Le site « Croire » du quotidien « La Croix » nous définit le mot « Synode ».
Le mot synode vient du grec. Il est formé de hodos (chemin) et sun (ensemble). Il signifie "faire route ensemble" mais également "franchir un même seuil", "habiter ensemble", donc se réunir.
Le synode (ou le concile) désigne dans l’Église une assemblée réunie pour délibérer et prendre des décisions en matière de doctrine ou de discipline.
En établissant le synode, Paul VI répondait au désir des pères du concile Vatican II de maintenir vivant l’esprit de collégialité engendré par le concile.
Ces assemblées réunissent des représentants de l’épiscopat désignés par des conférences épiscopales ainsi que des cardinaux, des évêques, des religieux, des recteurs et des dirigeants de mouvements et d’associations nommés par le pape en qualité de pères synodaux et d’experts.
On y réfléchit sur la situation et divers problèmes de l’Église.
Le 7 septembre 2021, le secrétariat général du Synode des évêques a rendu public le Document préparatoire du prochain Synode sur la synodalité.
Document intitulé « Pour une Église synodale : communion, participation et mission ».
Le processus synodal s’est ouvert solennellement les 9-10 octobre 2021 à Rome et le 17 octobre suivant dans chaque Église particulière.
Il se conclura par l’Assemblée générale du Synode des évêques au Vatican en octobre 2023.
Par cette convocation,
« le pape François invite l’Église entière à s’interroger sur un thème décisif pour sa vie et sa mission », souligne le texte dans sa partie introductive, en rappelant que « le chemin de la synodalité est précisément celui que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire ».
Un Document préparatoire qui
« se met au service du cheminement synodal, en particulier comme instrument visant à favoriser la première phase d’écoute et de consultation du Peuple de Dieu dans les Églises particulières (…) dans l’espoir de contribuer à stimuler les idées, les énergies et la créativité de tous ceux qui prendront part à cet itinéraire… », est-il également expliqué.
Le Document préparatoire est accompagné d’un Vademecum comportant des propositions méthodologiques.
Le 18 septembre 2021, dans la salle Paul VI au Vatican, le pape François s’est adressé aux fidèles du diocèse de Rome reçus en audience.
Dans son discours aux 4000 personnes présentes - prononcé en tant qu’évêque de Rome - il a décrit le processus synodal, qui doit débuter au mois d’octobre 2021 (pour se terminer en octobre 2023), et souligné l’importance du diocèse dans ce processus.
Un chemin autour du thème « Pour une Église synodale : communion, participation et mission », « qui implique toute l’Église », « l’ensemble du peuple de Dieu », a-t-il déclaré.
Cardinal, évêques auxiliaires, prêtres, religieux, laïcs… « tous doivent s’écouter entre eux », a affirmé le pape François. « S’écouter, se parler et s’écouter. » Pour lui, « il ne s’agit pas de recueillir des opinions » car « ce n’est pas une enquête ». « Il s’agit, en revanche, d’écouter l’Esprit Saint… »
« Le thème de la synodalité n’est pas un chapitre d’un traité d’ecclésiologie, ni davantage une mode, un slogan ou le nouveau terme à utiliser ou à instrumentaliser dans nos rencontres », a expliqué le pape François.
« La synodalité exprime la nature de l’Église, sa forme, son style, sa mission. » Et, de relever, que le mot « synode » contient tout ce dont « nous avons besoin pour comprendre : “marcher ensemble” ».
Le pape François de s’inspirer longuement du livre des Actes des Apôtres, histoire d’un chemin durant lequel « la Parole de Dieu et les personnes, qui accordent attention et foi à cette Parole, marchent ensemble ». « Tout le monde est protagoniste, a-t-il indiqué, personne ne peut être considéré comme un simple figurant. »
Cette route suivie dans les Actes des Apôtres « n’est pas seulement en mouvement en raison des lieux géographiques qu’elle traverse » (Jérusalem, Samarie, Judée, Asie mineure… jusqu’à Rome), a-t-il cependant tenu à souligner.
Elle exprime également une « inquiétude intérieure ». « Si un chrétien ne ressent pas cette inquiétude intérieure, s’il ne la vit pas, il lui manque quelque chose », a-t-il poursuivi. « Or, cette inquiétude intérieure naît de la foi et nous invite à évaluer ce qu’il convient de faire, ce qu’il faut garder ou changer. »
Cette histoire nous enseigne « que rester immobiles ne peut être une bonne condition pour l’Église », a insisté le pape François. Le mouvement étant la conséquence « de la docilité à l’Esprit Saint, qui est le réalisateur de cette histoire… »
Pour le pape François, dans le parcours synodal, « l’écoute doit tenir compte du sensus fidei ». Cependant, « elle ne doit pas négliger toutes ces “intuitions” incarnées là où l’on ne les attend pas ». « Il peut y avoir une “intuition sans citoyenneté”, et elle n’en est pas moins efficace », a-t-il affirmé.
Je vous en prie, a-t-il appuyé, « laisser grandes ouvertes portes et fenêtres, ne vous limitez pas à prendre en considération seulement (ceux qui se rendent en paroisse), ou qui pensent comme vous ». « N’ayez pas peur d’entamer le dialogue et laissez-vous bouleverser par le dialogue : c’est le dialogue du salut. » « Ne soyez pas désenchantés, “préparez-vous aux surprises” », a-t-il encore lancé.
« Je suis venu ici pour vous encourager à prendre au sérieux ce processus synodal et pour vous dire que l’Esprit Saint a besoin de vous », a enfin déclaré le pape François. « Écoutez-le en vous écoutant vous-mêmes et ne laissez personne en dehors ou en arrière. »
Le 17 octobre 2021, à la Cathédrale de Bruxelles, l’Archevêque de MalinesBruxelles, le Cardinal Josef De Kesel, a fait une « Homélie pour le lancement du processus synodal »
Dans son homélie le Cardinal a souligné que ce n’est pas un hasard si le Pape François a précisément choisi la synodalité comme thème du prochain synode.
Pas un hasard non plus que la synodalité ne soit pas seulement son thème mais aussi sa méthode, le chemin qu’elle veut parcourir. Un processus synodal et pas seulement une réunion d’évêques à Rome. Un processus dans lequel sont impliquées toute l’Eglise et toutes les églises locales et toutes les communautés.
En voici quelques extraits :
Le désir d’être le plus grand, d’être plus que les autres, d’être au-dessus des autres, le désir d’exercer un pouvoir sur les autres est profondément ancré en nous. Il peut aussi être profondément ancré dans l’Eglise, à côté de belles paroles sur le service. Exercer du pouvoir est un thème sur lequel le Pape François revient souvent. Il invite l’Eglise à la conversion, au renouvellement, à la réforme, de haut en bas. Il évoque souvent à ce propos la dureté et la rigidité avec lesquelles nous défendons nos certitudes ; Il dénonce aussi souvent le cléricalisme qui nous menace tous et (menace) toute l’Eglise.
Une Eglise cléricale est une Eglise qui se suffit à elle-même et qui n’est pas prête à l’ouverture et au dialogue.
(…) Le cléricalisme touche aussi les relations intra-ecclésiales. La tentation d’exercer du pouvoir sur les autres est également présente ici aussi, parce qu’on est ordonné ou parce qu’on porte une responsabilité pastorale. C’est une menace pour tous les chrétiens dans leur relation avec autrui.
Vous savez combien l’Eglise de France vit sous le choc de la publication du rapport concernant les abus sexuels depuis le milieu du siècle dernier. Il apparaît de plus en plus clairement qu’il ne s’agit pas uniquement du comportement pervers de quelques-uns mais que cela concerne aussi une certaine manière de fonctionner de l’Eglise en tant qu’institution et notamment la sacralisation du ministère ordonné. On se croit plus que les autres. On croit pouvoir se permettre davantage. En plus, si l’Eglise n’approuve pas ces comportements, dans le passé elle a surtout essayé de les régler en interne pour protéger l’institution. Une Eglise qui essaye de se sauver et qui ainsi, selon la parole de Jésus, est en train de se perdre. « Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi ». Telle est la parole que Jésus adresse impérativement à nous et à toute l’Eglise.
(…) Un processus synodal et pas seulement une réunion d’évêques à Rome. Un processus dans lequel sont impliquées toute l’Eglise et toutes les Eglise locales et communautés. Synodal signifie marcher ensemble. C’est tout juste le contraire de clérical. C’était déjà l’intuition et la ferme volonté du second concile du Vatican. Depuis lors, nous avons déjà fait quelques pas sur ce chemin, mais il devient plus clair aujourd’hui qu’il n’y a pas d’autre voie pour l’Eglise. Les défis sont bien trop grands. Il s’agit explicitement de l’avenir de l’Eglise dans le contexte de notre culture sécularisée.
C’est l’objectif que poursuit le Pape François : une Eglise synodale et non cléricale. Il est intimement convaincu que c’est ce que Dieu souhaite pour son Eglise en ce troisième millénaire.
Une Eglise sûre d’elle-même et cléricale ne peut annoncer l’Evangile de façon crédible. Deux questions fondamentales sont posées tout au long de ce processus synodal : comment avons-nous jusqu’ici pratiqué la synodalité et quelles sont les pas ultérieurs que nous inspire l’Esprit de Dieu aujourd’hui ?
- La première question nous fait regarder en arrière et nous invite à voir plus clairement le chemin déjà parcouru: qu’est ce qui suscite notre joie ? Quelles sont les difficultés qui subsistent, les obstacles, les blessures ?
- La seconde question nous conduit à regarder l’avenir : quelles sont les expériences positives auxquelles il faudrait donner toutes leurs chances à l’avenir ? Qu’est-ce qui peut être amélioré ou fait autrement ? Quels sont les nouveaux pas qui peuvent être faits ? Sur quoi y a-t-il déjà un vrai consensus ?
Samedi dernier, dans son discours s’ouverture, le Pape a cité le théologien français Yves Congar : « Nous ne voulons pas une autre Eglise mais une Eglise différente. » Cela ne se réalise pas en deux ans. (…) Tel est en effet le sens profond et le but ultime du chemin synodal : nous apprendre à ne pas être des dominateurs des autres mais leurs serviteurs. Nous devons prendre l’invitation du Pape très au sérieux et y répondre avec enthousiasme, mais pas avec des attentes surfaites. Quand on marche ensemble c’est bien pour arriver quelque part. On est en droit d’attendre des résultats du processus synodal. Mais ne marchons pas trop vite. Ne soyons pas impatients.
(…) Il y a dans l’Eglise une diversité d’opinions et d’attentes. Lorsqu’on se parle et qu’on recherche un vrai dialogue, on n’essaye pas en premier lieu d’imposer ses propres idées. On peut bien sûr, et c’est indispensable, dire en toute liberté ce qu’on pense sans quoi ce ne serait pas un dialogue.
Mais cela ne se fait pas sans aussi écouter l’autre sinon la fraternité reste un vain mot. Que ce processus synodal soit avant tout une école de fraternité.
(…) Il faudra bien sûr par la suite faire d’autres pas et prendre des décisions. Mais il est faux de croire que la synodalité ne viendra que par la suite. Elle doit conduire à des résultats, mais elle est avant tout un chemin. Et ce n’est qu’en cours de route que les nouveaux pas à faire apparaîtront plus clairement.
(…) Devenir une Eglise de plus en plus synodale, une communauté véritablement fraternelle où l’on traite chacun et chacune avec respect et amour, où personne ne s’élève au-dessus des autres et où la seule ambition est d’être des serviteurs les uns des autres, n’est pas une œuvre humaine. C’est l’œuvre de l’Esprit.
Ne fermez donc pas votre cœur. Ne cédons pas à la tentation du scepticisme et du défaitisme. »
Le Père Paul Tihon s.j., prêtre jésuite, professeur émérite de théologie à l’Institut d’Etudes Théologiques et à Lumen Vitae à Bruxelles, a écrit un article remarquable dans l’Appel, intitulé « Synodalité : renverser la perspective »
« Quand on dit « Église », le réflexe de la plupart est encore de comprendre l’appareil ecclésiastique, le Vatican, les évêques, les curés, le cadre paroissial. Bref, le gros machin bien installé dans ses règlements, son droit canon, ses inerties. Accessoirement, les laïcs. (…) Qu’a voulu Jésus ? Qu’ont fait les disciples après l’expérience mystérieuse de Pâques ? C’est là que toutes les réformes ont puisé leur inspiration.
L’Église, c’est quoi ?
Depuis un bout de temps, exégètes, historiens, archéologues, étudient spécialement la période entre 50 avant JC et 100 après JC. Ils nous en donnent une image de plus en plus complexe : un monde de grands bouleversements internationaux, où les voyages sont de plus en plus faciles, avec des courants commerciaux, économiques, culturels, qui se croisent, qui influencent les mentalités.
Dans ce contexte, un petit groupe insignifiant, né quelque part dans une des colonies romaines assez turbulente de Mésopotamie, se répand à une vitesse surprenante.
D’autant plus surprenante qu’ils se réclament d’un juif exécuté par les Romains au temps du procurateur Ponce Pilate.
(…) Sa consigne n’est-elle pas toute simple ? Si nous aimons Dieu – ce qui pour tout juif est le « premier commandement », nous devons aussi nous aimer les uns les autres : ce commandement, dit Jésus, est inséparable du premier, il lui est « égal » (Matthieu 22, 37-40).
On mesure chaque jour à quel point ce retour à l’essentiel est difficile. Car il s’agit bien d’une transformation de nos réflexes courants lorsque nous utilisons le mot « Église ». Au lieu de voir d’abord un ensemble institutionnel bien organisé, avec ses responsables soigneusement hiérarchisés, son quadrillage géographique, ses unités de taille de plus en plus grandes, son personnel de permanents et de spécialistes, ce qui devrait nous être d’emblée présent à l’esprit, c’est la multitude d’hommes et de femmes, groupés en communautés plus ou moins grandes, qui se caractérisent par la confiance qu’ils font à ce Jésus de Nazareth, (…) Sans eux, il n’y a pas d’Église. L’Église ne subsiste à travers les siècles que par eux, les croyantes et les croyants. Avec la conviction plus ou moins claire qu’ils ne sont pas obligés d’être là, qu’ils y sont librement, parce qu’ils veulent bien.
(…) Dans les années qui ont suivi le concile, l’effort de la curie a porté principalement sur un point : limiter la collégialité qui devait caractériser les assemblées d’évêques. Il s‘agissait de bien réglementer les rapports entre les évêques, spécialement avec l’évêque de Rome.
(…) Rome a limité l’autorité des conférences épiscopales, qu’elles soient régionales ou continentales. Lors des dernières grandes assemblées d’évêques latino-américains, Medellín, Puebla, Santo Domingo, Aparecida, les documents finaux de ces assemblées n’ont pu paraître qu’avec le feu vert du Vatican, qui ne s’est pas privé d’y introduire des corrections.
Les aspirations clairement exprimées pour un Concile africain ont fait place à des « synodes spéciaux pour l’Afrique », tenus à Rome et sous la conduite de Rome.
Il a fallu un phénomène sociologique massif pour qu’on prenne conscience de la nécessité de faire un pas de plus. Tant qu’il y a eu beaucoup de prêtres dans les Églises du « centre » (le centre, c’est l’Occident, l’Europe, l’Italie), l’édifice tenait debout. Depuis que la pénurie de prêtres atteint ce « centre », on s’y pose des questions. Y compris à Rome, mais sans que cela ébranle en rien le système hypercentralisé de notre Église.
Même sur ce point, il a fallu du temps pour qu’on prenne la mesure de la question. Ceux et celles de ma génération se souviennent des beaux temps de l’Action Catholique. L’A.C., c’était la forme organisée de l’ « apostolat des laïcs ». On parlait sans complexe de la « collaboration des laïcs au ministère des prêtres ». Les laïcs étaient donc des collaborateurs.
(…) D’où l’apparition de diverses formes de « collaboration de laïcs au ministère des prêtres » : c’est le titre d’une Instruction du Vatican (1995) tout entière consacrée à délimiter minutieusement la frontière des pouvoirs des uns et des autres.
Une forme plus récente de la question, c’est la « nécessité d’une nouvelle évangélisation », à laquelle l’ensemble des baptisés sont conviés. Elle trahit des inquiétudes, mais ici non plus, aucune trace de mise en question du modèle actuel, toujours aussi hypercentralisé.
Le « renversement de perspective » indispensable, c’est d’abord dans nos têtes qu’il doit se produire. Ce dont il s’agit, c’est d’abandonner purement et simplement notre idée d’une pyramide dont le sommet est le pape, l’étage plus bas les évêques, plus bas encore les prêtres, enfin une base de laïcs parmi lesquels un petit nombre, par suppléance, seraient appelés à rendre des services que le clergé n’est plus en mesure d’assurer lui-même.
À la place, il nous faut revenir à l’image qui était celle des premiers siècles : celle d’un réseau de communautés de tailles variables, en communion entre elles, dont chacune était dotée des structures indispensables à son bon fonctionnement. (…)
Le mot « collégialité » ayant été neutralisé, le Pape a choisi un mot plus classique : synodalité, qui sera l’objet du prochain synode des évêques.
Pour entrer un peu plus dans cette optique, rappelons-nous tout d’abord que Jésus était un laïc (!), et qu’il n’a jamais voulu fonder une religion nouvelle, encore moins instituer un clergé.
Il a bien choisi quelques disciples plus proches, pour « être avec lui et pour les envoyer annoncer le message et chasser les démons », comme dit Marc (Mc 3, 14). Mais il a aussi envoyé sur les routes une série d’autres disciples. Des « envoyés » : c’est le sens du mot « apôtre ».
Saint Luc a accolé ce titre aux « Douze » choisis par Jésus (Lc 6, 13), qui ont joué un rôle particulier en tant que témoins de la résurrection, mais Paul a revendiqué le titre (Rm 1, 1 ; Gal 1, 1 etc.), et il a aussi été utilisé pour d’autres.
(…) Lorsque les premières communautés ont commencé à se réunir, après l’expérience déroutante de la résurrection, elles ont bien dû se donner quelques règles de fonctionnement et se répartir les tâches. Pour désigner ces responsables, elles ont soigneusement évité tous les termes qui auraient pu évoquer la catégorie des spécialistes du culte, aussi bien dans le judaïsme que dans la culture grecque environnante.
Elles ont donc parlé de « président » (proestôs), de « pilote »(kubernètès), de « superviseur » (épiskopos), de « serviteur » (diakonos), d’« anciens ». (presbuteroi) C’est le groupe entier des hommes et des femmes attirés par l’espérance nouvelle qui s’est très vite perçu comme le porteur d’un message destiné à « toutes les nations » (Mt 28,19).
Pour se désigner lui-même, ce groupe a choisi un terme emprunté à la vie politique : assemblée, convocation, ekklesia.
Dans les aspirations actuelles à la réforme de notre Église, le mot qui vient spontanément à l’esprit est celui de démocratie. Chez les autorités vaticanes, il provoque immédiatement un réflexe de rejet : l’Église n’est pas une démocratie. (…)
Le dicton ancien (souvent cité par le Père Yves Congar) affirmait que dans l’Église, « ce qui concerne tout le monde doit être débattu par tout le monde ». Plus impressionnante encore, cette citation de saint Augustin à propos du texte de Mt 16 sur le « pouvoir des clefs » confié à Pierre : « Ce n’est pas un homme seul, mais l’Église dans son unité qui a reçu ces clefs. Ceci met en relief l’excellence de Pierre, car il a représenté l’universalité et l’unité de l’Église, lorsqu’il lui fut dit : ‘je te confie’, alors que c’était confié à tous » (cité par J.-M. Tillard, L’évêque de Rome, p. 134-135).
De ce point de vue, le fonctionnement des « communautés de base » a quelque chose d’exemplaire. C’est toute l’assemblée des croyants qui prend les grandes décisions, même si elle confie certaines fonctions différenciées à tel ou tel membre de la communauté.
En effet, ce régime d’assemblées permet à la communauté de garder la conscience que c’est elle tout entière qui est responsable de sa bonne marche, comme c’est elle tout entière qui est responsable de la présence de la Bonne Nouvelle dans la société. Et c’est devant l’assemblée que les « chargés de services » ont à rendre compte de leur gestion.»
Puissent les évêques, les prêtres et les laïcs, hommes et femmes, l’ensemble du Peuple de Dieu, marcher ensemble en entamant un vrai dialogue sur l’Église de demain