L’évangéliste Jean 3:14-18
“ Dieu a tant aimé le monde, qu'Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle. Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu'il jugeât le monde mais afin que le monde fût sauvé par Lui”.
L’évangéliste Marc 16:15-16
“Et Il leur dit: Allez dans tout le monde, et prêchez l'évangile a toute la création. Celui qui aura cru et aura été baptisé sera sauvé, et celui qui n'aura pas cru sera condamné”.
Actes des Apôtres 4:11-12
« Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »
Actes des Apôtres 16:30-31
“Et les ayant mené dehors, Il dit: Seigneur, que faut-il que je fasse pour être sauvé? Et ils dirent: Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta maison”.
Saint Paul aux Romains 10:9
“Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, tu seras sauvé”.
Saint Paul aux Ephésiens 2:8
“Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu”.
Saint Paul dans sa première lettre à 1 Timothée 2:3-6
“Car cela est bon et agréable devant Dieu, notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité ”.
Saint Paul dans sa lettre à Tite 2:11
“Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes”.
Dans un article de Youna Rivallain, du 31 mars 2021, revu le 20 janvier 2022, Le Quotidien La Croix propose d’expliquer la notion de salut, fil conducteur des Écritures qui se rappelle sans cesse au long de l’histoire de l’Église.
1. Qu’est-ce que le salut ?
La langue française désigne le salut comme étant l’expérience d’être délivré d’un danger, d’une menace, d’un péril qui met notre vie en jeu.
Dans l’Ancien Testament, le salut est un des mots utilisés pour parler de l’expérience fondamentale de délivrance, de libération, de guérison.
«Le salut est une histoire de relation. C’est ne plus être seul, savoir que Dieu est avec moi, que je ne suis pas perdu», explique Christophe Pichon, maître de conférences en exégèse biblique et docteur en théologie catholique.
2. De quoi est-on libéré ?
Dans l’espérance chrétienne, à travers le sacrifice du Christ, l’homme est sauvé du péché, de la mort, de ce qui l’empêche d’être fidèle à la Parole de Dieu.
« La Genèse nous montre que le péché, c’est la rupture d’avec Dieu. Alors être sauvé du péché, c’est rétablir la relation», rappelle Christophe Pichon.
Jésuite et docteur en théologie, le père Michel Fédou insiste sur l’aspect libérateur du salut.
« Dans l’Évangile, cette libération peut aussi être celle d’un mal physique. À l’aveugle Bartimée, Jésus dit “Va, ta foi t’a sauvé”. C’est une façon de parler de la délivrance de notre âme. »
Le salut est une victoire sur la mort sous toutes ses formes, c’est l’annonce de la vie éternelle déjà inaugurée par le Christ dans sa propre résurrection.
3. Comment les Écritures parlent-elles du salut ?
Le salut, annoncé par les prophètes tout au long de l’Ancien Testament, se concrétise avec la mort et la résurrection du Christ, qui s’est offert pour racheter l’humanité de son péché.
« Le nom même de Jésus signifie” Dieu sauve”, expose le père Fédou. Tout le Nouveau Testament souligne ce lien intime entre la présence de Jésus et le salut. »
Les Évangiles annoncent le salut du monde en Jésus, à commencer par l’annonce à Joseph :
« Marie enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mt 1, 21)
Au cours de sa vie publique, Jésus ne cesse d’annoncer ce salut et pose des actes montrant que la libération est déjà à l’œuvre : guérison, délivrance des possédés, libération des péchés. (…)
4. Le sens du salut a-t-il évolué au cours des siècles ?
Si le sens de la rédemption reste le même au cours des siècles, la question « Comment être sauvé » anime les théologiens depuis les premiers siècles.
«Les controverses ont commencé dès le Ve siècle, entre le moine britannique Pélage et saint Augustin, indique le père Michel Fédou. Pélage pensait qu’on pouvait se sauver par ses propres forces. Augustin, lui, rappelait que le salut est un don, une grâce faite par Dieu à l’être humain, et que le salut de l’être humain a sa source dans la volonté de Dieu. »
La question se pose de nouveau lors de la Réforme protestante au XVIe siècle : Luther rappelle que seule l’intervention de la grâce divine («sola gratia») sauve l’âme humaine. Les catholiques, d’accord sur le principe de l’initiative divine du salut, insistent sur la liberté de l’être humain, la façon dont il collabore au salut.
5. Quelle part avons-nous dans notre salut ?
Grâce au dialogue œcuménique, les différentes confessions chrétiennes ont réussi à se mettre d’accord sur l’affirmation que le salut vient de Dieu.
Mais face à ce don, l’homme n’est pas passif. Il est libre d’accueillir cette offre de salut. Comme le dit saint Augustin, « Dieu nous a créés sans nous mais ne nous sauvera pas sans nous ». Pour accorder le salut, le Père désire notre consentement. « Dans l’Évangile, quand Jésus dit au paralytique “Lève-toi et marche”, celui-ci est libre de répondre à l’appel du Christ et de se lever, ou pas. On ne peut pas être sauvé malgré soi », insiste Christophe Pichon.
6. Si on est déjà sauvé, pourquoi fait-on encore l’expérience du mal et du péché ?
Si Jésus a offert le salut à tous les hommes, cela ne veut pas dire que le mal ne continue pas son œuvre.
«La foi chrétienne repose sur l’espérance que le salut a été offert mais qu’il doit se déployer à travers toute l’histoire humaine», argue Michel Fédou, avant de donner l’exemple de la relation entre maître et esclave dans les lettres pauliniennes. «Paul exhorte le maître à avoir une attitude de charité envers son esclave, mais il a fallu des siècles pour que l’esclavage soit enfin aboli. Il faut le temps de l’histoire pour que le salut puisse pénétrer toutes les dimensions de l’expérience humaine. » Le combat contre le mal se poursuit alors jusqu’à la fin des temps. « Mais les chrétiens ont l’assurance que la victoire sur le mal est offerte, car Jésus a vaincu la mort», rappelle le théologien.
7. Le salut, est-ce l’assurance du Ciel ?
Dans l’histoire de l’Église, différentes conceptions se sont affrontées sur la question du paradis et de l’enfer :
Selon Jansénius, il y aurait une prédestination pour certains êtres humains à ne pas être sauvés – une position qui fut rejetée par l’Église.
D’autres ont affirmé que tous, sans exception et quoi qu’ils fassent, seraient sauvés. Cette conception a aussi été rejetée.
Le théologien suisse Hans Urs von Balthasar résume la pensée de l’Église sur ce sujet : le salut est l’objet d’une espérance pour tous. Ce qui incombe aux chrétiens, ce n’est pas de dire que certains seront exclus du paradis ou que tout le monde y arrivera ; c’est d’espérer que tous seront sauvés. «Car nous sommes tous appelés au salut », rappelle Christophe Pichon.
(Le Salut) est d’ailleurs moins une « chose » qu’on a qu’une relation qui se tisse. Et pour Christophe Pichon, « dans toute relation, il y a des hauts et bas. J’aime l’image du fil rompu que l’on répare en faisant un nœud. À chaque nœud, le fil devient plus court, et la relation plus proche. »
Sauvés de quoi ?
Pourquoi avons-nous besoin d’être sauvés ?
Un article dans CROIRE d'Évelyne Montigny, avec la collaboration du Père Bernard Sesboüé, théologien jésuite, du 24 juillet 2015 revu le 6 décembre 2021, nous l’explique.
« Il suffit de regarder autour de soi, explique le théologien, nous sommes habités par un désir profond et exigeant de bonheur qui durerait toujours et par le besoin incoercible d’aimer et d’être aimé. Mais ce bonheur parfait nous ne pouvons l’atteindre par nos propres moyens ! Nous avons donc besoin d’être arrachés à notre insatisfaction, à notre manque de bonheur. Autrement dit, nous sommes habités par un désir de salut.»
Mais au fil des siècles, minés par les théories culpabilisantes, obnubilés par la réparation de leurs péchés, les chrétiens ont oublié qu’ils sont avant tout aimés de Dieu.
Heureusement, au XXe siècle, une redécouverte de la Bible et des Pères de l’Église rappelle la gratuité du salut qui sera pleinement affirmée par le concile Vatican II.
Dieu justifie gratuitement le pécheur et c’est cela le salut que l’homme reçoit en permanence. Grâce à Jésus qui s’est donné par amour, nous sommes libérés de nos péchés.
«Nous ne sommes donc pas sauvés par la mort de Jésus, mais par son amour manifesté dans tout ce qu’il a vécu tout au long de sa vie, par ses gestes, ses paroles, ses actes » affirme Bernard Sesboüé.
Aussi ne faut-il jamais séparer la Résurrection de la Passion, de même qu’il ne faut jamais détacher la Passion de la Résurrection (comme le font certains traditionalistes).
Le salut est un acte gratuit de Dieu qui vient nous transformer et nous libérer. «Jésus se présente à nous comme le Sauveur en se montrant tout simplement comme l’homme sauvé», poursuit le théologien. (…)
La vie de Jésus est tout entière une vie qui sauve
Par sa vie, sa mort et sa résurrection, Jésus montre que l’amour est victorieux du mal, de la souffrance et de la mort.
C’est par l’Incarnation que Dieu sauve et guérit toutes les misères de l’humanité. Pour les contemporains de Jésus, la maladie et le handicap étaient le châtiment d’un péché.
Les évangélistes donnent le titre de « Sauveur » à Jésus ressuscité, parce qu’ils font le lien entre sa résurrection et tous les gestes « sauveurs » qu’il a accompli au cours de sa vie publique comme le pardon à Zachée, la guérison du paralytique ou encore la résurrection de Lazare.
Des résurrections anticipées
Le salut c’est la résurrection de Jésus qui nous délivre de la mort et de la servitude du péché.
Mais, écrit Bernard Sesboüé, «le salut ne concerne pas que l’après-mort».
Depuis que Jésus s’est incarné, le salut est à portée de nos mains. Il nous est offert en permanence par Jésus comme à Zachée : «Aujourd’hui le salut est venu dans ta maison» (Luc 19,9).
Mais si le salut est gratuit et offert à tous les hommes, il n’est pas pour autant automatique. Tout homme peut être sauvé, mais il est demandé à chacun une adhésion personnelle, un acte de foi. C’est en cela que nous sommes libres. Libres d’accepter ou de refuser : «Celui qui t’a créé sans toi, ne te sauvera pas sans toi», disait saint Augustin.
Selon Bernard Sesboüé, «l’histoire humaine est ce long passage du salut qui sera achevé à la fin des temps». Le salut est donc bien une réalité dans nos vies.
Certains vivent même des «résurrections anticipées» qui résultent d’hommes et de femmes qui, par le don d’eux-mêmes, créent sur terre les conditions pour que les gens se libèrent de leurs chaînes, trouvent la réconciliation avec eux-mêmes, l’accueil aux autres, l’ouverture à Dieu.
« Gagner son salut en exterminant les hérétiques »
Dans un article du Journal LE MONDE Publié le 24 mars 2015 à 12h01 et mis à jour le 19 août 2019, Denis Crouzet, professeur d’histoire moderne à l’université Paris-IV, dénonce qu’ « Angoisse de la fin des temps et révolution médiatique, tels sont les principaux ingrédients des guerres de religion, dans la chrétienté du XVIe siècle comme dans l’islam du XXIe siècle ».
Le journaliste du MONDE, Antoine Reverchon, lui pose la question :
Dans l’essai que vous allez publier avec Jean-Marie Le Gall, vous comparez le mouvement djihadiste actuel et la violence mise en œuvre lors des guerres de religion qui ont marqué l’Europe aux XVIe et XVIIe siècles. Quels en sont les points communs ?
Le professeur Denis Crouzet lui répond :
« Il faut penser le fait religieux comme la matrice du conflit. C’est une culture qui structure les violences, bien que selon des modalités différentes.
La religion dominante – le catholicisme dans l’Europe des XVIe et XVIIe siècles, l’islam sunnite dans le monde arabe d’aujourd’hui – s’estime menacée : elle mène une guerre « purificatrice », qui vise à exterminer tous ceux qui ont pactisé avec le « mal ».
En 1572, la Saint-Barthélemy fit 2 500 morts à Paris ; le sac de Magdebourg, 30 000 morts en 1631.
Alors que du côté protestant on brise les statues et reliques et on massacre les prêtres, accusés de maintenir le peuple dans l’ignorance de la « vraie foi ».
Hier comme aujourd’hui, ces violences se caractérisent par la mise en scène de l’horreur et la volonté de la montrer au plus grand nombre.
Car la guerre de religion est un dialogue avec Dieu : il faut lui montrer que l’on agit pour lui. Pour dissuader, bien sûr, ceux qui pourraient être tentés de rejoindre les hérétiques, mais surtout pour gagner son propre salut en participant à leur extermination. »
« Hors de l’Eglise (catholique romaine) pas de salut ? » Le Catéchisme de l’Eglise catholique L’Abrégé du Catéchisme (Fidélité, Namur, 2005, n°171) précise bien que « grâce au Christ et à son Église, peuvent parvenir au salut éternel ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais recherchent Dieu sincèrement et, sous l’influence de la grâce, s’efforcent de faire sa volonté, reconnue à travers ce que leur dicte leur conscience » Vatican II - La Constitution Lumen Gentium Page 8 sur 8 16. Les non-chrétiens « Enfin, pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu [32] et, en premier lieu, ce peuple qui reçut les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair (cf. Rm 9, 4-5), peuple très aimé du point de vue de l’élection, à cause des Pères, car Dieu ne regrette rien de ses dons ni de son appel (cf. Rm 11, 28-29). Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. Et même des autres, qui cherchent encore dans les ombres et sous des images un Dieu qu’ils ignorent, de ceux-là mêmes Dieu n’est pas loin, puisque c’est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses (cf. Ac 17, 25-28), et puisqu’il veut, comme Sauveur, amener tous les hommes au salut (cf. 1 Tm 2, 4). En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel [33]. À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique [34] et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie. » Jean-Paul II, Veritatis Splendor : « L'Église sait que la question morale rejoint en profondeur tout homme, implique tous les hommes, même ceux qui ne connaissent le Christ et son Évangile, ni même Dieu. Elle sait que précisément sur le chemin de la vie morale la voie du salut est ouverte à tous, comme l'a clairement rappelé le Concile Vatican II »