Deutéronome 8.6 Tu observeras les commandements de l'Éternel, ton Dieu, pour marcher dans ses voies et pour le craindre.
Deutéronome 6.24 L'Éternel nous a commandé de mettre en pratique toutes ces lois, et de craindre l'Éternel, notre Dieu, afin que nous fussions toujours heureux, et qu'il nous conservât la vie, comme il le fait aujourd'hui.
Deutéronome 4.10 Je veux leur faire entendre mes paroles, afin qu'ils apprennent à me craindre tout le temps qu'ils vivront sur la terre ; et afin qu'ils les enseignent à leurs enfants. 2ème livre des Rois 17.28 Un des prêtres qui avaient été emmenés captifs de Samarie vint s'établir à Béthel, et leur enseigna comment ils devaient craindre l'Éternel.
Esaïe 8.13 C'est l'Éternel des armées que vous devez sanctifier, c'est lui que vous devez craindre et redouter.
Sophonie 3.7 Je disais : Si du moins tu voulais me craindre, avoir égard à la correction, Ta demeure ne serait pas détruite.
Psaumes 25.12 Quel est l'homme qui craint l'Éternel ? L'Éternel lui montre la voie qu'il doit choisir.
Psaumes 86.11 Dispose mon cœur à la crainte de ton nom.
Psaumes 128 .1 Heureux tout homme qui craint l'Éternel, qui marche dans ses voies.
Psaumes 128.4 C'est ainsi qu'est béni L'homme qui craint l'Éternel.
Psaumes 112.1 Heureux l'homme qui craint l'Éternel, qui trouve un grand plaisir à ses commandements.
Proverbes 1.7 La crainte de l'Éternel est le commencement de la science.
Proverbes 1.29 Parce qu'ils ont haï la science, et qu'ils n'ont pas choisi la crainte de l'Éternel.
Proverbes 2.5 Alors tu comprendras la crainte de l'Éternel, et tu trouveras la connaissance de Dieu.
Proverbes 10.27 La crainte de l'Éternel augmente les jours, mais les années des méchants sont abrégées.
Proverbes 14.27 La crainte de l'Éternel est une source de vie, pour détourner des pièges de la mort.
Proverbes 15.16 Mieux vaut peu, avec la crainte de l'Éternel, qu'un grand trésor, avec le trouble.
Proverbes 23.17 Que ton cœur n'envie point les pécheurs, mais qu'il ait toujours la crainte de l'Éternel.
Jésus a insisté, lui, sur « l’amour de Dieu »
Jésus nous a invités à aimer son Père et non pas à le craindre.
Dans sa première lettre, Saint Jean écrit (au chapitre 4, verset 18) :
« De crainte, il n’y en a pas dans l’amour ; mais le parfait amour jette dehors la crainte, car la crainte implique un châtiment ; et celui qui craint n’est pas accompli dans l’amour. Nous, nous aimons parce que lui, le premier, nous a aimés. »
Saint Paul, dans sa lettre aux Romains (au chapitre 8, verset 15) ne dit pas autre chose :
« Vous n’avez pas reçu un esprit qui vous rende esclave et vous ramène à la peur, mais un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba, Père (Papa) »
Peu avant sa mort, Thérèse de Lisieux écrivait le 25 août 1897 sur une petite carte à l’Abbé Bellière : « Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit … je l’aime … car Il n’est qu’amour et miséricorde ! » (LT 266).
Qu’est-ce que la crainte de Dieu ?
La crainte de Dieu, ce n’est pas avoir peur de Dieu, mais c’est reconnaitre son amour infini, sa miséricorde sans limite.
Craindre Dieu c’est avoir du respect et de l’amour pour Lui et pour Son Fils Jésus-Christ en communion avec l’Esprit-Saint.
Craindre Dieu c’est imiter son Fils Jésus-Christ qui nous a dit :
(Matthieu 11, 28-30) : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger. »
Craindre Dieu c’est observer ses commandements :
Lors du dernier repas, avant , avant la fête de Pâque, dans l’évangile de Jean, au chapitre 13, « sachant que son heure était venue », après avoir lavé les pieds de ses disciples, et après que Judas fut sorti, Jésus prit la parole lors d’un ultime entretien :
(Jean 13) « (21) Celui qui a mes commandements et qui les observe, celui-là m’aime ; or, celui qui m’aime sera aimé de mon Père et, à mon tour, moi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. (…) (23) Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure.
(34) Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »
Saint Augustin, dans son Commentaire de la première Epître de Saint Jean:
« Quand l’amour commence à habiter le cœur, il chasse la crainte qui lui a préparé la place. Plus en effet croît l’amour, plus la crainte décroît ; et plus l’amour devient intérieur, plus la crainte est chassée dehors. A plus grand amour, moindre crainte : à moindre amour, plus grande crainte » (LX, 4)
Saint Augustin, dans son Traité contre Adimantus, Manichéen, a également écrit :
« La crainte et l’amour, telle est en effet, dans toute sa concision, la différence qui sépare les deux Testaments : la crainte était le partage de l’homme ancien, l’amour est le privilège de l’homme nouveau ; et cependant l’un et l’autre sont l’œuvre d’un Dieu infiniment miséricordieux. »
Le Pape Jean-Paul II montra aussi qu'il y a continuité entre les deux Lois dans son discours au Vatican, du 6 février 1987, aux évêques de la région du Sud-Ouest de France en visite « ad limina » :
« Il importe que nos fidèles comprennent bien l'articulation entre la Loi et la grâce. Ce sont deux formes de secours que Dieu accorde à l'homme pour atteindre sa fin, aimer et vivre son Alliance. La Loi centrée sur le Décalogue forme la conscience de l'homme, elle l'humanise, elle l'accorde à sa fin bienheureuse et elle l'ouvre à la grâce, don de l'Esprit-Saint. La Loi de l'Esprit nous devient intérieure : par la grâce, l'homme est libéré, il peut connaître le vrai bonheur, sur le chemin paradoxal des Béatitudes ».
Le pasteur Jean-Claude Guillaume, né en 1929 et décédé en 2011
Sur le site de « Top Chrétien.com », attire notre attention sur les différentes traductions qui peuvent être données au mot « crainte de Dieu » dans la Bible :
Dans la Bible, il est souvent parlé de la crainte de Dieu comme d'une chose nécessaire, indispensable même, pour ceux qui veulent vivre pieusement. Cette expression ne laisse pas d'être choquante, car une relation fondée sur la terreur nous semble être aux antipodes de l'amour de Dieu !
Mais il faut nous souvenir que les langues hébraïque et grecque sont très riches dans leurs nuances, et que, comme dans notre langue française, le sens d'un mot dépend parfois de son contexte.
Par exemple, en français, le verbe desservir :
· Vous pouvez desservir la table, c'est-à-dire la débarrasser à la fin du repas.
· Un couloir peut desservir plusieurs chambres dans un hôtel.
· Un prêtre ou un pasteur peut desservir plusieurs paroisses.
· On peut desservir quelqu'un en disant du mal de lui, c'est-à-dire lui nuire.
Ce verbe prendra donc des sens différents selon le contexte dans lequel il est utilisé.
Aussi bien dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau, les mots utilisés en hébreu et en grec pour parler de la crainte de Dieu ont effectivement le sens de peur, crainte, terreur.
Mais leur sens ne se limite pas à cela. Ils peuvent signifier également piété, honneur, respect, révérence.
Lorsque l'on connaît la nature de la relation d'amour que Dieu veut avoir avec ses enfants, il n'est pas difficile de déduire le sens du mot crainte dans ce contexte, ce qu'ont d'ailleurs compris certains traducteurs de la Bible, comme le montre ce simple exemple tiré de la Lettre de Saint Paul aux Ephésiens (5. 21)
La Bible Segond 1910 :
Vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ
La Traduction œcuménique de la Bible (la Tob) :
Vous qui craignez le Christ, soumettez-vous les uns aux autres
La Bible de Jérusalem :
Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ.
La Bible en Français Courant :
Soumettez-vous les uns aux autres à cause du respect que vous avez pour le Christ.
La Bible du Semeur :
Et parce que vous révérez le Christ, vous vous soumettrez les uns aux autres
La Bible Parole Vivante :
Par respect pour le Christ, prenez chacun votre place dans l'ordre établi, vous soumettant les uns aux autres
La lettre de Taizé , la 4ème de l’année 2004, répond à la question : Quelle relation avec Dieu expriment les mots « craindre Dieu » ?
Des mots divers expriment notre relation à Dieu, nous pouvons croire en lui, l’aimer, le servir. Parfois on dit aussi craindre Dieu.
Cette expression est difficile à comprendre, mais comme elle n’est pas rare dans la Bible, il vaut la peine de faire l’effort d’une lecture attentive de quelques textes pour essayer de mieux en saisir le sens.
Il y a d’abord la crainte comme arrière-fond de toutes les religions. Les manifestations du divin produisent des émotions fortes, allant jusqu’à la panique et l’effroi.
La divinité fascine et effraie en même temps. Pas de rencontre avec l’inconnu et l’inattendu de Dieu sans un moment de saisissement. Il en est ainsi depuis l’apparition de Dieu au Sinaï jusqu’au matin de Pâques : les femmes venues au tombeau vide « avaient peur » (Marc 16,8).
Mais, dans la Bible, il n’est presque jamais question de l’émoi suscité par une manifestation divine sans que retentisse aussitôt la parole : « Ne craignez pas » La crainte religieuse n’est pas une valeur en soi. Elle ne doit pas durer mais laisser place à la confiance.
Dans d’autres contextes, la crainte de Dieu est une réalité durable et non pas passagère. « La crainte du Seigneur est pure, immuable à jamais. » (Psaume 19,10)
L’explication de cette crainte immuable n’est pas à chercher dans l’émotion religieuse, mais dans le langage politique de l’époque.
Les traités de protection stipulaient que les protégés craindraient et serviraient fidèlement leur protecteur. Dans l’alliance de Dieu avec Israël, les mêmes mots expriment l’engagement de fidélité envers Dieu : « Que te demande le Seigneur ton Dieu, sinon de craindre le Seigneur ton Dieu, de suivre toutes ses voies, de l’aimer, de servir le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme ? » (Deutéronome 10,12)
Craindre, aimer et servir Dieu sont ici synonymes. La crainte de Dieu n’est plus une émotion mais une attitude stable de fidélité à l’alliance.
Dans les psaumes, craindre le Seigneur, c’est « garder son alliance et se souvenir d’accomplir ses volontés. » (Psaume 103,18) « Ceux qui craignent le Seigneur » forment « la grande assemblée » des fidèles réunis au Temple pour prier et adorer (Psaume 22,26). Dans ce contexte, la crainte du Seigneur correspond à peu près à ce que nous appelons la pratique religieuse.
C’est pourquoi elle s’enseigne : « Venez, fils, écoutez-moi, la crainte du Seigneur, je vous l’enseigne. » (Psaume 34,12) « Enseigner la crainte du Seigneur », ce n’est pas du tout susciter la peur, mais c’est enseigner les prières et les commandements, initier à une vie de confiance en Dieu. « Vous qui craignez le Seigneur, ayez confiance en lui. » (Ecclésiastique 2,8)
Tenant compte de l’usage que la Bible fait du mot craindre, on peut, à bien des endroits, le traduire par adorer ou aimer, et traduire la crainte de Dieu par la fidélité.
La crainte de Dieu a-t-elle encore quelque chose à nous dire ?
La réticence actuelle à parler de la crainte de Dieu est sans doute justifiée, tant le langage de la peur a pu rendre méconnaissable le fait que Dieu est amour. Pour éviter ce danger, on se sert, partout où c’est possible, d’un autre vocabulaire. Mais il reste, dans les deux Testaments, des passages où la crainte de Dieu est le mot clef difficilement remplaçable.
Selon le prophète Isaïe, la crainte de Dieu guérit des craintes des hommes. « Oui, ainsi m’a parlé le Seigneur lorsque sa main m’a saisi et qu’il m’a appris à ne pas suivre le chemin de ce peuple. Il m’a dit : Vous n’appellerez pas complot tout ce que ce peuple appelle complot, vous ne partagerez pas ses craintes et vous n’en serez pas terrifiés. C’est le Seigneur que vous proclamerez saint, c’est lui qui sera l’objet de votre crainte et de votre terreur. » (8,11-13)
De toute évidence, Isaïe appelle au courage et à la confiance, mais cette confiance, il l’appelle crainte et terreur !
C’est une expression rhétorique, mais plus que cela. Isaïe sait que la peur est incontrôlable. Alors c’est comme s’il disait : « Vous ne pouvez pas ne pas craindre : alors craignez Dieu ! Dirigez donc vers Dieu toute cette énergie qui anime votre peur. » Cette crainte de Dieu qui absorbe les autres craintes n’est pas facile à définir, mais elle est certainement la source d’une grande liberté intérieure.
Un peu plus loin dans le livre d’Isaïe, la crainte de Dieu est un charisme du Messie : « Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. » (Isaïe 11,2)
Tout autant que la sagesse et la force, la crainte du Seigneur est un don de l’Esprit saint ! Ce même don s’appelle aussi humilité. Craindre le Seigneur, c’est reconnaître en lui la source de tout bien.
Cette transparence était au cœur de la vie de Jésus : « Je ne fais rien de moimême … mais le Père demeurant en moi fait ses œuvres. » (Jean 8,28 et 14,10)
L’apôtre Paul écrit : « Travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre salut, car c’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et l’opération même. » (Philippiens 2,12-13)
Puisque Paul affirme que le salut vient par la foi, « travailler avec crainte et tremblement à son salut » doit ici exprimer un aspect de la foi. La foi n’est pas une assurance à la légère, mais une confiance toute tremblante : confiance vive, étonnée, vigilante. Notre salut est un miracle que Dieu « opère en nous », c’est pourquoi il demande toute notre attention.
« Travailler avec crainte et tremblement » c’est prendre conscience que chaque instant est une rencontre avec Dieu, car à tout moment, Dieu est à l’œuvre en nous.
« Vous qui craignez le Seigneur, louez-le, toute la race de Jacob, glorifiez-le, redoutez-le, toute la race d’Israël. » (Psaume 22,24) Progression étonnante des verbes : « louez, glorifiez, redoutez le Seigneur » ! La crainte est ici la louange arrivée au point où elle ne sait plus que dire : louange devenue étonnement, silence et amour.