviers dont les agents pénitentiaires craignaient d’être contaminés.
Nous avons également visité de nombreuses prisons du Royaume ainsi que celle de Tilburg, louée par la Belgique aux Pays-Bas, pour y dénoncer, parfois à la demande de leurs directeurs, les conditions de détention et le non-respect des droits fondamentaux.
La Commission Prison est ainsi à l’origine de multiples recours, que ce soit en référé devant les tribunaux ou devant le Conseil d’Etat. Elle a été entendue à de nombreuses reprises par les Commissions de la Justice du Sénat et de la Chambre des Représentants sur les projets ou propositions de lois qui leur étaient soumis.