Nous allons fêter Noël
Noël est la fête chrétienne qui célèbre la Nativité, c'est-à-dire la naissance de Jésus de Nazareth.
Mais à quelle date Jésus est-il vraiment né ?
Avec l’aide de Wikipédia et du Site « Croire », on peut tenter une réponse :
Au VIe siècle, Denis le Petit, un moine historien, cherche à savoir quand exactement le temps des chrétiens a commencé.
Pour lui, le début de l'ère chrétienne, c'est l'année où Jésus est né.
Denis le Petit fait ses calculs et fixe ainsi l'an 1.
Un nouveau calendrier est adopté. Désormais, il y a les siècles avant Jésus Christ, et les siècles après.
Aujourd'hui, on pense que le moine a fait une erreur de calcul, et que Jésus a dû naître 6 ou 7 ans avant ce fameux an 1.
Pour les premiers chrétiens, la fête de Noël n’existait pas : seule comptait Pâques, fête de la Résurrection…
Quant au 25 décembre, ce n'est sûrement pas le jour exact où Jésus est né.
Cette date a été choisie par des chrétiens du IVe siècle.
C’est vers 330 que Noël a commencé à être fêté à Rome le 25 décembre … Une date qui correspond à une fête païenne, la fête de « Sol invictus », le Soleil invincible, fêté au moment où les jours commençaient à rallonger et au cours de laquelle on allumait de grands feux
Avant même la période chrétienne, de nombreuses fêtes populaires étaient célébrées au mois de décembre, au moment du solstice d'hiver, comme pour conjurer le froid et la nuit, et peut-être la mort de la nature.
À Rome, du 17 au 24 décembre, on fêtait ainsi les Saturnales, en l'honneur de Saturne, le dieu des semailles et de la fertilité.
En Orient, le culte de Mithra, divinité de la lumière, voulait que l'on sacrifiât, le 25 décembre, un jeune taureau, pour célébrer la naissance du dieu solaire.
Et l'on trouve des traces de fêtes similaires chez les Teutons, les Celtes et les scandinaves, dans les pays nordiques.
La fête de Noël vient peu de temps après le solstice d'hiver auquel elle est associée.
Le jour du solstice d'hiver en effet, si l'on entre véritablement dans l'hiver, c'est aussi le moment où les jours commencent à rallonger, le soleil renaît... Et les hommes ont toujours voulu célébrer ce temps. Peut-être pour mieux espérer le retour du printemps, de la lumière et de la vie.
D'après les évangiles, Jésus serait mort un vendredi au moment des fêtes de la pâque juive.
Selon leurs calculs, la plupart des historiens ont conclu que cela a dû arriver le vendredi 7 avril de l'an 30. Jésus avait alors environ 36 ans.
La déchristianisation faisant, la fête de Noël est aujourd'hui coupée de son fondement religieux dans de nombreux pays occidentaux, mais elle y subsiste comme fête traditionnelle.
Instituée le 25 décembre au IVe siècle et diffusée par la christianisation progressive de l'Europe et du bassin méditerranéen, cette fête de la Nativité prend peu à peu la place de différentes fêtes liées au solstice d'hiver (fête germanique de Yule, fête de Mithra, Saturnales romaines, etc.).
Le Christ étant présenté comme le « soleil de justice » d'une nouvelle ère, sa naissance ouvre l'année liturgique chrétienne lors d'une messe de minuit ritualisée. Le récit évangélique de la naissance de Jésus servira de base pendant des siècles à une grande richesse artistique (peinture, sculpture, musique, littérature) que renforce la diffusion populaire de la crèche au XIIIe siècle, mais les ferments d'autres traditions liées au solstice ne disparaissent pas totalement.
C'est ainsi que le sapin germano-nordique, signe d'une nature vivante malgré l'hiver, est honoré à partir du XVIe siècle et gagne même les églises. Le sapin de Noël s'imposera comme symbole de la période des fêtes de fin d'année parallèlement à la déchristianisation de l'Europe à l'époque moderne.
La tradition du père Noël qui se mondialise au XXe siècle complétera cette évolution qui a ajouté une dimension profane à la fête chrétienne, plus orientée vers les enfants, les familles et des cadeaux.
Aujourd'hui, la fête de Noël s'est fortement sécularisée et n'est plus nécessairement célébrée comme une fête religieuse.
Le jour de Noël (le 25 décembre) est férié dans de nombreux pays, ce qui permet le regroupement familial autour d'un repas festif et l'échange de cadeaux.
Le second jour de Noël (le 26 décembre) est également un jour férié dans plusieurs pays du nord de l'Europe (Pologne, Royaume-Uni, Pays-Bas, pays scandinaves) ainsi qu'en France, dans les trois départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle.
Cela permet également la participation aux messes de Noël pour ceux qui célèbrent la fête sous sa forme religieuse.
Après Pâques, Noël est en effet la deuxième fête la plus importante du calendrier liturgique chrétien (la Nativité du Seigneur est une des Douze Grandes Fêtes).
Noël est une des trois Nativités célébrées par l'Église catholique, les deux autres étant celle de Jean le Baptiste, le 24 juin, et celle de Marie, le 8 septembre.
La période entourant Noël est appelée « temps des fêtes » au Canada francophone et « fêtes de fin d'année » (ou plus simplement « les fêtes ») en Europe quand on y inclut les célébrations du Nouvel An.
Depuis le milieu du XXe siècle, cette période perd son aspect chrétien tout en maintenant vivante la tradition de la fête.
Dans cet esprit, Noël prend une connotation folklorique, conservant le regroupement des cellules familiales autour d'un repas et l'échange de cadeaux autour du sapin traditionnel.
Hors des foyers elle donne lieu à l'illumination des rues, maisons et magasins et à l'organisation de marchés de Noël. C'est également une période très importante sur le plan commercial.
D’où vient la tradition de la « crèche » ?
Le site « Croire » du Journal La Croix nous donne une réponse :
Le mot crèche, qui vient du latin « cripia », désigne communément la mangeoire d’animaux où est né Jésus, dans une grotte aménagée en étable à Bethléem.
L’Évangile selon saint Luc est le seul à raconter les détails du lieu de naissance du Christ. « Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » (Luc 2,7).
Les Évangiles selon saint Marc et saint Jean n’évoquent pas cette partie de la vie de Jésus, alors que l’Évangile selon saint Matthieu situe également sa naissance à Bethléem mais parle d’une « maison » dans laquelle entrent les Mages :
« Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère. » (Matthieu 2,11)
Toutefois le lieu de naissance de Jésus divise les historiens qui hésitent entre Nazareth, berceau familial où il passe sa jeunesse, et Bethléem, la ville du roi David.
On situe généralement au Ve siècle la première célébration de la nuit de Noël dans l’église de Sainte-Marie à Rome, avec des statues de la Vierge Marie, de Joseph, de l’âne et du bœuf.
Mais selon la Tradition, c’est saint François d’Assise qui a mis en scène au XIIIe siècle les premières crèches vivantes à Greccio, au nord-est de Rome. Les villageois jouaient ainsi Joseph et Marie, l’Enfant-Jésus, les Mages et les bergers, et de vrais animaux étaient réquisitionnés pour les rôles de l’âne et du bœuf.
En décembre 2015, le pape François avait d’ailleurs rendu hommage à cette invention avant de se rendre sur les lieux en janvier 2016 :
« Il désirait – nous disent les Sources franciscaines – ”faire mémoire de cet enfant qui est né à Bethléem”, pour pouvoir “d’une certaine manière entrevoir avec les yeux du corps les difficultés face auxquelles il s’est trouvé, en raison du manque des choses nécessaires à un nouveau-né”. »
Comment cette coutume d’une « crèche » s’est-elle répandue ?
Peu à peu, la coutume se serait répandue, sous l’influence des franciscains, et l’on aurait progressivement remplacé les personnes vivantes par des personnages en terre cuite, en porcelaine ou bien en plâtre.
Les premières crèches qui ressemblent à celles que nous connaissons aujourd’hui ne sont apparues qu’aux alentours du XVIe siècle, dans les églises.
Les jésuites seraient à l’origine des premières crèches en format réduit. Les religieux en réalisent notamment à Prague en 1562, qui figurent parmi les plus anciennes connues dans le contexte de la Contre-Réforme.
La crèche est entrée dans les foyers un peu plus tard. Cette tradition, qui s’est adaptée au fil du temps aux coutumes nationales et régionales, serait née au XVIIe siècle avant de se répandre au siècle suivant, en particulier chez les aristocrates napolitains.
En France, c’est la Révolution qui, en interdisant les crèches publiques, a participé à la propagation des crèches dans les foyers.
La tradition de représenter la scène de la Nativité est ancrée d’abord au sein du monde catholique européen. Elle s’est diffusée, outre l’Italie et la France, en Espagne, au Portugal, en Irlande, en Autriche ou encore en Pologne, où les crèches représentent à la fois les personnages de la Nativité et les grandes figures patriotiques.
La pratique a ensuite gagné beaucoup d’autres pays catholiques, notamment en Amérique du Sud.
Quel est le sens spirituel de la crèche ?
« La crèche nous rappelle que Dieu, dans sa grande miséricorde, est descendu vers nous pour rester toujours avec nous, a rappelé le pape François en décembre 2015 au moment de l’installation de la crèche de la place Saint-Pierre. Cette crèche nous dit aussi qu’Il ne s’impose jamais par la force. Pour nous sauver, Jésus n’a pas changé l’histoire en accomplissant un miracle grandiose, il est venu au contraire dans toute sa simplicité, son humilité, sa douceur. Dieu n’aime pas les pouvoirs imposants dans l’histoire mais se fait petit, enfant, pour nous attirer avec amour, toucher nos cœurs de sa bonté humble. »
La crèche, page d’Évangile concrète racontée en santons, peut s’avérer un appui dans la prière vers Noël.
« Elle est comme un oratoire familial dressé dans la maison, explique le père Éric Jacoulet, passionné de crèches et professeur de liturgie à l’Institut universitaire Saint-Luc à Aix-en-Provence. C’est le lieu privilégié où la prière s’apprend pour les enfants. Elle est le support d’une véritable catéchèse pour eux car elle est comme une petite fenêtre pour découvrir que le mystère de l’Incarnation, qui a eu lieu il y a plus de 2 000 ans, nous concerne ici et maintenant. La crèche nous fait comprendre la fragilité de ce Dieu qui vient jusqu’à nous. »
Entre tradition festive et objet de piété populaire, en France, la crèche de Noël est depuis quelques années le sujet d’un débat passionnel autour du respect de la laïcité dans les lieux publics.
« Les aspects culturel et spirituel autour de la crèche sont forcément enchevêtrés, souligne le père Éric Jacoulet. Souvent dans les familles, elles se transmettent de génération en génération. En même temps, elles permettent de remettre la fête de Noël à sa juste place. »
Aujourd’hui, dans une société largement sécularisée comme la France, la représentation de la Nativité peut aussi être un lieu d’« évangélisation » :
« La crèche peut toucher les cœurs et interroger nos contemporains, explique le père Éric Jacoulet. Elle peut les renvoyer à des souvenirs de leur catéchisme, ou en tout cas rendre concrets des mystères de la foi qui peuvent être trop conceptuels. C’est un message puissant que la venue du Prince de la paix dans un monde troublé comme le nôtre. »
Le pasteur Marc Pernot, de l'Oratoire du Louvre à Paris, interrogé, sur le Site de « CROIRE » par Sophie de Villeneuve :
Alors que nous approchons de Noël et que nous commençons à disposer les santons dans la crèche, certains se demandent si cette histoire de la naissance de Jésus est bien réelle, et si Dieu pour s'incarner avait vraiment besoin de passer par le stade "bébé"…
Le pasteur Marc Pernot : Certains se demandent aujourd'hui tout d'abord si Jésus a vraiment existé. La question ne s'est posée que tardivement, et si aux tout premiers siècles on a pu refuser de croire en lui, on ne remettait pas son existence en question.
Je crois donc qu'historiquement, Jésus a vraiment existé. Que savons-nous de lui ? Les évangiles ne sont pas des récits historiques de sa vie au sens où nous l'entendons aujourd'hui. Ce sont des prédications qui cherchent à mettre en évidence, à travers des récits, ce qui nous apporte le salut en Jésus-Christ. Certains passages sont de la théologie traduite en récits.
Les récits de la naissance de Jésus, de la visite des bergers et des mages, n'ont pas de réalité historique ?
Le pasteur Marc Pernot : La naissance de Jésus est certainement historique. Les bergers et les mages peuvent être la mise en récit d'une réalité fondamentale… Deux évangiles rapportent la naissance et l'enfance de Jésus, les deux autres ne le font pas. Je pense que cela a un sens spirituel important.
Angelus Silesius, un mystique allemand du XVIIe siècle, disait :
« Christ seraitil né mille fois à Bethléem, s'il n'est pas né en toi, tu restes mort à jamais ».
Il faut que Jésus naisse et grandisse en nous.
Vous dites que pour notre vie spirituelle, il est important que Jésus ait été enfant.
Le pasteur Marc Pernot : Oui, les évangiles de Matthieu et de Luc qui rapportent la naissance de Jésus nous invitent à faire naître le Christ en nous.
Bien sûr, cette naissance a aussi une réalité historique. Jésus est né de Marie, il a été enfant, il a grandi…
Mais cette naissance a une signification bien différente de celle d'un autre enfant… Que veut dire « faire naître le Christ en nous » ?
Le pasteur Marc Pernot : Tout au long des évangiles, Jésus appelle Dieu « mon Père ». Mais à la fin, quand il envoie Marie-Madeleine annoncer la résurrection aux apôtres, il dit : « Va vers mes frères ». Son Père est notre Père.
Nous sommes frères et sœurs du Christ, et notre existence doit prendre une dimension christique, une dimension d'enfants de Dieu. Il faut que le Christ naisse en nous.
Comment faire ? Mener une vie chrétienne ? Écouter la Parole ? Mieux comprendre les évangiles ?
Le pasteur Marc Pernot: Je crois que nous pouvons imiter Marie, qui dit Oui à la parole de l'ange et laisse Dieu travailler en elle. Nous pouvons laisser Dieu travailler en nous, avoir confiance en sa parole, nous rendre disponibles à l'appel qu'il nous adresse… afin que l'amour pour Dieu, pour nos frères et pour nousmêmes puisse prendre chair et que nous devenions frères et sœurs du Christ.
Jésus dit dans les évangiles que ses frères et ses sœurs sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent. À l'image de Marie, nous pouvons dire oui à Dieu et laisser sa Parole nous féconder pour que quelque chose de christique naisse dans nos existences.
Donc cette fête de Noël a un sens bien plus profond encore que celui que nous lui donnons habituellement ?
Le pasteur Marc Pernot : Il ne s'agit pas simplement de célébrer ce qui s'est passé il y a plus de deux mille ans.
Certes, c'est un événement qui a marqué une rupture dans l'histoire de l'humanité, mais c'est aussi un événement qui doit s'incarner dans notre propre histoire.
Et puis le récit de la naissance de Jésus a également un sens théologique, il dit que Dieu a accepté de se faire petit pour transformer l'histoire du monde et nous transformer nous-mêmes. Ce n'était pas évident à croire !
On dit que Jésus a « accompli » les Écritures, mais est-ce bien vrai ? A son époque, on attendait un nouveau David qui triompherait de l'occupant romain, un messie cosmique qui viendrait comme un super-héros vaincre les souffrance du peuple d'Israël.
Or c'est un bébé qui vient, un homme qui marche sur les routes poussiéreuses de Palestine.
Les apôtres lui demandent, avec une certaine déception : « Mais quand donc viendras-tu rétablir ton règne ? » et Jésus leur répond : « Vous recevrez une puissance et vous serez témoins ».
Tout commence petitement pour faire naître en nous une puissance qui nous transforme.
Noël est donc l’occasion pour nous, Chrétiens,
de « faire naître le Christ en nous »