Dans le sens très large, adopté depuis plusieurs siècles, on désigne ainsi les moines ermites vivant seul ou les moines cénobites vivant en communauté, ayant vécu au Moyen Orient du IVème au VIIème siècle, de Saint Antoine à Saint Jean Climaque.
Au sens strict, ce sont des « anachorètes égyptiens », c’est-à-dire les ermites reclus dans le grand désert égyptien, loin des lieux habités. Le terme « anachorète » vient de « se retirer » « à l’écart » du monde.
Saint Antoine le Grand, un laïc illettré, est considéré comme le premier solitaire à vivre une vie érémitique. Parti de la vallée du Nil vers l’est, il va se fixer au pied du mont Qolzoum à une quinzaine de kilomètres de la Mer Rouge.
D’autres quittent le delta du Nil pour se diriger vers le sud et s’y établir
- tel Saint Amoun des Kellia, un laïc marié, comme fondateur de la colonie d'anachorètes dans le désert de Nitrie, puis aux Kellia,
- ou Saint Macaire de Scété ou Macaire Le Grand, un ancien chamelier, dans le désert de Scété, l’actuel Wadi-el-Natroun, à 90 km du Caire.
Le moine, reconnu, par ses frères, apte à être un « Père spirituel », quel que soit son âge, est appelé « Abba ».
De très loin, d’autres moines viennent lui demander conseil : « Abba, dis-moi une parole », souvent quelques mots, un aphorisme ou une historiette édifiante, qu’il rapportait dans sa communauté.
On trouve également des femmes comme Sarra (en), Synclétique (en), Théodora, et les deux Mélanie, la Jeune et l'Ancienne, appelées « Amma », « Mères ».
Certaines de ces « paroles » des « Abba » ou des « Amma » ont été transmises de génération en génération dans des recueils qui ont été recopiés durant des siècles dans les Abbayes et les Monastères. On les appelle des « Apophtegmes des Pères du Désert ». Moines et laïcs ruminèrent ces apophtegmes comme les Saintes Ecritures.
Le Père Ugo Zanetti, moine de l’Abbaye de Chevetogne, Monastère de l’Exaltation de la Sainte-Croix, de moines bénédictins de rite Byzantin et Latin A écrit sur le site « vies-consacrees.be » un article que je vous propose de lire ensemble et intitulé « Le désert et la prière des Pères du désert »
« Lieu de mort, ou lieu d’une autre vie, le désert terrifie ou fascine, tout comme la vie de ces solitaires dont nous connaissons tant d’apophtegmes.
Mais à quoi ressemblait concrètement la prière de ces hommes s’efforçant d’obéir à l’injonction du Seigneur, reprise par saint Paul, de « prier sans cesse » « La prière est le miroir du moine », disaient-ils eux-mêmes, et leur exemple, plus actuel que jamais, nous montre comment la prière change le cœur, transforme la vie, et fait jaillir des sources dans le désert et refleurir les lieux les plus arides.
Pays aride dont la vie est absente, terre affreuse privée de la bénédiction divine et de l’eau qui la concrétise, lieu d’habitation des démons et des bêtes malfaisantes, fui par les hommes, le désert est aussi dans la Bible un lieu unique pour rencontrer Dieu seul à seul.
Le peuple d’Israël en a fait l’expérience : pendant quarante ans, il n’a pu compter que sur Dieu pour rester en vie, Dieu qui lui fournissait la manne et l’eau, Dieu qui le guidait, Dieu qui châtiait les coupables de leurs infidélités, mais qui patientait aussi jusqu’à ce que soit venue l’heure de la miséricorde pour ceux qui étaient revenus à Lui de tout leur cœur.
C’est ainsi que le désert est devenu le symbole de la conversion, l’endroit choisi pour se repentir de ses fautes et se donner à Lui sans retour.
C’est sur la montagne de l’Horeb que Dieu appelle Élie pour le réconforter et lui donner sa mission (1er livre des Rois, 19) ; c’est au désert que Dieu veut amener son épouse infidèle pour lui parler au cœur et vivre avec elle de nouvelles fiançailles (Osée 2, 16 ss), c’est aussi au désert que Jésus se retire pour prier (Matthieu 4, 1 ss ; Marc 1, 35).
À son exemple, certains moines — non pas tous ! — s’y sont retirés pour répondre à l’appel de Dieu, et être seuls avec Lui. Loin du confort le plus élémentaire (l’eau se trouvait parfois très loin), toujours soumis aux aléas de la vie du désert (nombre d’entre eux sont morts assassinés par les brigands), obligés de travailler dur pour gagner de quoi s’acheter le peu dont ils avaient besoin, ils savaient en s’y enfonçant qu’ils n’auraient d’autre recours que la prière contre les terribles tentations qui ne pouvaient manquer de les assaillir.
C’est sans doute pour cela que Dieu les y avait appelés : pour qu’ils y apprennent à ne vivre que de Lui, soutenus par une foi inébranlable en Lui. Le risque était grand, mais grande aussi la transfiguration promise. (…)
L’ermite, s’il quitte tout pour le désert, c’est parce qu’il sait que Dieu l’y appelle, et que sa fidélité est indéfectible, et il s’en remet donc totalement à Lui — normalement par l’intermédiaire d’un maître.
Cet acte de confiance et d’abandon, il devra le répéter chaque jour, à chaque instant, pour surmonter le silence, la peur, le découragement, la fatigue... ce terrible sentiment surtout qu’on appelle « l’acédie », sorte de dégoût de tout et qui pousse à tout lâcher et à retourner bien vite dans le monde. Seul Dieu peut donner la force de tenir bon dans ces circonstances.
Mais en même temps, l’ermite fera l’expérience de la toute-puissance de Dieu, de ce Dieu qui rend les aveugles voyants (Psaume 146, 8), qui fait marcher les paralytiques et ressuscite les morts (Matthieu 9), de ce Christ qui a libéré Marie Madeleine du poids de ses fautes pour en faire une sainte femme (Luc 7, 36-50 et 8, 3), de l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean 1, 29) et qui a « les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68).
Peut-être un jour, le mot de saint Paul sera-t-il d’application : « Et nous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, toujours plus glorieuse, comme il convient à l’action du Seigneur, qui est Esprit » (2 Cor 3, 18).
Saint Paul ne parle de sa propre expérience qu’à contrecœur et à la troisième personne : « Je connais un homme, dans le Christ, qui, voici quatorze ans — était-ce en son corps, était-ce hors de son corps ? je ne sais, Dieu le sait — cet homme-là fut ravi jusqu’au troisième ciel. Et cet homme-là — était-ce en son corps, était-ce sans son corps ? je ne sais, Dieu le sait — je sais qu’il fut ravi jusqu’au paradis et qu’il entendit des paroles ineffables, qu’il n’est pas permis à l’homme de redire » (2ème lettre aux Corinthiens 12, 2-4).
Comme (Saint Paul), les Pères du désert cachent les dons reçus de Dieu, et ne les mentionnent, avec la plus grande réserve d’ailleurs, qu’à propos d’autres.
C’est ainsi que, par deux fois, il est question, dans les apophtegmes, d’un Père en prière apparaissant comme « transformé en feu », et qu’à une autre reprise un moine vit l’abbé Joseph dont « les doigts devinrent comme dix lampes de feu ».
On n’est certes pas obligé de prendre ces expressions au sens strictement matériel, mais il serait très naïf de n’y voir qu’imagination ou illusion.
Car, si tout cela n’avait été qu’illusion, comment expliquer que ces quelques centaines de personnes, qui ont vécu loin de tout et ont tout fait pour éviter qu’on ne parle d’elles, aient néanmoins connu un pareil rayonnement à travers le monde entier ?
On rapporte que quelques moines ont été vus en extase dans la prière ; la discrétion même avec laquelle on en parle laisse entendre que le cas devait être plus fréquent qu’on ne le dit.
Ainsi (Saint Abba) Tithoès :
« On disait de l’abbé Tithoès que, s’il ne baissait bien vite les bras quand il se tenait debout en prière, son esprit était emporté en haut. Si donc il arrivait que les frères priassent avec lui, il se dépêchait d’abaisser les bras, pour que son esprit ne soit pas enlevé et qu’il ne s’attarde dans les hauteurs. »
La célébrité extraordinaire atteinte par ces récits, à travers l’espace et le temps, ne s’expliquerait-elle pas par le fait que d’autres ont pu communier à leur expérience, partager — chacun à sa façon, là où il était — leur ascèse et leur mode de vie, mais aussi leur vie mystique, et la retransmettre chacun à ses propres disciples en faisant référence à l’expérience fondatrice des Pères du désert ?
(Saint Abba) Antoine s’était retiré du monde pour« plaire à Dieu » — autrement dit, pour se donner totalement à Lui. Après un certain nombre d’années passées au désert, il pouvait dire en toute simplicité : « Je ne crains plus Dieu, mais je l’aime, car l’amour bannit la crainte » (cf. 1ère lettre de Jean 4, 18 : De crainte, il n’y en as pas dans l’amour).
Antoine et les Pères ont vécu dans le désert parce qu’ils voulaient engager toute leur personne à la suite de Jésus, sans absolument rien se réserver, sans distraction aucune, et cela parce qu’ils ont cru que « Jésus est le Christ, le Fils de Dieu » et qu’ils voulaient être à Lui sans partage ; vivant ainsi, ils ont trouvé « la vie en son nom » (Jean 20, 31).
En effet, quelle que soit l’impulsion au départ d’une vocation à la vie érémitique (soif de solitude avec Dieu seul comme saint Antoine, regret de ses fautes passées comme Sainte (Amma) Marie l’Égyptienne, désir de se retirer pour « s’adonner à l’essentiel » après une vie brillante dans le monde comme saint Arsène...), c’est la vie de prière, jointe au travail manuel, qui occupait les journées du moine : Méditation, psalmodie et travail manuel sont les fondements de l’édifice du moine; nous devrions ajouter : vécus dans la solitude du désert ».
Cette prière revêtait d’ailleurs des formes assez différentes de celles d’aujourd’hui.
En effet, au IVème siècle de notre ère, dans le désert de Scété (qui fait partie du désert libyen, au nord-ouest de l’Égypte),
- il n’y avait ni messe quotidienne, ni office commun à l’église en semaine ;
- en revanche, on célébrait le samedi, puis une vigile occupait toute la nuit jusqu’au dimanche et trouvait son sommet au petit matin dans l’eucharistie dominicale, suivie d’un repas commun, appelé « agapè » (« amour, charité » en grec), avant que chacun ne retourne dans son ermitage pour le reste de la semaine.
Les autres jours, chacun priait chez soi ; tout ermitage comprenait une pièce destinée à la prière : le moine s’y tenait, seul ou avec son disciple lorsqu’il en avait (un ou deux), et éventuellement ses hôtes, pour ce qui tenait lieu d’office, comme aussi pour de longs temps de prière silencieuse.
À l’origine, seules les « heures » de vêpres et de matines étaient d’usage universel ; elles se composaient de douze psaumes chacune, entre lesquels on observait un temps de prière silencieuse, et probablement de deux leçons de la Bible ; à cela s’ajoutait l’office de nuit, composé de passages de l’Écriture sainte, de cantiques bibliques (Gloria in excelsis, Cantique de Moïse, etc.), et d’autres prières.
En outre, il ne faut jamais perdre de vue la très grande liberté propre à cette époque : c’est ainsi que certains récitaient tout le psautier chaque jour, d’autres le faisaient en deux jours (comme en témoigne l’agbeyya, ou « bréviaire » copte d’aujourd’hui), mais beaucoup se contentaient des deux fois douze psaumes demandés.
Car l’office n’était qu’une partie, et pas la plus importante, de la prière : il était bien entendu que, selon le conseil de Jésus lui- même (Lc 18,1 ; 21,36...), repris par saint Paul (Ép 6,18 ; Col 4,2 ; 1 Thes 5,16), le moine priait sans cesse.
Comment ? Une des manières les plus prisées, mais qui supposait quelque entraînement, était la mélétè ou méditation constante de l’Écriture Sainte :
connaissant par cœur de longs passages, voire la totalité de la Bible, le moine la récitait à voix basse tout en accomplissant un travail manuel ou en marchant ; il « assimilait » ainsi littéralement la Parole de Dieu, dont il faisait son pain quotidien et sa nourriture incessante.
La première étape en vue de cette mémorisation était proposée à tous les « novices » (dirions-nous aujourd’hui), à savoir l’apprentissage du psautier, comme le laisse entendre le texte suivant... qui nous rappelle aussi que prier, ce n’est pas seulement un « dire », mais surtout un « faire » :
On raconte que le frère (Saint Abba) Pambo, un illettré, avait demandé qu’on lui enseignât le psautier ; entendant le premier verset du psaume 38 (héb. 39)
« J’ai dit : Je garderai ma route, sans laisser ma langue s’égarer », il ne voulut pas entendre la suite, disant qu’il devait d’abord apprendre ce verset ; six mois plus tard, il disait ne pas le savoir encore ; longtemps après il disait : « C’est à peine si en dix-neuf ans je l’ai appris ».
Il n’était pas le seul à avoir conscience que la parfaite maîtrise de sa langue, par respect de Dieu et des autres (comme l’enseigne l’épître de saint Jacques), n’est point chose aisée, puisque (Saint Abba) Sisoès, pourtant bien avancé dans les chemins de Dieu, disait :
« Courage, voici qu’après trente ans, je ne prie plus Dieu au sujet du péché, mais je dis cette invocation : “Seigneur Jésus, protège- moi contre ma langue” ; et cependant jusqu’à maintenant je tombe chaque jour à cause d’elle et commets le péché ».
Une autre forme de prière, très simple mais remarquablement efficace, et dont les inscriptions et les récits monastiques ont gardé la trace, consiste en ce que nous appelons en occident les « oraisons jaculatoires », de brèves invocations ou des appels au secours
« Aie pitié de moi », « Seigneur, donne-moi la force », etc.
En particulier, ces prières pouvaient être adressées directement à Jésus (plutôt qu’au « Seigneur » sans autre détermination), et l’on en a trouvé des traces archéologiques dans les graffitis des Kellia (les « Cellules », un des hauts lieux du monachisme copte).
Systématisées, ces invocations répétées du nom de Jésus ont abouti avec le temps à une forme de prière institutionnalisée : dans le cadre de la liturgie copte d’aujourd’hui figurent sept prières, nommées « psalies », une par jour, qui font partie de l’office du matin; celle du dimanche, par exemple, a pour refrain :
« Mon Seigneur Jésus, viens à mon secours ».
On reconnaît le terreau antique duquel, après un voyage dans le temps et l’es- pace, surgira la célèbre « prière de Jésus » enseignée quelques siècles plus tard par les moines byzantins, et particulièrement popularisée par le Récit d’un pèlerin russe.
Ce récit, on le sait, raconte l’histoire d’un laïc russe qui aurait passé sa vie en pèlerin, marchant de lieu en lieu en pratiquant constamment la prière vocale, la lecture de la Bible et l’assistance aux offices chaque fois qu’il en avait la possibilité. Il nous rappelle que la prière perpétuelle n’est pas l’exclusivité des moines.
Ceux-ci le savent, comme le rappelle l’historiette suivante (et d’autres, que nous négligeons ici) :
Ayant entendu dire que deux femmes d’une certaine ville le surpassaient en vertu, (Saint Abba) Macaire le Grand s’y rendit et trouva qu’elles étaient mariées et vivaient dans le monde de façon très ordinaire, sauf qu’elles veillaient à ne jamais se disputer, et à vivre dans la paix et la concorde sans que jamais une parole oiseuse ne sortît de leur bouche. Rempli d’admiration, Macaire s’exclama alors : « Vraiment, être vierge ou marié, moine ou laïc n’est rien ! Dieu donne le Saint-Esprit à tous à la mesure de leur bon vouloir ».
Quels peuvent en effet être les fruits de la prière, sinon une union de plus en plus grande avec Dieu, qui se traduise en amour et paix ?
Amour de toute la création, paix avec tous et en tout, parce que cette paix émane du cœur de l’individu.
La vie au désert n’avait pas d’autre but, comme l’a dit un Ancien :
« Acquiers le premier des biens, l’amour. Le jeûne n’est rien, la veille n’est rien, ni aucune peine, si la charité vient à manquer ; car il est écrit : « Dieu est amour » (1 Jean 4,16)17.
Cet amour rejaillissait sur la création tout entière, non seulement les êtres humains, mais aussi les animaux, car comment pourrait-on aimer le Créateur sans aimer ses créatures ?
Cela pouvait aller très loin — et expliquer en même temps pourquoi la charité des Pères obtenait parfois des résultats exceptionnels.
Écoutons cette parole de (Saint Abba) Pœmen, l’homme réputé pour son extraordinaire douceur.
« On ne peut trouver plus grande charité que de donner sa vie pour son prochain (Jn 15,13). En effet, si quelqu’un entend une parole mauvaise, c’est-à-dire qui fait de la peine, et que, tout capable qu’il est d’en dire une semblable, il lutte pour ne pas la dire ; ou bien si on le maltraite et qu’il le supporte sans se venger, celui-là donne sa vie pour son prochain. »
La charité trouvait une application immédiate dans l’hospitalité propre aux habitants du désert, que — d’ordinaire, car il y a des exceptions, dûment motivées — les Pères pratiquaient, accueillant chaque visiteur comme le Christ en personne, prêts même à rompre le jeûne pour honorer les voyageurs.
« Ô Père Moïse, tu as laissé tomber le commandement des hommes et gardé celui de Dieu ! » fut-il dit à celui qui avait préparé un repas à ses visiteurs un jour de jeûne (Alph 499 = Moïse 5, p. 190).
Un agraphon (une parole prêtée à Jésus par la tradition, mais absente de la Bible), souvent cité, nous éclaire : « Tu as vu ton frère ? tu as vu Dieu ! »
Instruits par Dieu, libérés de leurs propres passions par l’ascèse, certains moines avaient le don de « lire dans le cœur » et, à l’imitation de ce que le psaume dit du Seigneur, (de) deviner la pensée de leur interlocuteur, ou encore (de) trouver le geste ou le mot qui pouvaient aider l’interlocuteur à comprendre de lui-même sans qu’il soit nécessaire de l’exprimer en paroles.
C’est ainsi que Saint (Abba) Moïse, le Noir, un (éthiopien noir) ancien esclave et surtout ancien brigand, coupable de crimes terribles, mais converti et tellement transformé qu’on l’avait choisi comme prêtre de Scété, était un jour attendu au conseil pour juger un frère coupable d’une faute grave ; il y vint, portant sur le dos un panier percé rempli de sable. On lui demanda évidemment ce qu’il voulait dire. « Mes péchés coulent à flots derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd’hui pour juger les fautes d’autrui », répondit-il. Les autres comprirent la leçon et pardonnèrent au frère coupable
En définitive, à quoi peut donc bien servir la prière, sinon à
« changer un cœur de pierre en un cœur de chair » ou, mieux encore, à rendre un cœur d’homme semblable au cœur de Dieu »
Ugo Zanetti, o.s.b. Monastère de la Sainte-Croix Rue du Monastère, 65 - BE-5590 Chevetogne - Belgique