La Rédaction Croire, le 21 décembre 2020, indique que la date exacte de la naissance de Jésus n'est pas mentionnée dans les évangiles. Les historiens la fixent quelques années avant notre ère.
Au VIe siècle, Denis le Petit, un moine historien, cherche à savoir quand exactement le temps des chrétiens a commencé. Pour lui, le début de l'ère chrétienne, c'est l'année où Jésus est né. Denis le Petit fait ses calculs et fixe ainsi l'an 1. Un nouveau calendrier est adopté. Désormais, il y a les siècles avant Jésus Christ, et les siècles après.
Aujourd'hui on pense que le moine a fait une erreur, et que Jésus a dû naître 6 ou 7 ans avant ce fameux an 1.
Quant au 25 décembre, ce n'est sûrement pas le jour exact où Jésus est né. Cette date a été choisie par des chrétiens du IVe siècle. Avant même la période chrétienne, de nombreuses fêtes populaires étaient célébrées au mois de décembre, au moment du solstice d'hiver, comme pour conjurer le froid et la nuit, et peut-être la mort de la nature.
À Rome, du 17 au 24 décembre, on fêtait ainsi les Saturnales, en l'honneur de Saturne, le dieu des semailles et de la fertilité.
En Orient, le culte de Mithra, divinité de la lumière, voulait que l'on sacrifiât, le 25 décembre, un jeune taureau, pour célébrer la naissance du dieu solaire.
Et l'on trouve des traces de fêtes similaires chez les Teutons, les Celtes et les scandinaves, dans les pays nordiques.
Le jour du solstice d'hiver en effet, si l'on entre véritablement dans l'hiver, c'est aussi le moment où les jours commencent à rallonger, le soleil renaît...
Et les hommes ont toujours voulu célébrer ce temps. Peut-être pour mieux espérer le retour du printemps, de la lumière et de la vie.
D'après l'évangile, Jésus est mort un vendredi au moment des fêtes de la pâque juive.
Selon leurs calculs, la plupart des historiens ont conclu que cela a dû arriver le vendredi 7 avril de l'an 30. Jésus avait alors environ 36 ans.
Il serait donc né 6 ou 7 ans avant notre ère.
Pourquoi Dieu est-il venu parmi nous ?
Saint Athanase d'Alexandrie a écrit « Le Traité sur l’Incarnation du Verbe », une catéchèse vigoureuse, centrée sur le mystère de l’Incarnation, fondement de la foi chrétienne.
Il est né vers 296/298 et mort le 2 mai 373, intronisé évêque d'Alexandrie le 8 juin 328, âgé de seulement trente ans, est une figure majeure du christianisme antique :
l'Église copte orthodoxe l'appelle l'« Apostolique », le « Phare de l'Orient » et la « Colonne de la foi ».
Les autres Églises orthodoxes le fêtent le 18 janvier et le comptent parmi les quatre grands docteurs de l'Église.
L'Église catholique le compte parmi ses trente-six docteurs et un des Pères de l'Église.
Voici un extrait de son Traité sur l’Incarnation :
« Le Verbe de Dieu, incorporel, incorruptible et immortel vient parmi nous. Certes, il ne se tenait pas éloigné auparavant, car il n'a vidé de sa présence aucune partie de la création, lui qui remplissait toutes choses en tout lieu, puisqu'il était avec son Père.
Mais il vient dans sa condescendance, nous manifester son amour pour notre humanité...
Il a compassion de notre race, prend pitié de notre faiblesse, s'émeut de notre déchéance et ne peut supporter la domination sur nous de la mort. Pour empêcher que sa créature ne se perde et que l’œuvre accomplie par son Père en créant les hommes ne soit inutile, il prend lui-même un corps, et ce corps n'est pas différent du nôtre.
Il ne s'est pas contenté de prendre un corps n'importe comment et de se rendre seulement visible.
C'est dans la Vierge qu'il se construit à lui-même ce corps comme temple de sa présence et qu'il se l'approprie comme instrument de sa manifestation. »
Saint Grégoire de Nazianze, dans son « Discours 45 pour la sainte Pâque, 7-9 », commente le début de l'évangile de Jean, lu le jour de Noël : « Au commencement était le Verbe... »
Né en 329 en Cappadoce et mort en 390, Saint Grégoire de Nazianze est un théologien et un Docteur de l'Église.
L'empereur Théodose Ier l’impose comme évêque de Constantinople. Il préside alors le concile de Constantinople mais démissionne alors que les débats sont loin d'être achevés.
Il retourne à Nazianze, où il écrit de nombreuses lettres et discours en faveur notamment de la thèse qui considère l'Esprit Saint comme l'une des personnes de la Trinité.
Il est fait Docteur de l'Église par le pape Pie V en 1568 et est vénéré tant par les catholiques que par les orthodoxes.
Ses reliques, transférées à Rome au VIIIème siècle pour éviter leur destruction lors de la querelle iconoclaste, ont été restituées en 2004 par le pape Jean-Paul II au patriarche Bartholomée Ier de Constantinople, comme signe de réconciliation entre catholiques et orthodoxes.
Voici ce qu’il écrit sur le Jour de Noël :
« Le Verbe même de Dieu, plus ancien que les âges, l'invisible, l'incompréhensible, l'incorporel, le principe né du principe, la lumière née de la lumière, la source de la vie et de l'immortalité, l'empreinte du divin modèle, le sceau immuable, l'image parfaite et la parole définitive du Père s'avance vers sa propre image, revêt la chair pour sauver la chair, s'adjoint une âme pensante à cause de son âme afin de purifier le semblable par le semblable, et assume tout ce qui est humain, hormis le péché. […]
Celui qui est devient. L'incréé se laisse créer. Celui que rien ne peut contenir est contenu au sein d'une âme pensante qui tient le milieu entre la divinité et l'épaisseur de la chair. Celui qui donne la richesse se fait mendiant, il mendie ma chair pour m'enrichir de sa divinité.
Celui qui est plénitude se vide ; il se vide un moment de sa gloire pour que je prenne part à sa plénitude. »
Saint Augustin (354 -430), évêque d’Hippone et docteur de l’Église, a rédigé de nombreux sermons. La grâce et la joie sont partout dans son œuvre. Elles sont très présentes dans cet extrait de son « Sermon 185 pour le Jour de Noël ».
« Homme, éveille-toi : pour toi, Dieu s’est fait homme.
Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera.
Pour toi, je le répète, Dieu s'est fait homme.
Tu serais mort pour l'éternité, s'il n'était né dans le temps.
Tu n'aurais jamais été libéré de la chair du péché, s'il n'avait pris la ressemblance du péché.
Tu serais victime d'une misère sans fin, s'il ne t'avait fait cette miséricorde.
Tu n'aurais pas retrouvé la vie, s'il n'avait pas rejoint ta mort.
Tu aurais succombé, s'il n'était allé à ton secours.
Tu aurais péri, s'il n'était pas venu.
Célébrons dans la joie l'événement de notre salut et de notre rédemption.
Célébrons le jour de fête où, venant du grand jour de l'éternité,
un grand jour éternel s'introduit dans notre jour temporel et si bref.
C'est lui qui s'est fait notre justice, notre sanctification, notre rédemption. […] »
Comment Jésus-Christ est-il né ?
L’évangéliste Luc raconte au chapitre 2, versets 6 à 18 sa naissance :
06 Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.
07 Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
08 Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
09 L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.
10 Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :
11 Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.
12 Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
13 Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
14 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
15 Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. »
16 Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
17 Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
18 Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.
Quant à l’évangéliste Matthieu, au chapitre 2, versets 08 à 12 :
08 puis (le Roi Hérode) (alerté par des mages venus d’Orient qui cherchaient le Roi des Juifs qui venaient de naître) les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
09 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
10 Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
11 Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
12 Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Les évangélistes Marc et Jean ne parlent pas de la naissance de Jésus.
Aucun évangile ne mentionne l'âne et le bœuf auprès de Jésus lors de sa naissance.
Aussi, c’est Saint François d’Assises qui a choisi d'intégrer un âne et un bœuf dans la grotte de Greccio lors de la nuit de Noël.
Dans sa lettre, publiée le 1er décembre 2019, consacrée à la signification et à la valeur de la crèche de Noël, le pape François, qui était alors en pèlerinage à Greccio, au Sanctuaire de la Crèche, décrit ainsi la naissance de la tradition de la « Crèche de Noël » s’inspirant de la VITA PRIMA ou PREMIERE VIE DE SAINT FRANCOIS D’ASSISE, écrite par Thomas de Celano, ouvrage traitant des premières années du saint, commandé par le pape Grégoire IX en 1228 alors que se déroulait la canonisation de François.
Mais venons-en à l’origine de la crèche telle que nous la comprenons.
Retrouvons-nous en pensée à Greccio, dans la vallée de Rieti, où saint François s’arrêta, revenant probablement de Rome, le 29 novembre 1223, lorsqu’il avait reçu du Pape Honorius III la confirmation de sa Règle.
Après son voyage en Terre Sainte, ces grottes lui rappelaient d’une manière particulière le paysage de Bethléem. Et il est possible que le Poverello ait été influencé à Rome, par les mosaïques de la Basilique de Sainte Marie Majeure, représentant la naissance de Jésus, juste à côté de l’endroit où étaient conservés, selon une tradition ancienne, les fragments de la mangeoire.
Les Sources franciscaines racontent en détail ce qui s’est passé à Greccio.
Quinze jours avant Noël, François appela un homme du lieu, nommé Jean, et le supplia de l’aider à réaliser un vœu : « Je voudrais représenter l’Enfant né à Bethléem, et voir avec les yeux du corps, les souffrances dans lesquelles il s’est trouvé par manque du nécessaire pour un nouveau-né, lorsqu’il était couché dans un berceau sur la paille entre le bœuf et l’âne ».
Dès qu’il l’eut écouté, l’ami fidèle alla immédiatement préparer, à l’endroit indiqué, tout le nécessaire selon la volonté du Saint.
Le 25 décembre, de nombreux frères de divers endroits vinrent à Greccio accompagnés d’hommes et de femmes provenant des fermes de la région, apportant fleurs et torches pour illuminer cette sainte nuit.
Quand François arriva, il trouva la mangeoire avec la paille, le bœuf et l’âne. Les gens qui étaient accourus manifestèrent une joie indicible jamais éprouvée auparavant devant la scène de Noël.
Puis le prêtre, sur la mangeoire, célébra solennellement l’Eucharistie, montrant le lien entre l’Incarnation du Fils de Dieu et l’Eucharistie.
À cette occasion, à Greccio, il n’y a pas eu de santons : la crèche a été réalisée et vécue par les personnes présentes.
C’est ainsi qu’est née notre tradition : tous autour de la grotte et pleins de joie, sans aucune distance entre l’événement qui se déroule et ceux qui participent au mystère.
Le premier biographe de saint François, Thomas de Celano, rappelle que s’ajouta, cette nuit-là, le don d’une vision merveilleuse à la scène touchante et simple :
une des personnes présentes vit, couché dans la mangeoire, l’Enfant Jésus lui-même.
De cette crèche de Noël 1223, « chacun s’en retourna chez lui plein d’une joie ineffable.
Saint François, par la simplicité de ce signe, a réalisé une grande œuvre d’évangélisation. Son enseignement a pénétré le cœur des chrétiens et reste jusqu’à nos jours une manière authentique de proposer de nouveau la beauté de notre foi avec simplicité.
(…) En regardant la scène de la crèche, nous sommes appelés à réfléchir sur la responsabilité de tout chrétien à être évangélisateur.
Chacun de nous devient porteur de la Bonne Nouvelle pour ceux qu’il rencontre, témoignant, par des actions concrètes de miséricorde, de la joie d’avoir rencontré Jésus et son amour.
Les Mages nous enseignent qu’on peut partir de très loin pour rejoindre le Christ. Ce sont des hommes riches, des étrangers sages, assoiffés d’infinis, qui entreprennent un long et dangereux voyage qui les a conduits jusqu’à Bethléem (cf. Mt 2, 1-12).
Une grande joie les envahit devant l’Enfant Roi. Ils ne se laissent pas scandaliser par la pauvreté de l’environnement ; ils n’hésitent pas à se mettre à genoux et à l’adorer.
Devant lui, ils comprennent que, tout comme Dieu règle avec une souveraine sagesse le mouvement des astres, ainsi guide-t-il le cours de l’histoire, abaissant les puissants et élevant les humbles.
Et certainement que, de retour dans leur pays, ils auront partagé cette rencontre surprenante avec le Messie, inaugurant le voyage de l’Évangile parmi les nations.»
Le grand théologien jésuite, récemment disparu, le Père Joseph Moingt, interrogé par le Journal La Croix le 6 octobre 2011, écrit :
Les récits de la nativité nous renseignent ainsi sur la volonté de Dieu de faire de l'enfant à naître son propre Fils, et de le donner au monde.
Le Fils de Dieu, un bébé dans une crèche ?
Un bébé faible, sans volonté propre, et qui ne parle pas… C'est très parlant pour nous dire comment Dieu vient à l'humanité. Pas en conquérant ni en dominateur, mais par un don qu'il nous fait.
La pauvreté de cette naissance est consonante avec la Passion de Jésus.
C'est la révélation d'un Dieu d'humilité, qui ne vient pas forcer l'homme à le reconnaître dans la crainte.
Cette image de naissance nous dit aussi que l'Évangile est révélation et œuvre de vie, du commencement à la fin : Dieu vient régénérer l'humanité, pour en tirer, comme dit saint Paul, « une création nouvelle ».
Noël, c’est donc l’avènement d’une « création nouvelle » qu’inaugure la naissance de ce tout petit enfant, déposé dans une simple mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour lui dans l’auberge