est une hymne liturgique chrétienne, chantée au cours de la célébration de la messe catholique.
Appelé également hymne angélique, elle reprend les paroles des anges annonçant la naissance du Sauveur à Bethléem.
Ce chant de louange célèbre la Sainte Trinité en évoquant le Seigneur Dieu, le Fils unique et le Saint-Esprit.
La prière en latin est issue de la version initiale en grec.
Texte du Gloria en latin
« Gloria in excelsis Deo
Et in terra pax hominibus bonae voluntatis
Laudamus Te
Benedicimus Te
Adoramus Te
Gorificamus Te
Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam
Domine Deus Rex caelestis,
Deus Pater omnipotens
Domine Fili unigenite Jesu Christe
Domine Deus Agnus Dei Filius Patris
Qui tollis peccata mundi
miserere nobis
Qui tollis peccata mundi
suscipe deprecationem nostram
Qui sedes ad dexteram Patris
miserere nobis
Quoniam Tu solus Sanctus
Tu solus Dominus
Tu solus altissimus Jesu Christe
cum Sancto Spiritu in gloria Dei Patris
Amen. »
Texte du Gloria en français
« Gloire à Dieu dans le Ciel
et paix sur la terre aux hommes qui l'aiment
Nous te louons
Nous te bénissons
Nous t'adorons
Nous te glorifions
Nous te rendons grâce pour ton immense gloire
Seigneur Dieu, roi du Ciel, père tout puissant
Seigneur, Fils unique Jésus-Christ
Seigneur Dieu, agneau de Dieu, Fils du Père
Toi qui enlèves le péché du monde
Prends pitié de nous
Toi qui enlèves le péché du monde
Reçois notre prière
Toi qui es assis à la droite du Père
Prends pitié de nous
Car toi seul es saint, toi seul es Seigneur
Toi seul es le très haut Jésus-Christ
avec le Saint Esprit
dans la gloire de Dieu le Père
Amen »
Le Gloria a fait l'objet de nombreuses compositions dont les plus célèbres sont :
• Claudio Monteverdi (1567 - † 1643)
• Marc-Antoine Charpentier (1643 - † 1704)
• Antonio Vivaldi (1678 - † 1741) : 3 versions d'hymne Gloria
• Georg Friedrich Haendel (1685 - † 1759)
• Felix Mendelssohn (1809 - † 1847)
• Francis Poulenc (1899 - † 1963)
Antonio Vivaldi a composé au moins trois Gloria, dont seulement deux nous sont parvenus (RV 588 et RV 589). Ils ont été écrits au début des années 1700.
Le Gloria RV 589 est son œuvre de musique sacrée la plus célèbre.
La prière du « Gloire au Père » ou « Gloria Patri »
Bien que plus courte, le Gloire au Père (Gloria Patri en latin) est une importante prière de la tradition chrétienne qui marque la doxologie.
Le terme doxologie vient du grec ancien doxa (δόξα, « gloire ; opinion ») et logos (λόγος, « parole ; discours »). Il signifie : « parole de gloire ».
On peut retrouver la doxologie dans de nombreuses oraisons, notamment les neuvaines, et surtout dans la Liturgie des Heures qui est une prière quotidienne chrétienne, répartie en plusieurs moments de la journée, appelés offices et heures canoniales.
Il y a de 3 à 8 offices par jour selon les ordres monastiques (3 à 7 pour les laïcs).
C’est aussi la conclusion des psaumes ainsi que de la dernière strophe des hymnes.
La prière du Gloire au Père en latin
« Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.
Sicut erat in principio,
et nunc et semper,
et in saecula saeculorum.
Amen. »
Texte en français de la prière du Gloire au Père
“Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement,
maintenant et toujours,
dans les siècles des siècles.
Amen.”
Variante du Gloire au Père
“Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était, et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen.”
Dans le « Dictionnaire Biblique Westphal »
La Gloire se traduit en hébreu kdbod et en grec doxà). C’est un terme fréquemment employé, dans des sens assez différents.
Le terme hébreu dérive d’une racine qui exprime l’idée de pesanteur ; ce rapprochement entre le poids et la gloire a été fait par l’apôtre Paul (2 Corinthiens 4.17, un poids éternel de gloire). De là découle un premier sens : ce qui recouvre, d’où l’ornement, la parure. Exemples :
- Matthieu 6.29, Salomon dans toute sa gloire, c’est-à-dire revêtu de ses ornements royaux ;
- Ésaïe 35.2, la gloire du Liban, les forêts de cèdres qui couvrent ses pentes ;
- Psaumes 49.17, la gloire d’une maison ;
- Matthieu 4.8 ; Apocalypse 21.26, la gloire des royaumes, des nations, leurs richesses.
- 1 Corinthiens 11.15 La chevelure est la gloire de la femme ;
- Proverbes 20.29 la force est la gloire des jeunes gens ;
- Proverbes 17.8 les pères sont la gloire des enfants ;
- Jérémie 2.11 Jéhovah est la gloire d’Israël.
De l’idée de richesse et de parure, de ce qui donne de l’éclat, nous en arrivons à l’éclat lui-même.
La gloire de Dieu est considérée tout d’abord comme le rayonnement qui se dégage de sa personne, rayonnement qui éblouit, aveugle et inspire à tous crainte, respect, admiration et adoration.
Exode 24.17, sa gloire semblait un feu dévorant ; c’est cet éclat qui empêchera Moïse de contempler la face de Jéhovah car nul ne peut la contempler et vivre
Que dit la Bible de la gloire de Dieu ?
Sur le Site de « Croire », à la date du 27 août 2016, Marie Malzac, journaliste à « La Croix » écrit que
« Difficile à cerner, la notion de « gloire de Dieu » est au croisement de différents domaines de la théologie et doit constituer le but de toute action »
Dans l’Ancien Testament,
l’expression désigne Dieu lui-même, dans sa majesté, sa puissance et sa sainteté, qui se manifeste par des exploits ou des apparitions.
Selon le Dictionnaire de spiritualité, d’un point de vue sémantique, le mot hébreu « kavod » – qui signifie littéralement « gloire » – renvoie à la réalité objective d’un poids, d’une présence, tandis que la traduction grecque, « doxa », désigne plutôt une appréciation dans la conception de l’autre, de l’ordre de la renommée et de l’honneur.
Néanmoins, selon le pasteur Marc Pernot, de l’Oratoire du Louvre, à Paris, cette notion est un « faux ami ». « Dans notre imaginaire, quand on pense au mot gloire, on imagine un champion, le vainqueur d’une médaille », relève-t-il. Mais Dieu « ne nous écrase pas de son aura, il n’est pas placé sur un piédestal hors de portée ». « Pour un chrétien, la gloire de Dieu n’a rien à voir avec les paillettes », appuie Mgr Thierry Scherrer, évêque de Laval et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le sujet (1).
La création est expression de cette gloire, manifeste dans les phénomènes naturels impétueux, comme les ouragans et le feu, particulièrement présents dans les psaumes.
Certains épisodes bibliques mettent aussi en scène la gloire de Dieu.
C’est le cas lorsque le Seigneur-Dieu descend dans le feu sur le Mont Sinaï pour donner les tables de la Loi à Moïse (Exode 34).
Dans le livre d’Ézéchiel, la gloire de Dieu quitte le Temple de façon spectaculaire (Ézéchiel 10).
La louange, à laquelle les croyants sont invités dans toute la Bible, est une glorification de Dieu qui introduit à la communion avec le divin.
Dans le Nouveau Testament, la gloire de Dieu s’incarne en Jésus-Christ.
Elle sera manifestée dans sa plénitude au moment de la parousie, de son retour glorieux sur terre.
« Et la Parole a été faite chair, elle a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire », lit-on au tout début de l’Évangile selon saint Jean.
La venue du Christ et la rédemption de l’humanité, qui en découle, est le deuxième volet de cette gloire de Dieu, après la création, émanation de l’amour de Dieu.
Comment se manifeste la gloire de Dieu dans l’homme ?
Saint Irénée de Lyon (120-202), dont l’œuvre est traversée par cette notion, l’assure : « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant », l’homme auquel (Dieu) a donné la vie, et la vie éternelle par la résurrection de son fils.
(L’homme) est le « réceptacle de l’opération de Dieu et de toute sa sagesse et de toute sa puissance ».
« Voilà qui définit profondément ce qu’est la gloire de Dieu et la gloire de l’homme : un échange, une communication ; un jaillissement du côté de Dieu qui est Amour diffusif de soi, une dilatation du côté de l’homme, lui qui a besoin de Dieu », affirme Mgr Scherrer, qui a rédigé sa thèse sur la gloire de Dieu dans l’œuvre de (Saint Irénée de Lyon).
De la même façon, Grégoire de Nysse (335-395) écrit : « Ce qui glorifie Dieu, c’est de faire des participants de sa gloire. »
« La gloire de Dieu n’est pas statique, mais bien dynamique », avance quant à lui le pasteur Marc Pernot.
« Dans le cantique entonné par Myriam, la sœur de Moïse, après que le peuple d’Israël a traversé à pied sec la mer Rouge, la description des exploits du Seigneur est la preuve de la force de sa gloire », détaille-t-il.
Ainsi, elle est « puissance agissante de Dieu, capable de mettre en route, transformatrice ». « La gloire de Dieu est son pouvoir de renouvellement, de purification de la nature pécheresse de l’homme », résume le pasteur.
C’est bien la raison de la nécessité de lui « rendre gloire, c’est-à-dire (de) recevoir sa force agissante ».
L’homme, dit la Bible, est fait pour rendre gloire à Dieu. Concrètement, cela signifie, toujours selon Marc Pernot, « accepter de se laisser transformer par lui ».
Pourquoi rendre gloire à Dieu ?
Rendre gloire à Dieu, explique encore Mgr Scherrer, c’est « s’offrir à son amour, corps, âme et esprit ».
Pour les chrétiens, fortement enracinés dans une « anthropologie biblique », ces trois aspects sont intimement imbriqués.
Dans le sillage de ce que dit saint Paul dans sa Première Épître aux Corinthiens, « glorifiez Dieu par votre corps », il s’agit de manifester cette attitude par une « cohérence de vie », indique encore l’évêque de Laval.
Dans un ouvrage consacré au sujet, Mgr Scherrer rappelle à quel point la gloire de Dieu est liée à l’amour et à la Trinité.
« Cette notion réunit toutes les grandes questions de la théologie chrétienne : la trinité, la christologie, les sacrements et la liturgie, qui sont justement les lieux de l’expression de la gloire de Dieu », précise-t-il.
En ce sens, explique Mgr Scherrer, la Croix, au centre du mystère pascal, est liée à la gloire, car c’est dans « la fragilité et la souffrance extrêmes que Dieu rachète son peuple, par son amour qui se donne jusqu’au bout : c’est la Croix glorieuse ».
Que signifie agir « pour la plus grande gloire de Dieu » ?
Pour un chrétien, la gloire de Dieu peut constituer le but de toute action.
« Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ! »
Ce passage de l’Évangile selon saint Jean nous révèle un écueil que les chrétiens sont appelés à éviter, celui de la vaine gloire, de la « mondanité spirituelle » pour reprendre une formule chère au pape François.
Une action dirigée pour sa gloire propre devient stérile, car non animée par la force créatrice et transformatrice divine.
De nombreuses congrégations et communautés ont fait de cet appel leur principe premier.
C’est notamment le cas des jésuites.
Saint Ignace de Loyola (1491-1556) fonda la Compagnie de Jésus avec pour objectif « la plus grande gloire de Dieu et le service du prochain », plutôt que la recherche des honneurs du monde, qui animait sa vie de chevalier, avant de se consacrer à Dieu.
« Ad maiorem Dei gloriam » ou AMDG (« Pour une plus grande gloire de Dieu ») est ainsi la devise des membres de la Compagnie de Jésus autrement dit les Jésuites.
La charité envers les pauvres, le soin aux malades et tous types de service ou de mission se vivent ainsi dans l’optique de voir un jour tous ces frères participer à la gloire de Dieu, dans son Royaume.
L’Abbé Marcel Villers dans son homélie à Theux le 28 mai 2017
« Rendre gloire à Dieu, c’est le reconnaître pour ce qu’il est en vérité.
Cette reconnaissance de la vérité de Dieu, c’est la croix de Jésus.
Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie.
La croix de Jésus dit qui est Dieu pour le chrétien.
Entendons bien. C’est la croix en tant que sommet et accomplissement de la vie de Jésus, la croix conséquence logique de sa résistance à toutes les défigurations du visage de Dieu.
J’ai fait connaître ton Nom aux hommes.
Tout au long de son existence, Jésus a manifesté, par ses actes et ses paroles, l’identité de Dieu, son vrai nom. C’est ce qu’il signifiait quand il fréquentait malades ou étrangers, pécheurs et païens, tous aimés d’un Dieu Père.
C’est ce qu’il proclamait quand il chantait le bonheur des pauvres, des artisans de paix, des persécutés.
C’est ainsi, par ses actes et ses paroles qu’il révélait le vrai nom de Dieu : un Père, source de tout amour et de toute vie.
C’est pourquoi Jésus pouvait dire, à l’heure de mourir : Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée.
Être chrétien, c’est croire que la vie est éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »