Pourquoi dit-on que la Bible affirme que Jésus est Dieu ?
1) Qu’est-ce que les auteurs de l’Ancien et du Nouveau Testament affirment sur la divinité de Jésus le Christ, le Messie ?
- Les textes de l’Ancien Testament annoncent un Messie qui sera de la descendance de David, d’essence humaine mais en même temps d’essence divine.
Esaïe (7,14), annonce que « Le Seigneur vous donnera-t-il lui-même un signe : Voici que la jeune femme est enceinte et enfante un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. »
Esaïe (9,5) « Un enfant nous est né, un fils nous est donné, la souveraineté est sur ses épaules. On proclame son nom : Merveilleux - Conseiller, Dieu – fort, Père éternel, Prince de la Paix »
Jérémie (33, 15-16), en parlant du descendant de David, affirme qu’« en ce temps-là, à ce moment-même, je ferai croître pour David un rejeton légitime qui défendra le droit et la justice dans le pays (…) Voici le nom dont on le nommera : ‘Le Seigneur , c’est lui notre justice’ » Il n’y a que Dieu qui est appelé « Le Seigneur » !
Michée, en annonçant le lieu où le Messie naîtra : « Et toi, Bethléhem Ephrata, trop petite pour compter parmi les clans de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent à l’antiquité, aux jours d’autrefois »
Il n’y a que Dieu qui soit éternel !
- Et dans le Nouveau Testament
Dans les Evangiles, les apôtres affirment clairement le fait que Jésus est Dieu :
Matthieu (1, 20-23) reprend l’affirmation annoncée à Esaïe :
« L’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit ‘Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse ; ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint, et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.’ Tout cela arrivera pour que s’accomplisse ce que le Seigneur avait dit par le prophète : Voici que la vierge concevra et enfantera un fils auquel on donnera le nom d’Emmanuel, ce qui se traduit ‘Dieu avec nous’. »
Jean, dans le prologue de son évangile (1, 1-5) appelle Jésus « le Verbe ».
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement tourné vers Dieu. Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui. En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas comprise. »
Jean terminera son prologue (1, 18) en disant :
« Personne n’a jamais vu Dieu ; Dieu Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l’a dévoilé » (Dévoiler, c’est enlever le voile qui le cache)
Après la résurrection de Jésus, Jean (20, 28) rapporte les paroles d’adoration de Thomas envers Jésus :
« Jésus dit à Thomas : ‘Avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et enfonce-la dans mon côté, cesse d’être incrédule et devient un homme de foi.’ Thomas lui répondit ‘Mon Seigneur et mon Dieu’ »
Jean écrira en conclusion de sa première épître (1 Jean 5, 20) :
« Nous sommes dans le Véritable, en son Fils Jésus-Christ. Lui est le Véritable, il est Dieu et la vie éternelle ».
Avant la rédaction des évangiles, Saint Paul, dans ses lettres, avait exprimé la foi de l’Église primitive en la divinité du Christ :
- (Dans sa lettre aux Colossiens 1, 15-17) :
« Il est l’image du Dieu invisible, né avant toute créature, car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses… Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui »
- (Dans sa lettre aux Colossiens encore 1, 15-17)
« En lui habite corporellement toute la plénitude de la Divinité »
- ou encore (Dans sa lettre aux Colossiens encore 2, 9) :
« Car en lui (le Christ), habite toute la plénitude de la divinité »
- (Dans sa lettre aux Philippiens 2, 5-7)
« Bien qu’il fût de condition divine, il n’a pas retenu jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est anéanti lui-même, en prenant la condition d’esclave et devenant semblable aux hommes »
- (Dans sa lettre aux Romains 10, 9)
« Si, de ta bouche, tu confesses que Jésus est Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé »
- (Dans sa lettre aux Romains 9, 5)
« Le Christ qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. Amen ! »
- (Dans sa lettre aux Philippiens 2, 6), il écrira :
« Lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu. Mais il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes »
- (Dans sa lettre à Tite 2, 13), il parle de « la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ »
Le Nouveau Testament attribue à Jésus les mêmes titres qu’à Dieu : « Il est Seigneur et Dieu ».
Pour celui qui connaît les noms de Dieu dans l’Ancienne Alliance, ce sont les mêmes noms qui sont donnés à Dieu l’Eternel et à Jésus. Celui qui « déclare que Jésus est Seigneur » l’identifie donc au Dieu de l’Ancien Testament.
Le Nouveau Testament attribue souvent à Jésus le nom de « Fils de Dieu »
Jésus s’est désigné lui-même ainsi, dans l’évangile de Jean (10, 36) : A Jérusalem, dans le Temple sous le Portique de Salomon, à la fête de la Dédicace, en hiver, s’adressant aux Juifs qui voulaient le lapider :
« Jésus reprit : ‘Je vous ai fait voir tant d’œuvres belles qui venaient du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ?’ Les Juifs lui répondirent : ‘ Ce n’est pas pour une belle œuvre que nous voulons te lapider, mais pour un blasphème, parce que toi qui es un homme tu te fais Dieu’ (…) Jésus leur répondit : « A celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dites : ‘Tu blasphèmes, parce que j’ai affirmé que je suis le Fils de Dieu’. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas ! Mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces œuvres, afin que vous connaissiez et que vous sachiez bien que le Père est en moi comme je suis dans le Père ».
Quand Jésus a déclaré : « Moi et le Père, nous ne sommes qu’un. (…) Je suis le Fils de Dieu » les gens ont compris qu’il s’identifiait à Dieu et ils ont voulu le tuer.
Si l’on compare cette expression « fils de » à la même expression ailleurs, être « fils de prophètes » signifie qu’on appartenait à l’ordre des prophètes (1 Rois 20, 35) ; ou si l’on était « fils des chantres », on était soi-même chantre (Néhémie 12, 28).
Jacques et Jean sont appelés par Jésus « Fils du tonnerre » (Marc 3, 17) à cause de leur caractère impétueux et non parce que leurs parents l’étaient. Même dans notre langue, si je suis « fils de la France », cela ne signifie pas que je suis fils d’un français mais que je suis moi-même français. Le nom « Fils d’exhortation » (Barnabas ; Actes des Apôtres 4, 36) signifie « celui qui encourage » ;
Appliqué à Jésus, être « Fils de Dieu » indique qu’il est du même ordre que Dieu. C’est une affirmation de sa divinité.
Qu’est-ce que Jésus a dit de lui-même ?
Les juifs demandent à Jésus de leur dire ouvertement s’il est le Messie, et il leur répond alors : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10, 30)
Ce « un » ne signifie pas qu’ils sont une seule et même personne mais qu’il connaît une parfaite unité de substance et d’action avec son Père.
Il affirme qu’il possédait cette divinité avant même de venir sur la terre :
« Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût »» (Jean 17,5).
En disant aux Juifs (Jean 8, 54-55) :
« C’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous affirmez qu’il est votre Dieu. Vous ne l’avez pas connu tandis que moi je le connais »
Ajoutant (Jean 8, 58)
« En vérité, en vérité, je vous le dit : avant qu’Abraham fût, Je suis » (Jean 8v58),
Il ne dit pas « j’étais » mais ‘Je suis’ ».
Il affirme ainsi être sans commencement ni fin.
Jean rappelle ces affirmations qui commencent par « Je suis » pour faire un parallèle avec la définition que l’Eternel fait de sa personne à Moïse dans le buisson ardent.
(Exode 3, 13-14) Moïse dit à Dieu: J'irai donc vers les enfants d'Israël, et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m'envoie vers vous. Mais, s'ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël: Celui qui s'appelle 'je suis' m'a envoyé vers vous.
À l’approche de sa Passion, le Christ déclare explicitement sa divinité :
« Qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14, 9)
« Je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jean 14, 10-11)
Il a été semblable à nous en tous points, hormis le péché (Esaïe 53, 9 et 11, Hébreux 4,15, 2 Corinthiens 5, 21, 1 Pierre 2, 22-24, 1 Jean 3, 5).
Après avoir vainement cherché des témoins à charge, ses ennemis, n’ont pas pu trouver une seule faute en lui.
La seule condamnation par les grands prêtres, les anciens et les scribes lorsqu’il fût amené devant le Sanhédrin a été relative à l’affirmation de sa divinité.
Le Grand Prêtre lui demanda :
« Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? »
Jésus dit : Je le suis et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant avec les nuées du ciel » (Marc 14, 61-64).
« Ils dirent tous : ‘Tu es donc le Fils de Dieu ?’ Il leur répondit : ‘Vous-même, vous dites que je le suis’ » (Luc 22, 70) (…) Et tous le condamnèrent comme méritant la mort. » (Marc 14, 61-64).
C’est donc pour avoir affirmé clairement sa divinité que Jésus a été mis à mort
C’est ce que nous proclamons dans le CREDO
A partir du 28 novembre 2021, premier dimanche de l’Avent, la nouvelle traduction française du missel est entrée en vigueur.
Texte en latin du Symbole des Apôtres
Credo in unum Deum, Patrem omnipotentem, factorem caeli et terrae, visibilium omnium et invisibilium. Et in unum Dominum Jesum Christum Filium Dei unigenitum. Et ex Patre natum ante omnia saecula. Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero. Genitum, non factum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt.
Ancienne traduction française
Je crois en un seul Dieu, Le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles ; Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait.
Nouvelle traduction
Engendré, non pas créé, consubstantiel au Père, et par lui tout a été fait.
Comme le relève le théologien Christophe Herinckx, dans CathoBel, le site officiel de l’Eglise catholique en Belgique francophone le 24 novembre 2021
« Il s’agit de la formulation théologique adéquate, fruit de longs débats qui ont abouti aux dogmes formulés par les conciles œcuméniques de Nicée I (325) et de Constantinople I (381). Ceux-ci ont tenté, justement, de formuler le plus exactement possible que le Père et le Fils sont de même substance, et donc que le Fils est « autant Dieu que Dieu » le Père. »
Au XVIe siècle, Jean Calvin, né le 10 juillet 1509 à Noyon (Picardie) et mort le 27 mai 1564 à Genève, écrivait dans « Institution de la religion chrétienne », en 1536:
« Les latins, pour interpreter le mot grec homousios, ont dit que le Fils estoit consubstantiel au Pere, signifians qu'il estoit d'une mesme substance »
Le terme « homoousios » avait déjà été utilisé avant Nicée par les gnostiques. Le premier à l'avoir utilisé est Basilidès (à la fin IIe siècle)1, qui dit le tenir de l'apôtre Matthieu.
La traduction « de même nature » n’est pas fausse : elle est incomplète.
Affirmer que le Fils est « consubstantiel » au Père, désigne une unité beaucoup plus forte que le « de même nature ».
Un père et un fils humains sont « de même nature »: ils partagent la même nature humaine, mais ils sont évidemment deux hommes bien distincts.
Le Père et le Fils, tout comme le Saint-Esprit, non seulement partagent la même essence divine, mais sont un seul et même Dieu.
Si le Père et le Fils étaient de même nature, mais non consubstantiels, les musulmans auraient raison de penser que les chrétiens sont trithéistes.
C’est pour cela également que dire que
« la Trinité est le Dieu unique en trois personnes » est une formulation inadéquate.
Je lui préfère de loin « la Trinité est le Dieu unique en trois manifestations » en reprenant l’image du soleil de Saint Ephrem le Syrien qui a vécu vers 306- 373 après Jésus-Christ :
« Prends donc comme symboles le soleil pour le Père; pour le Fils, la lumière, et pour le Saint Esprit, la chaleur. Bien qu’il soit un seul être, c’est une trinité que l’on perçoit en lui. »
Quand je reçois une vague de chaleur, que j’aperçois une éclaircie ou que je suis émerveillé par un arc en ciel, je me dis « Voilà le retour du Soleil » !
Cela me renvoi irrésistiblement au Prologue de l'évangile selon Saint Jean, ici dans la traduction de la TOB (Traduction Œcuménique de la Bible) :
« Au commencement était le Verbe,
et le Verbe était tourné vers Dieu,
et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement tourné vers Dieu.
Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui
En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes.
Et la lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l’ont point comprise ».
Puissions-nous voir la lumière des hommes dans nos ténèbres