Tout dernièrement, un ecclésiastique, lors d’un exposé sur la prière, a affirmé, sur un ton assez péremptoire et quelque peu condescendant, que « 90 % des Chrétiens ne savent pas prier ».
Je vous avoue ma surprise : Qu’est-ce que « savoir prier » ?
Qui sommes-nous pour prétendre que des prières ne sont pas reçues par Dieu ? Job n’a pas hésité à faire des reproches à Dieu qui ne lui en pas tenu rigueur :
« Pourquoi m’as-tu pris pour cible ? » (Job 7,20) « Je crie vers Toi et Tu ne réponds pas ; je me présente sans que Tu me remarques. Tu es devenu cruel à mon égard, Ta main vigoureuse, sur moi s’acharne » (Job 30, 20-21)
Qui répète machinalement des prières toutes faites, sans y penser, ne prie pas ! L’humble qui lève les yeux au Ciel et dit simplement « Seigneur ! » est un priant
Le Pape François nous invite à nous interroger sur notre manière de prier : prions-nous «comme des perroquets» ou bien «avec le cœur» ?
Qu’est-ce que la prière ?
J’ai toujours beaucoup aimé ce que Thérèse de Lisieux dit de la prière :
« Pour moi, la prière, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel, qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus » (Thérèse de Lisieux, Manuscrit autobiographique, C, fol. 25 r°).
« Un élan du cœur » … Tout est dit !
Il n’est pas nécessairement besoin de mots, « un cri » suffit.
Cri d’amour, de louange, de reconnaissance, de gratitude … Cri de supplications, d’angoisse, de détresse, de douleur, de souffrance …
C’est ce que dit le Psaume 34 (33) au verset 7 :
- Dans la Traduction Œcuménique de la Bible (la TOB)
« Un malheureux a appelé : le Seigneur a entendu et l’a sauvé de toutes ses détresses »
- Meilleure encore, la Traduction de la Bible de Jérusalem
« Un pauvre a crié, le Seigneur écoute (non pas entend …) et de toutes ses angoisses, il le sauve »
Pourquoi Dieu nous demande-t-il de prier ?
Nous disons que « nous aimons Dieu », que c’est là le point central de notre foi.
Dans les trois évangile synoptiques de Matthieu (22, 37), de Marc (12, 28-31) et de Luc (10, 25-28), Jésus le rappelle avec force :
« Un docteur de la Loi, demanda à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui répondit: « Le premier, c’est : Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur ; tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. Voici le second : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là.. Et le docteur de la Loi ajouta : « Très bien, Maître, tu as dit vrai (…) cela vaut mieux que tous les holocaustes et sacrifices » (Marc12, 28-31)
MAIS, il n’y a pas d’amour partagé sans relation interpersonnelle. Il n’y a aucun sens à dire qu’on aime quelqu’un si on ne lui adresse jamais la parole ou alors c’est un amour impossible.
Un Chrétien ne peut pas dire qu’il aime Dieu
- s’il ne le prie jamais,
- s’il ne s’adresse jamais à lui, d’une manière ou d’une autre,
- s’il ne pense même pas à lui.
Quand prier ?
A cette question, Jésus répond qu’il nous faut prier constamment et ne pas se décourager
Priez sans cesse, en tout temps, en tout lieu… que votre vie entière soit prière.
Cette invitation est faite par Jésus tout au long de l’Évangile, où les disciples voyaient régulièrement Jésus se retirer pour prier son Père :
« Il était un jour quelque part en prière. Quand il eut fini, un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples » » (Luc 11, 1).
Jésus leur appris alors la prière qu’il adresse à « Notre Père », non pas « Mon Père », mais Celui, de tous les hommes et toutes les femmes, mes frères et sœurs en humanité, dans l’Univers, hier, aujourd’hui et demain.
Jésus a dit et redit « la nécessité de prier constamment et de ne pas se décourager » (Luc 18, 1) au point d’illustrer cet impératif par une comparaison plutôt osée, la parabole du juge inique qui finit par céder à force d’être importuné par une veuve :
« Elle venait lui dire : « Rends-moi justice contre mon adversaire ». Il s’y refusa longtemps. Et puis, il se dit : « Même si je ne crains pas Dieu ni ne respecte les hommes, eh bien ! parce que cette veuve m’ennuie, je vais lui rendre justice, pour qu’elle ne vienne pas sans fin me casser la tête. » Jésus ajouta : « Ecoutez bien ce que dit ce juge sans justice. Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ? Et il les fait attendre ! Je vous le déclare : il leur fera justice bien vite » (Luc 18, 3-8).
Jésus utilisera aussi une autre image, celle de l’ami importun qui vient demander de lui prêter du pain au milieu de la nuit :
« Je vous le déclare : même s’il ne se lève pas pour lui en donner parce qu’il est son ami, eh bien, parce que l’autre est sans vergogne, il se lèvera pour lui donner tout ce qu’il lui faut » (Luc 11, 8).
Ces exemples de Jésus ne sont pas des représentations de son Père. C’est une manière forte de nous faire comprendre que même si un juge inique et un voisin qui ne veut pas se faire importuner finissent par se lasser et par accorder ce qu’on leur demande pour ne plus être dérangés, à fortiori, Dieu le Père sera-t-il à l’écoute de nos prières et de nos demandes.
Que veut dire l’invitation « Prier constamment », « Prier sans cesse » ou la « prière perpétuelle » ?
Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre Paul écrit :
« Soyez joyeux dans l’espérance, patients dans la détresse, persévérants dans la prière » (Romains 12, 11).
Et aux Colossiens :
« Tenez-vous à la prière ; qu’elle vous garde sur le qui-vive dans l’action de grâce » (Colossiens 4, 2).
Ou encore aux Thessaloniciens :
« Soyez toujours dans la joie, priez sans cesse, rendez grâce en toute circonstance, car c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus » (1ère lettre aux Thessaloniciens 5, 16-17).
Qu’est-ce à dire ?
On ne peut imaginer « prier sans cesse » dans le monde d’aujourd’hui. Même le moine contemplatif ou l’ermite isolé ne pourraient prier sans s’arrêter. Il ne s’agit pas de réciter des prières les unes après les autres et cela d’autant plus que des distractions inévitables amèneraient à ne plus penser à ce qu’on dit.
La prière perpétuelle, c’est simplement rester en présence du Père, par Jésus Christ, dans l’unité du Saint Esprit.
C’est le garder à l’esprit quoi qu’on fasse.
C’est l’invoquer, le louer, lui rendre grâce dans des élans du cœur tout au long de la journée.
Lui parler, comme à un confident, ou simplement être avec Lui, à ses côtés, sans mot dire.
Au milieu de la foule, dans le bus ou le métro, sur la route, au travail ou seul dans la nature.
C’est une attitude intérieure et non des mots. Pour reprendre une analogie qui me parle, c’est l’attitude de l’homme qui a perdu sa femme et qui la sent en permanence auprès de lui.
Comment prier ?
La prière vocale ou extérieure
- Celle du Notre Père, surtout, qui nous a été enseignée par Jésus lui-même.
- Celle des Psaumes, que Jésus et ses disciples ont très souvent chantés. Les Évangile de Matthieu et de Marc relatent qu’à la fin du dernier repas et de l’institution de l’Eucharistie « Après avoir chanté les psaumes, ils sortirent pour aller au Mont des Oliviers » (Matthieu 26, 30 et Marc 14, 26).
Les Psalmistes, ces « tutoyeurs de Dieu », s’adressent à lui en exprimant tous les sentiments que peut ressentir l’homme, dans ses moments de détresse et de désespoir, comme dans la joie ou la reconnaissance.
Dans le Coran, il est dit : « ... Et parmi les prophètes, Nous avons donné à certains plus de faveurs qu'à d'autres. Et à David Nous avons donné le «Zabûr». (les Psaumes) » confirmant ainsi sa mission prophétique (Coran, Sourate17 Le Voyage nocturne, verset 55).
Les Psaumes peuvent être chantés, récités, lus ou médités. C’est une source intarissable pour ceux qui voudraient prier mais ne savent pas comment s’adresser à Dieu.
Prier un psaume, en le choisissant en fonction de l’état de son âme, c’est le vivre, s’approprier les mots du Psalmiste, les faire siens et les lancer à Dieu.
Nombreux sont ceux que rebutent les accents belliqueux de certains psaumes. Il faut y voir, pourtant, un combat permanent contre le Mal et les tentations multiples qui nous assaillent, qu’il nous faut vaincre avec l’aide de Dieu pour oublier notre orgueil, nos égoïsmes et apprendre à aimer.
- Enfin, il y a aussi les prières que nous connaissons par cœur et qui nous habitent depuis longtemps :
le « Je vous salue Marie », la prière d’un Saint que nous aimons comme celle de François d’Assises « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, Là où est la haine, que je mette l’amour »
La prière collective
La prière en couple, en famille, en communauté, dans un groupe de prière, dans une assemblée, au cours d’une eucharistie ou d’un office de moniales ou de moines.
Jésus lui-même nous l’a assuré dans l’Evangile de Matthieu (18, 19-20) :
« Je vous le déclare encore, si deux d'entre vous, sur la terre, se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Car là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux »
La prière mentale ou intérieure
Jésus termine le Sermon sur la montagne sur une invitation à la prière intérieure
« Pour toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le secret. Et ton Père qui voit dans le secret te le rendra … » (Matthieu 6, 6)
La prière peut devenir alors un abandon en Dieu, comme un enfant se laisse aller, avec confiance et amour, dans les bras de sa mère ou de son père.
Je pense à mes petits-enfants qui levaient leurs bras vers moi et se blottissaient dans les miens en cachant leur tête dans le creux de mon épaule. Ils se collaient à moi, ne bougeaient plus, ne disaient rien et se laissaient caresser tout doucement. Je sentais la chaleur de leur souffle régulier sur mon cou et je les serrais encore un peu plus contre moi tandis qu’ils souriaient. Ils s’abandonnaient totalement dans notre amour partagé.
La prière du cœur
La spiritualité orthodoxe, de la « Philocalie des Pères neptiques » aux « Récits d’un pèlerin russe », a adopté ce qu’elle appelle « La prière de Jésus » ou « prière du cœur ».
C’est une prière continuelle par la répétition incessante d’une courte invocation au nom de Jésus. Elle remonte aux Pères du désert.
Le premier à en parler est Jean Cassien de Marseille, né vers 360. Il voyage beaucoup en Orient, interrogeant les Pères du désert.
Dans la « Seconde Collation avec Abba Isaac », il rapporte les paroles de ce père du désert :
« Voici ce modèle à vous instruire, cette formule de prière que vous cherchez (…) Afin donc de vous tenir toujours dans la pensée de Dieu, vous devrez continuellement vous proposer cette formule de piété : « Mon Dieu, venez à mon aide, hâtez-vous, Seigneur, de me secourir ! » Ce n’est pas sans raison que ce court verset a été choisi particulièrement de tout le corps des Écritures (…) Dans les dégoûts, les angoisses et les tristesses, quelque pensée qui nous accable, il ne permet pas que nous désespérions de notre Salut, car il nous montre en Celui que nous invoquons quelqu’un qui voit nos combats, et n’est jamais loin de ceux qui le prient » (Jean Cassien, Les Collations, Albin Michel / Cerf, Spiritualités chrétiennes, Paris, 1992, pp. 149 et 150).
Dans la spiritualité orthodoxe, merveilleusement illustrée par « Les récits d’un pèlerin russe », la prière de Jésus est devenue : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ».
Humble invocation du Nom de Jésus, « la prière transforme l’angoisse en confiance pacifiée (…) elle est possible pour tous, on peut prier « à tous moments, en toutes circonstances et en tous lieux », la prière peut accompagner le travail intellectuel le plus absorbant » (Olivier Clément, Introduction au petit livre « Le Pèlerin russe – Trois récits inédits », Bellefontaine, Collections Points, Paris, 1979, pp. 7 et 8).
La prière continuelle répond à l’invitation pressante de Notre Seigneur :
« Jésus leur dit une parabole sur la nécessité pour eux de prier constamment et de ne pas se décourager » (Luc 18, 1).
Chaque office, dans les abbayes et monastères, commence par cette invocation :
« Seigneur, viens à mon aide. Mon Dieu, hâte-toi de me secourir » (Ps 70, 2).
En fonction de de nos préoccupations, nous pouvons remplacer les derniers mots « hâte-toi de me secourir » par d’autres, tels que « pardonne-moi », « ne me laisse pas succomber à la tentation », « délivre-moi du Mal », « apaise-moi », « aide-moi à ne pas me décourager », « donne-moi la force de continuer », « montre-moi le chemin »…
La prière brève, de quelques mots
Dans son Jésus invitation à la prière intérieure à la fin du Sermon sur la montagne, Jésus ajoute :
« Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens ; ils s’imaginent que c’est à force de paroles qu’ils se feront exaucer. Ne leur ressemblez donc pas , car votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez » (Matthieu 6, 7-8).
Dans sa lettre aux Romains, Saint Paul dit a peu de choses près, la même chose :
« De même, l’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements inexprimables » (Paul aux Romains 8, 26)
La prière de l’Eglise
L’audience générale du Pape François de ce mercredi 14 avril 2021, à la Bibliothèque du Palais Apostolique au Vatican, portait sur l’Église comme « école de prière »
Sans « l’axe central » de la prière, a dit François, l’Église devient une « enveloppe vide », coupée de « la source de la chaleur et de l’amour ». « La lampe de la foi, a-t-il ajouté, sera toujours allumée sur la terre tant qu’il y aura l’huile de la prière » . « Sans la foi, tout s’écroule; et sans la prière, la foi s’éteint »
La prière d’intercession
Nous sommes invités à prier les uns pour les autres :
« Que l’Esprit suscite votre prière sous toutes ses formes, vos requêtes en toutes circonstances ; employez vos veilles à une infatigable intercession pour tous les saints, pour moi aussi » (Saint Paul aux Éphésiens 6, 18).
« Priez pour nous (…) C’est avec instance que je vous demande de le faire, afin que je vous sois rendu plus tôt » (Saint Paul aux Hébreux 13, 18-19)
L’efficacité de la prière dépend de ce que nous demandons
Nous devons demander l’Esprit-Saint
Dans les Evangiles de Matthieu, de Luc et de Jean, Jésus dit à ses disciples :
« Eh bien moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et à qui frappe on ouvrira (…) Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (Matthieu 7, 7).
Il s’agit bien de demander à Dieu « l’Esprit Saint », le « Paraclet », le « souffle vital », le « consolateur », l’« avocat », le « défenseur » qui nous protègera contre tous les maux, nous donnera la Paix et nous guidera vers Dieu.
Il ne s’agit pas, par contre, de demander à Dieu le succès, la réussite, la gloire, la réalisation de tous nos projets qui n’entrent peut-être pas dans ceux de Dieu.
Demander d’être délivré de la tentation du mal
Au Mont des Oliviers, Jésus voit ses disciples en train de dormir et dit à Pierre :
« Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez afin de ne pas tomber au pouvoir de la tentation » (Matthieu 26, 41).
Prière qui rejoint celle du « Notre Père » : « Ne nous laisse pas entrer en tentation »
« Vous ne savez pas ce que vous demandez ! »
Combien de fois ne nous est-il pas arrivé de nous être découragés après avoir longtemps prié pour obtenir quelque chose qui nous tenait fort à cœur ? Les évangiles de Matthieu et de Marc racontent l’histoire peu reluisante de la demande des disciples Jacques et Jean, les fils de Zébédée :
« Alors, la mère des fils de Zébédée s’approcha de lui, avec ses fils, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Il lui dit : « Que veux-tu ? » - « Ordonne, lui dit-elle, que dans ton Royaume mes deux fils que voici siègent l’un à ta droite et l’autre à ta gauche. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » (Matthieu 20, 20-22).
La coupe est une allusion très claire à la passion et à la crucifixion de Jésus auxquels ni Jacques ni Jean et encore moins leur mère n’ont songé. Nombre de nos demandes visent uniquement à combler nos besoins immédiats sans correspondre à la volonté de Dieu.
A qui adresser nos prières ?
Nous prions Dieu le Père par l’intercession de Son Fils Jésus-Christ et en communion avec l’Esprit-Saint.
Mais toute prière est adressé au seul Dieu-Trinité, est une prière trinitaire.
Ainsi quand nous prions « Notre Seigneur Jésus-Christ », nous nous adressons au Seigneur, c’est-à-dire à Dieu, à Jésus de Nazareth et au Christ, le Messie « auquel Dieu a confié l’onction d’Esprit Saint » (Actes des Apôtres, discours de Pierre 10, 38).