Comme je l’ai déjà dit dans une émission précédente,
J’ai toujours beaucoup aimé ce que Thérèse de Lisieux dit de la prière :
« Pour moi, la prière, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel, qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus » (Thérèse de Lisieux, Manuscrit autobiographique, C, fol. 25 r°).
C’est ce que dit le Psaume 34 (33) au verset 7 :
- Dans la Traduction Œcuménique de la Bible (la TOB)
« Un malheureux a appelé : le Seigneur a entendu et l’a sauvé de toutes ses détresses »
- Meilleure encore, la Traduction de la Bible de Jérusalem
« Un pauvre a crié, le Seigneur écoute (non pas entend …)
et de toutes ses angoisses, il le sauve »
La nécessité de prier
Jésus a dit et redit à ses disciples « la nécessité de prier constamment
et de ne pas se décourager » (Luc 18, 1), en donnant la parabole du juge qui se fait prier longtemps par une veuve qui venait sans cesse lui réclamer justice et qui finit par céder pour ne plus être importuné.
Jésus utilisera aussi une autre image, celle de l’ami importun qui vient demander de lui prêter du pain au milieu de la nuit :
« Je vous le déclare : même s’il ne se lève pas pour lui en donner parce qu’il est son ami, eh bien, parce que l’autre est sans vergogne, il se lèvera pour lui donner tout ce qu’il lui faut » (Luc 11, 8).
La certitude que toute prière est exaucée
Au chapitre 11 de l’évangile de Luc, juste après avoir appris à ses disciples de prier le « Notre Père », Jésus leur dit à quel point leur prière est exaucée :
« Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu
de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.”
Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.”
Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.
Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ?
ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ?
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »
Parfois, notre prière n’est pas exaucée
Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande.
Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. »
Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. »
Jacques et Jean et leur mère ne se rendaient pas compte que demander à Jésus de « siéger, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche », c’était le prier de
« boire la coupe qu’il va boire », c’est-à-dire, l’entourer chacun sur une croix, comme le bon et le mauvais larron, au Golgotha, sur le mont du Calvaire.
Les disciples de Jésus en ont fait l’amère expérience devant l’échec de leur tentative de guérir un jeune épileptique dans l’évangile de Matthieu (17:14-16) :
Quand ils eurent rejoint la foule, un homme s’approcha de lui, et tombant à ses genoux, il dit : « Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau. Je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. »
Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. » Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri.
Alors les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent en particulier :
« Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? »
Jésus leur répond : « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz
à cette montagne : “Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. »
Le sentiment d’abandon de Dieu
Face à nos difficultés, à de graves problèmes de santé, au risque de la perte d’un proche ou face à des catastrophes, aux guerres, aux génocides et à la violence dans le monde, nous pouvons avoir le sentiment d’être « abandonnés de Dieu ».
Ce sentiments d’abandon, Jésus l’a lui-même intensément vécu sur la Croix au moment de mourir.
Dans le journal La Croix du 8 novembre 2023, Frédéric Boyer, écrivain et professeur à la prison de la Santé à Paris, s’interroge sur le sens de ce cri de Jésus à son Père :
« J’ai toujours compris la parole de Jésus, non pas comme uniquement l’abandon de Jésus par Dieu, mais aussi comme l’expression de la solitude de la condition humaine du Fils.
Ce que porte sur la Croix le Fils, c’est le poids terrible de notre solitude humaine.
Le cri du Christ sur la Croix (reprenant le psaume 22, en Marc 15, 34)
: « Pourquoi, pourquoi m’as-tu abandonné ? » peut être traduit plus littéralement encore :
« Pourquoi m’as-tu laissé dans le manque et la solitude humaine ? » Le verbe grec egkataleípō signifie
« laisser dans une condition de manque, de solitude, ou laisser au plus bas (katá) ».
Ne me laisse pas seul dans le manque et la solitude. Ne me laisse pas dans la solitude humaine.
« Où est le Dieu ? » nous demande le texte évangélique, sinon précisément là où nous avons déserté, où nous avons manqué à nous-mêmes, où nous abandonnons notre propre humanité.
« Dieu est impuissant et faible dans le monde, et ainsi seulement il est avec nous et nous aide », écrivait aussi le pasteur Dietrich Bonhœffer, le 16 juillet 1944 (à la veille de son arrestation par la Gestapo et sa pendaison le 9 avril 1945).
Il écrit encore quelques jours plus tard : « Ce n’est pas l’acte religieux qui fait le chrétien mais sa participation à la souffrance de Dieu dans la vie du monde »
Saint Paul nous incite à prier sans cesse et à ne nous inquiéter de rien
Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse, exprimez votre reconnaissance en toute circonstance, car c'est la volonté de Dieu pour vous en Jésus-Christ. (1ère lettre aux Thessaloniciens 5:16-18)
Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, dans une attitude de reconnaissance. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre, gardera votre cœur et vos pensées en Jésus-Christ. (Lettre aux Philippiens 4:6-7)
Comment prier ?
Voici l’assurance que nous avons auprès de Dieu : si nous faisons une demande selon sa volonté, il nous écoute.
Et puisque nous savons qu’il nous écoute en toutes nos demandes, nous savons aussi que nous obtenons ce que nous lui avons demandé. (Première lettre de Saint Jean, 5 :14-15)
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.
(Evangile de Matthieu 6 : 5-8)
De même l'Esprit aussi nous vient en aide dans notre faiblesse.
En effet, nous ne savons pas ce qu'il convient de demander
dans nos prières, mais l'Esprit lui-même intercède pour nous par des soupirs que les mots ne peuvent exprimer.
(Saint Paul aux Romains 8 : 26)
Quelle attitude avoir dans nos prières ?
Il nous faut avoir une attitude d’humilité, celle du Publicain dans la parabole du pharisien et du publicain au Temple :
À l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes
– ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.”
Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”
Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
Que demander dans la prière ?
(dans l’évangile de Matthieu (6 : 9-15) et la traduction de la TOB)
C’est la prière que nous a enseignée Jésus lui-même
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux, Fais connaître à tous qui tu es, fais venir ton Règne, fais se réaliser ta volonté sur la terre à l’image du ciel.
Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin,
pardonne-nous nos torts envers toi comme nous-mêmes nous avons pardonné à ceux qui avaient des torts envers nous,
et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Tentateur.
En effet, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera à vous aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes.
La demande de l’Esprit Saint dans l’évangile de Luc
Les dons du Saint-Esprit
Il y a d’abord une description que fait le prophète Isaïe du Messie à venir, parlant des dons de l’Esprit de Dieu :
« Sur [le Messie] reposera l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. » (Isaïe 11 : 2)
Les fruits du Saint-Esprit
Il y a ensuite les fruits que l’Esprit Saint engendre dans une vie et que saint Paul décrit dans sa lettre aux Galates :
« Voici ce que produit l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, humilité et maîtrise de soi » (Ga 5 : 22-23)
Dans nos prières, demandons à Dieu de nous donner
la foi et les fruits de l’Esprit