Qu’elle soit physique, celle de la maladie, du handicap, d’un accident, d’une agression physique, de la guerre, d’une agonie ou de la mort,
Qu’elle soit morale ou psychique, celle de la perte d’un être cher, de son travail, de la santé, d’une dépression ou d’un burn-out,
Toute souffrance, quelle qu’elle soit, est DESTRUCTRICE, est un MAL ABSOLU, un MAL À L’ÉTAT PUR.
Dans un livre d’entretiens avec les journalistes Dominique Minten et Louis Mathoux « Monseigneur Léonard – conversations » sorti en français en 2006,
Mgr Léonard a parlé de la maladie mortelle du sida comme une conséquence d’une sexualité libre entre adultes.
À la question de Louis Mathoux « Précisément, que pensez-vous du Sida ? Y voyez-vous une ‘punition de Dieu’ suite à la libération sexuelle ? »
Mgr André-Joseph Léonard, a répondu « On a posé à Jean-Paul II un jour cette question-là : « Est-ce que le sida est une punition
de Dieu ? » Il a répondu avec beaucoup de sagesse : « Il est très difficile de connaître les intentions de Dieu ». Pour ma part, je ne raisonnerais pas du tout en ces termes. Tout au plus je verrais dans cette épidémie une sorte de justice immanente, pas du tout une punition, un peu comme, sur le plan écologique, quand on malmène l’environnement, il finit par nous malmener à son tour. Et quand on malmène l’amour humain, peut- être finit-il par se venger, sans qu’il faille y faire intervenir une cause transcendante ».
Wikipédia nous dit que La justice immanente est « l'affirmation du lien nécessaire, inévitable, entre une mauvaise action et sa sanction, à brève ou longue échéance. » « C'est aussi (dit Wikipédia) un procédé littéraire par lequel la vertu finit par être récompensée ou le vice puni ».
En d’autres mots, Mgr Léonard a laissé entendre qu’il y a un lien nécessaire, inévitable, entre des relations homosexuelles, qui, à ses yeux, sont de mauvaises actions et leur sanction, la maladie mortelle du sida !
« Le vice finit par être puni » Cela se passe de tout commentaire …
Par ailleurs, le magazine LE POINT publiait le 20 mai 2020 une Tribune de l'historien Joël Élie Schnapp qui écrivait :
« Le rabbin Meir Mazuz (chef religieux israélien ultra-orthodoxe séfarade), affirmait début mars 2020 que le coronavirus était une punition divine causée par le défilé de la Gay Pride. (…) Le pasteur conservateur américain
Rick Wiles, quant à lui, a asséné que la propagation du coronavirus dans les synagogues était une punition divine contre les juifs. »
Dieu ne permet pas la Souffrance
On dit parfois que Dieu permet le Mal pour faire advenir un plus grand bien !
Mais est-il pensable que Dieu aurait « permis » les crimes d’Hitler et de Staline, de tous les génocidaires et des terroristes qui prétendent agir en Son Nom ?
En aucun cas, Dieu ne permet pas la terreur.
Dieu a voulu que l’homme soit libre ce qui implique qu’il est libre de choisir entre le Bien et le Mal et donc de faire du mal, d’infliger des souffrances.
L’homme est le seul responsable du mal qu’il commet.
Ce n’est donc pas Dieu qui est responsable de la souffrance !
Dieu partage nos Souffrances
Anne Lécu, religieuse dominicaine médecin en prison, a répondu aux questions de Sophie de Villeneuve dans l'émission « Mille questions à la foi » sur Radio Notre-Dame. (entretien retranscrit dans La Croix le 29/06/2016)
Dieu n'a pas fait la mort, il ne prend pas plaisir à la mort de quiconque, et bien évidemment pas non plus à la mort de son Fils.
La souffrance et la mort de chacun d'entre nous sont un drame pour Dieu. Au point que, pour que nous n'y soyons pas seuls, son Fils choisit d'y être à nos côtés.
Dieu vient partager la souffrance. En aucun cas il ne vient donner une réponse ou la conceptualiser. Toute tentative d'explication de la souffrance est vaine (…) pas de discours, mais un partage jusqu'au bout, dans la souffrance mais plus encore, dans la faute et la culpabilité.
Lacrimosa dies illa, qua resurget ex favilla judicandus homo reus. Huic ergo parce Deus. Pie Jesu Domine, dona eis requiem. Amen.
Jour de larmes que ce jour où, de la poussière, ressuscitera le pêcheur pour son jugement. Pardonne-lui, mon Dieu !
Seigneur, bon Jésus, accorde-lui le repos éternel. Amen.
Le Dieu de la Bible souffre devant le mal et la souffrance
Elie Wiesel, né en Roumanie en 1928 et mort à New York en 2016, est un juif, philosophe et écrivain, lauréat du prix Nobel de la paix en 1986.
Il a subi les souffrances d’Auschwitz et a fait le récit de sa captivité dans son livre « La Nuit ».
Il a publié dans Le Figaro Magazine du 4 septembre 1999 un très beau texte dont je vous lis un extrait :
« Dieu de justice, Dieu de bonté, Dieu d’amour, où étais-Tu
quand on persécutait Ton peuple ? Il est permis dans notre tradition de Te questionner. D’Abraham à Moïse en passant par Jérémie, dans toute la littérature biblique, nous découvrons des cris contre la justice divine.
Dans ses “Lamentations”, Jérémie écrit : « Tu as tué sans pitié. Tu vois Tes enfants humiliés et Tu restes silencieux. » Cependant, je me suis demandé : peut-être suis-je injuste ?
Après tout, Auschwitz n’était pas le produit de Dieu mais le produit des hommes. Auschwitz avait comme but non seulement de nous détruire mais aussi de Te détruire.
Pourquoi ne pas songer également à Ton chagrin, Toi, père de l’humanité ? En regardant Tes enfants souffrir n’as-Tu pas souffert comme eux, avec eux ? »
À cette question fondamentale : « Pourquoi le mal existe-t-il ? » le Catéchisme de l’Église Catholique répond :
« Si Dieu le Père Tout-puissant, Créateur du monde ordonné et bon, prend soin de toutes ses créatures, pourquoi le mal existe-t-il ?
À cette question aussi pressante qu’inévitable, aussi douloureuse que mystérieuse, aucune réponse rapide ne saura suffire.
C’est l’ensemble de la foi chrétienne qui constitue la réponse à cette question : la bonté de la création, le drame du péché, l’amour patient de Dieu qui vient au-devant de l’homme par ses alliances, par l’Incarnation rédemptrice de son Fils, par le don de l’Esprit,
par le rassemblement de l’Église, par la force des sacrements, par l’appel à une vie bienheureuse à laquelle les créatures libres sont invitées d’avance à consentir, mais à laquelle elles peuvent aussi d’avance, par un mystère terrible, se dérober. Il n’y a pas un trait du message chrétien qui ne soit pour une part une réponse à la question du mal » (CEC n°309)
Jésus n’a jamais accepté la souffrance ou la mort
L’un des chefs de la synagogue, nommé Jaïros, vint supplier Jésus : « Ma petite fille est près de mourir ; viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive » (Marc 5, 22). Il était malheureusement déjà trop tard.
Jésus ne lui répondit pas que c’était là la volonté de son Père, qu’Il lui a donné la vie et que maintenant Il la rappelait à Lui. Bien au contraire, il se laisse émouvoir par la souffrance des parents de l’enfant
« Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de la synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ?» Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de la synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.
Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui.
Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur.
Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.
Non seulement Jésus lui redonne la vie mais, craignant qu’on ne l’oublie dans l’euphorie, il rappelle à ses parents qu’elle a faim.
L'action se déroule à Alexandrie au IVe siècle. Un moine cénobite, Athanaël, cherche à convertir au christianisme Thaïs, courtisane célèbre et prêtresse païenne vouée à la déesse Vénus. Il y réussit, mais Thaïs choisit alors de se retirer du monde et de vivre cloîtrée
La réponse de Dieu à la souffrance et à la mort
Dieu pleure devant la souffrance des enfants.
S’Il est Amour, Il ne peut que compatir, souffrir avec eux, leur mère, leur père et tous ceux que désespèrent de telles cruautés.
Cet enfant, la fille de Jaïre, Il l’a ramené à la vie, comme Il a ressuscité son Fils et comme Il ressuscitera toutes les victimes des atrocités de la guerre, des attentats, des accidents, de la maladie et de la mort.
Dieu est avec toutes les victimes du Mal, Il est corps et âme avec elles dans leurs souffrances, leur calvaire et la mort. Il est au plus intime de l’enfant qui se meurt comme Il habite le cœur de sa mère qui se désespère à son chevet.
Il souffre avec celui qui souffre et pleure avec celui qui pleure.
Seul, peut-être, le croyant peut L’entendre pleurer et saisir cette solidarité, sa communion dans la souffrance.
Il y trouvera un début de consolation dans l’espoir d’un monde meilleur où il n’y aura plus ni souffrance ni mort et où il pourra retrouver l’amour de ceux qu’il aime et qu’il a perdus.
La réponse de Dieu, Sa victoire sur le Mal, c’est la résurrection et l’accueil dans son amour infini de tous les désespérés de la terre. C’est une réponse radicale, définitive, que rien ne pourra jamais empêcher. Celle qu’il est venu nous annoncer en s’incarnant dans son Fils Jésus-Christ, crucifié, enseveli et ressuscité d’entre les morts. Sa mort et sa résurrection annoncent les nôtres, les préfigurent et nous ouvrent les portes de l’éternité. C’est ce qui fait dire
à Saint Paul dans sa 1ère lettre aux chrétiens de Corinthe : « Quand donc cet être corruptible aura revêtu l’incorruptibilité et que cet être mortel aura revêtu l’immortalité, alors se réalisera la parole de l’Ecriture : La mort a été engloutie dans la victoire. Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton aiguillon ? » (1 Co 15, 54).
Pourquoi dit-on que nous devons vivre nos souffrances en union avec celles du Christ ?
Véronique Margron, religieuse dominicaine, théologienne, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France, a répondu aux questions de Sophie de Villeneuve dans l'émission « Mille questions à la foi » sur Radio Notre-Dame. (entretien retranscrit dans La Croix le 22/06/2022)
« Toutes les souffrances ne peuvent pas se combattre : un deuil, des traumatismes que nous avons vécus enfants… Comment vivre avec ? La première chose à dire, c’est qu’il ne faut pas s’y complaire. Ce n’est jamais l’attitude de Jésus. Se tourner vers autrui, autant que c’est possible, se battre, y compris contre la souffrance des autres, est sûrement la première des attitudes spirituelles, en union avec le Christ. (…)
Il me semble que le Nouveau Testament offre ici une autre piste.
À la fin de sa deuxième lettre aux Corinthiens, quand Paul parle d’une écharde dans sa chair, il dit qu’un ange est venu le souffleter pour qu’il ne s’enorgueillisse pas lui-même, et pour qu’il trouve sa force dans le Christ et non pas en lui-même.
On suppose que Paul était malade. Que fait-il ? Comme tout le monde, il essaie de donner du sens à ce qui n’en a pas. Souffrir n’a pas de sens en soi, c’est bien pour cela qu’il faut combattre la souffrance.
Mais quand elle est là, que puis-je en faire ? Paul, lui, essaie d’en faire une pédagogie pour apprendre que la force d’annoncer l’Évangile ne vient pas de lui, mais du Christ.
Comme c’était un héros de Dieu, un homme fort, courageux, plus que volontaire, Paul a voulu se rappeler que ce n’était pas par ses propres forces qu’il menait tous ses combats. »
La souffrance peut nous donner l’occasion de revenir à Dieu
Le fils prodigue serait-il retourné vers son père s'il n'avait pas sombré dans la misère ? (Luc 15, 11-21).
Le désespoir ne nous incite-t-il pas à nous tourner vers Dieu et à implorer son secours ?
Nombreux sont les témoignages d’hommes et de femmes qui, confrontés à des souffrances insupportables, ont reconnu s’être tournés vers le Dieu de leur enfance et avoir trouvé du réconfort dans la prière.
C’est ce que dit le Psaume 33 : « Un pauvre a crié ; le Seigneur écoute et de toutes ses angoisses, il le sauve. »
Devons-nous nous infliger volontairement des souffrances ou des mortifications pour plaire à Dieu ?
(Sur le site Wikimonde, au mot Le cilice, est cité le Document interne à l’Opus Dei, publié en français le lundi 20 décembre 2004, « De l’esprit et des pieuses habitudes de servir » - 1990, 9e édition- Point 125). Il nous apprend que :
Dans l’Opus Dei, les membres Numéraires et Agrégés utilisent tous les jours une chaîne munie de pointes (surnommée cilice) : « Pour mortifier et soumettre le corps, les Numéraires et les Agrégés de l’Opus Dei, en accord avec celui qui dirige leur âme, pratiqueront fidèlement la coutume de porter chaque jour, au moins pour deux heures, un petit cilice ; en outre, une fois par semaine, ils utiliseront les disciplines et dormiront sur le sol. »
Saint Jean Cassien, un des principaux maîtres de la vie monastique au Vème siècle, désapprouvait son utilisation par les moines, car s’il était visible il se remarquait et pouvait être un motif de vanité, et si on le portait au-dessous de ses vêtements il entravait la liberté du corps dans l’exécution du travail manuel.
Saint François de Sales enseignait : « Peu importe au démon que vous déchiriez votre corps pourvu que vous fassiez votre propre volonté. Il ne craint pas l’austérité, il craint uniquement le sacrifice de votre volonté. (…)
Le misérable pharisien jeûnait deux fois la semaine et périt. Le publicain n’avait point jeûné et fut justifié. »
La souffrance est le grand mystère de notre humanité
Je suis triste de constater, parfois, que devant trop de souffrances, certains chrétiens disent perdre la foi en Dieu, comme s’Il en était responsable.
Job est le Juste souffrant qui se révolte contre la souffrance.
Mais, il garde, contre toute espérance, sa foi en Dieu (Livre de Job 19, 25-27) :
- Mais je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière;
- et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair je verrai Dieu
- Je le verrai, moi en personne, et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger. Mon cœur en défaille au-dedans de moi.