En 2020, 281 millions de personnes ont quitté leur pays d'origine, ce qui représente 3,6 % de la population mondiale.
48 % d'entre elles étaient des femmes et des filles,
74 % d'entre elles avaient entre 20 et 64 ans, ce qui correspond à peu près à l'âge d'activité professionnelle.
Contrairement à la croyance populaire, la plupart des « migrants internationaux » ne quittent pas les pays pauvres pour les pays riches.
Environ la moitié d'entre eux se déplacent entre pays en développement, et encore, principalement dans leur propre région.
Un nombre bien plus important encore – quelque 750 millions – ont migré à l'intérieur de leur propre pays.
Une autre partie migre entre pays riches.
Par exemple, en Belgique, 75 % des personnes de nationalité étrangère viennent d'autres pays européens.
La plupart des « migrants » quittent volontairement leur lieu de résidence.
Ils cherchent un autre emploi ou de meilleures perspectives de vie, mais l'amour, un climat plus agréable ou une culture attrayante peuvent aussi être un motif.
En ce sens, les Belges qui partent à l'étranger pour une raison ou une autre – qu'elle soit temporaire ou non – font également partie de ces migrants.
Actuellement, environ 500 000 Belges vivent à l'étranger.
Cependant, de nombreuses personnes sont obligées de quitter leur lieu de résidence. Elles fuient la violence, les conflits ou les persécutions ou se déplacent sous la pression de catastrophes naturelles ou environnementales.
En 2020, 82,4 millions de personnes ont été déplacées de force.
La plupart de ces personnes déplacées de force vivent dans des conditions misérables.
Le site d’OXFAM – France
indique à raison que l’’espace public fourmille d’informations et de termes très variés autour des enjeux liés à l’accueil de migrants et réfugiés.
On parle de migrants, de réfugiés, de demandeurs d’asile, de mineurs isolés… Des catégories qui décrivent des situations et statuts très différents, sans qu’ils soient forcément expliqués et clairement définis.
Une personne migrante est une personne qui s’installe durablement dans un pays qui n’est pas celui dont elle est originaire.
Le terme de « migrant » est l’un des termes les plus génériques et englobants.
Il s’agit d’un mot, un adjectif, qui décrit uniquement ce processus de déménagement, et ne correspond à aucun statut juridique.
En 2020, le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés) dénombre 26 millions de réfugiés à travers le monde, dont 80% environ dans des pays en développement.
C’est-à-dire que près de 3,5% de la population mondiale n’habite pas dans le pays dont elle est originaire.
La Jordanie et le Liban sont de loin les deux pays qui accueillent le plus de personnes déplacées. La France accueille environ 340 000 réfugiés.
Le terme « migrant » recouvre donc en même temps les personnes
qui souhaitent déménager dans un autre pays de façon volontaire, librement
et de façon régulière, mais aussi celles qui se voient forcées de quitter leurs pays car leurs vies ou leurs droits y sont menacés.
On parle donc souvent de « migrations forcées » pour spécifier le cas de ces personnes qui ne choisissent pas de migrer, mais sont confrontées
à des situations (conflits, catastrophes naturelles) qui les poussent à quitter leurs foyers pour chercher un lieu en sécurité.
Qu’est-ce qu’un réfugié ?
Un réfugié est une personne à qui est accordée une protection après une demande d’asile, en raison des risques de persécution qu’elle encourt dans son pays d’origine, du fait de son appartenance à un groupe ethnique ou social, de sa religion, de sa nationalité, de ses opinions politiques ou de son orientation sexuelle, et contre lesquels son pays ne peut la protéger, comme défini dans la Convention de Genève de 1951.
Il s’agit d’un droit humain auquel toute personne doit pouvoir avoir accès dans tous les pays signataires de la Convention.
Qu’est-ce qu’un réfugié climatique ?
Actuellement, le statut de réfugié tel que défini par la Convention de Genève
ne s’applique pas aux déplacements forcés causés par les effets des changements climatiques.
Ainsi, le terme de « réfugié climatique » peut être considéré comme un abus de langage, et certains préfèrent donc parler de « déplacés environnementaux » ou « déplacés climatiques »
Qu’est-ce qu’un demandeur d’asile ?
Une personne est demandeuse d’asile quand elle demande à un pays
qui n’est pas le sien de la protéger d’un danger qui met sa situation ou sa vie en danger, sans que son pays soit capable de lui offrir cette protection.
La demande d’asile fait référence directe au droit à la protection internationale défini dans la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés.
Qu’est-ce qu’un « Sans papiers » ?
Les « sans-papiers » sont des personnes étrangères en situation irrégulière.
Il s’agit d’étrangers ne bénéficiant pas d’un statut leur permettant de séjourner et de s’installer sur le long terme, soit parce que leur demande d’asile a été refusée, soit parce qu’ils sont par exemple qu’ils sont arrivés de manière irrégulière ou éventuellement régulière mais sont restées sur le territoire
à l’issue de l’expiration de leur Visa.
Près d’un Belge sur deux perçoit l’immigration comme une menace pour son identité
D’après un sondage pour « Le Soir » et les journaux partenaires de Lena, publié le 23/12/2021, les Européens sont très divisés sur la perception de la migration. Et les Belges ne font pas exception.
Le quotidien signale que quand on demande aux Belges qui se sentent menacés quelle est leur plus grande inquiétude face à la migration, ils citent en premier la criminalité.
« Le présupposé est que la migration est criminogène. Quand un immigré est l’auteur d’un délit, on va expliquer cela par le fait qu’il est immigré, ce qu’on ne fait pas quand la personne n’est pas immigrée. Dans ce cas, son caractère criminel est expliqué par d’autres facteurs » commente Marco Martiniello, directeur de recherches au FNRS et directeur du Cedem, le Centre d’études de l’ethnicité et des migrations de l’ULiège.
Dans la Revue Lumen Vitae (2019/2), pages 135 à 144, a paru un important article, intitulé « Les migrants dans la Bible »
Il est signé par Martin Bellerose, professeur et directeur de l’Institut de pastorale des Dominicains du Collège universitaire dominicain à Montréal. Ses recherches et son enseignement portent principalement sur des questions reliées à la théologie de la migration.
« On a quelques fois l’impression que les chrétiens du XXI e siècle découvrent que les migrants existent. Bien entendu, au siècle dernier, il y a eu une mobilisation de paroisses, diocèses, communautés religieuses, Églises réformées à la fin des années 1970 pour accueillir les réfugiés des boat people. Il y a aussi eu des initiatives comme le Service
jésuite pour les réfugiés
Mises à part ces quelques manifestations, l’Église est demeurée plutôt discrète sur cette question donnant l’impression d’avoir relégué celle-ci au rang de « question secondaire ».
Et pourtant tel ne fut pas le cas dans l’histoire non seulement de l’Église, mais dans l’histoire d’édification de la foi chrétienne, parce que la foi juive tout comme la foi chrétienne, naissent d’une expérience migratoire.
L’Ancien Testament tel que nous le connaissons a été assemblé et en grande partie rédigé durant l’exil à Babylone ou dans les années et décennies qui ont suivi cette expérience historique du peuple d’Israël.
Aussi, le Nouveau Testament relate la vie du Messie en temps de persécutions, des récits d’immigrants et de réfugiés fuyant les persécutions, portés par l’espérance que procure la foi en Christ lui-même réfugié et migrant.
Dans les récits fondateurs, le sujet migratoire est omniprésent.
À commencer par Adam et Ève, expulsés du Paradis, ils vivront comme des étrangers dans le monde.
Noé, réfugié climatique, fuira un monde qui sera détruit et auquel il ne peut même plus aspirer retourner, pour aller vers une terre nouvelle que sa descendance sera appelée à peupler et à y migrer.
La figure d’Abraham, père du peuple des Hébreux et de ceux qui ont foi au Dieu unique, a lui-même migré d’Ur à Haran, et ensuite de Haran vers la terre que le Seigneur lui indiquera
Dans la Genèse, l’histoire de Joseph n’est pas en reste.
Persécuté par ses frères, Joseph se retrouvera immigrant en Égypte et de là il sera appelé à offrir l’hospitalité à ses frères qui étaient pourtant convaincus de l’avoir tué.
L’Exode, c’est l’histoire de la migration d’un peuple vers la terre que Dieu lui a promise.
Les prophètes racontent l’espérance, les peurs, les angoisses et la souffrance d’un peuple en exil. Plusieurs psaumes sont aussi écrits dans le contexte de l’exil.
« La fuite en Égypte » est unique dans les Évangiles et est propre à Matthieu.
Après le départ des Mages d’Orient, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; restes-y jusqu’à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que s’accomplisse ce qu’avait dit le Seigneur par le prophète : « D’Égypte, j’ai appelé mon fils »
Dans un article du 13 janvier 2017 sur CathoBel
« Migrants : les évêques allemands et français appellent à s’engager », le journaliste chez Médias Catholiques Manu Van Lier
rapporte le tweet envoyé par le Pape François le jeudi 12 janvier 2017 :
« Les mineurs migrants, surtout non accompagnés, sont particulièrement vulnérables. Donnons-leur tous un coup de main »
Dans ce texte, le Pape met l’accent sur la vulnérabilité des enfants et jeunes migrants « qui sont trois fois sans défense, parce que mineurs, parce qu’étrangers et parce que séparés de l’affection de leurs proches » devenant ainsi la proie facile de trafics en tous genres.
Cet appel à protéger « les plus petits et les plus vulnérables » les évêques allemands et français l’ont entendu.
Dans un communiqué commun Mgr Stefan Hesse, archevêque de Hambourg et Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle encouragent tous les chrétiens à s’engager en faveur des migrants mineurs.
Les évêques français et allemands appellent à une vaste mobilisation face à un constat dramatique: « en 2015 il y avait plus de 65 millions de réfugiés à travers le monde dont plus de la moitié étaient des mineurs ».
Il est donc « plus que jamais nécessaire de lutter contre les causes de
départ » mais aussi faire en sorte que ces enfants et ces jeunes « qui ont dû subir de graves blessures dans leur corps comme dans leur âme »(…) « trouvent dans nos pays une nouvelle patrie ».
Les chrétiens sont ainsi appelés « à adopter la perspective des sans-droits, à leur prêter leur voix et à défendre leur dignité avec une charité active ».
Le pape François s’est recueilli avec des migrants et des chefs religieux devant le mémorial dédié aux marins et migrants
perdus en mer, à la basilique Notre-Dame de la Garde, le vendredi 22 septembre 2023 au premier jour de son voyage à Marseille.
Le Journal La Croix du 22 septembre relate qu’il a lancé un puissant appel, devant cette mer Méditerranée baignée de soleil dans laquelle se noient encore chaque jour des migrants.
« Trop de personnes, fuyant les conflits, la pauvreté et les catastrophes environnementales, trouvent dans les flots de la Méditerranée le rejet définitif de leur quête d’un avenir meilleur », a déploré François.
« Nous sommes à un carrefour, a-t-il énoncé : d’un côté la fraternité, de l’autre, l’indifférence, qui ensanglante la Méditerranée ».
Il a martelé : « Ou la culture de l’humanité et de la fraternité, ou la culture de l’indifférence - chacun pour soi ».
Au milieu de responsables religieux marseillais de toutes religions et confessions, le pape a dénoncé avec force à la fois les « trafics odieux » et le
« fanatisme de l’indifférence » à l’encontre de ceux qui tentent d’arriver en Europe.
« Les personnes qui risquent de se noyer, lorsqu’elles sont abandonnées sur les flots, doivent être secourues », a-t-il tonné, après avoir observé un moment de recueillement en silence, visiblement ému.
Le « fanatisme de l’indifférence » !
Les mots du Pape François sont très forts et nous frappent de plein fouet.