L’Humilité est la porte d’entrée du Royaume de Dieu.
C’est ce qui a sans doute fait dire à Jésus dans les évangiles de Matthieu (7, 13-14) et de Luc (13, 23)
« Entrez par la porte étroite. Large est la porte et spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et nombreux ceux qui s’y engagent ; combien étroite est la porte et resserré le chemin qui mènent à la vie, et peu nombreux ceux qui le trouvent »
Jésus, lui-même, montra l’humilité comme la mère de toutes les vertus. Dans l’évangile de Matthieu (11, 28), il déclare à ses disciples :
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. »
Une légende raconte qu’un grand Saint ermite, célèbre déjà de son vivant pour ses austérités, ses jeûnes et sa piété, interrogea un jour Jésus et lui demanda s’il y avait un homme plus grand que lui !
Jésus lui répondit, à sa grande surprise, qu’il y avait effectivement un savetier à l’entrée d’un village voisin. Piqué au vif, notre grand Saint alla le voir et l’interrogea : « Quelle est ta pratique ? » Et le savetier de lui répondre : « Je travaille, je donne 1/3 de mes gains à l’Eglise , 1/3 aux pauvres et je garde le dernier 1/3 pour me nourrir ». « C’est tout ? » « Mais, encore ! » ajouta le grand Saint, assez dépité. Le savetier lui répondit : « Ah oui ! Chaque fois que je vois quelqu’un passer devant moi, je me dit que lui sera sauvé et moi pas … » En d’autres mots, tout passant est plus grand que moi. Le grand Saint reconnut que cela le dépassait.
C’est cela, pour moi, l’humilité :
« Ne jamais se croire plus grand qu’un autre, quel qu’il soit »
« Se croire inférieur à tous »
Ce n’est pas du dénigrement de soi mais une conscience de son impuissance et de ses faiblesses. Elle est le contraire de l’orgueil.
Saint Jean Climaque, auteur de « L’échelle sainte », de là son nom, supérieur du monastère Sainte-Catherine du Sinaï, au 7ème siècle, écrit dans son chef d’œuvre considéré comme la charte du monachisme bysantin :
« Il n’est pas dit : « J’ai jeûné », « J’ai veillé », ou « J’ai couché sur la terre nue », mais : « Je me suis humilié, et aussitôt le Seigneur m’a sauvé » (28ème échelon, 14).
Saint Isaac le Syrien, contemporain de Saint Jean Climaque, né dans l’actuel Qatar, consacré évêque de Ninive en 660, abdiqua cinq mois plus tard pour se retirer comme anachorète, c’est-à-dire ermite, au Khouzistan en Iran, et ensuite, devenu aveugle, au monastère de Rabban Shabbour (Saint-Sapôr), où il dicta ses œuvres à ses disciples.
dans ses « Discours ascétiques », au « Discours 20 : La gloire de l'humilité - Quelle grande valeur a l’humilité et combien est élevé son degré » écrit :
7. Est véritablement humble celui qui a, dans le secret de son âme, de quoi s’enorgueillir, et ne s’enorgueillit pas, mais considère cela comme de la poussière. Nous n’appelons pas non plus humble, bien que la chose soit digne de louange, celui qui s’humilie en se rappelant ses fautes et ses manquements, et qui en garde mémoire jusqu’à ce que son cœur se brise et que son intellect ait fait disparaître en lui-même les pensées de l’orgueil. Car l’esprit d’orgueil garde (contre lui) sa force, et il n’a pas acquis l’humilité, mais il s’en approche au moyen de diverses considérations... L’humble parfait est celui qui n’a pas besoin de chercher des raisons et de procéder à des considérations pour être humble…Il se voit à ses propres yeux comme un pécheur, comme un homme de rien et méprisable. Il a pénétré (par la contemplation) dans le mystère de toutes les natures spirituelles, il possède une grande sagesse concernant toute la création, et cependant il se considère comme ne sachant absolument rien.
8. Mais est-il possible qu’un homme devienne tel? La nature peut-elle produire en lui ce changement? Non. Mais n’en doute pas, la force mystérieuse que l’humble a reçue le rend parfait en toute vertu. C’est la force même que reçurent les bienheureux apôtres sous forme de (langues de) feu (Act., 1,8). C’est pour cela que le Sauveur leur avait ordonné de ne pas quitter Jérusalem jusqu’à ce qu’ils aient reçu la puissance d’en haut (Act., 1,4) c’est-à-dire le Paraclet, dont le nom signifie «Esprit consolateur». C’est là ce qu’avait dit la divine Ecriture à son sujet: «les mystères sont révélés aux humbles» (Sir.,3,19). C’est cet Esprit des révélations, qui fait connaître les mystères, que les humbles ont été jugés dignes de recevoir en eux-mêmes… Que nul donc n’ose s’imaginer qu’il est parvenu à la véritable humilité parce qu’un mouvement de componction lui sera venu à un certain moment, ou parce qu’il aura versé quelques larmes, ou parce qu’il possède quelque qualité qui lui est naturelle ou qu’il a acquise en se forçant. Il prétend ainsi obtenir en peu de temps et avec peu de travail ce qui est la plénitude de tous les mystères et la citadelle de toutes les vertus et il croit que c’est là le don de l’humilité…Bienheureux celui qui l’a obtenue, car à toute heure il embrasse et étreint le sein de Jésus.
9. Mais quelqu’un demandera: «Que dois-je faire? Comment puis-je acquérir l’humilité? De quelle façon serai-je rendu digne de la recevoir? Vois, je me fais violence à moi-même, et quand je crois l’avoir acquise, je m’aperçois que des pensées qui lui sont contraires tourbillonnent dans ma pensée. Et aussitôt je tombe dans le désespoir». A celui qui interroge ainsi, on répondra: « Il suffit au disciple d’être comme son Maître et au serviteur d’être comme son Seigneur » (Mt., 10 25).
LES PÈRES DU DÉSERT – LES « ABBAS »
Dès le premier siècle, des femmes ou des hommes se sont enfoncés au désert dans le dénuement total et l’humilité. La tradition a appelé
- les premiers, qui vivaient en monastères, des cénobites,
- et les seconds vivant en solitude, les ermites.
C'est ainsi que l'on a peu à peu parlé des Pères du désert, ces moines chrétiens qui vivaient dans les déserts de Mésopotamie, d'Égypte, de Syrie ou de Palestine, entre le milieu du 3ème siècle et le 7ème siècle.
Ce sont les chantres de l’humilité.
Les médias ont annoncé, en mars 2021, qu’une
« mission franco-norvégienne a découvert lors de sa troisième campagne de fouilles en 2020 dans l'oasis d'al-Bahariya du désert occidental égyptien, 19 édifices et une église sculptés dans la pierre » indiquant « la nature monacale de la vie dans la région » et la « présence de moines dès le 5ème siècle » de notre ère.
Isolé dans le désert, dans le sud-ouest de l’Egypte, loin des villages connus d’époque romaine, le site qui a accueilli des ascètes chrétiens a été occupé du 4ème au 8ème siècle avec un pic d’activité probable autour des 5ème et 6ème siècles.
Ces Pères du désert, bien qu’isolés en ayant fui le commerce de leurs semblables dans le seul souci d’appartenir à Dieu sans partage, ont exercé une paternité toute particulière qui les fit appeler « Abba ».
De partout, des frères venaient les interroger : « Abba, dis-moi une parole… que j’accomplirai pour être sauvé »
Certaines de leurs paroles ont été rassemblées, recopiées, traduites et transmises à la postérité, prolongeant à travers les siècles le rayonnement qu’ils avaient eu de leur vivant.
Ainsi les « Paroles des Pères du désert », appelées des « apophtegmes », se sont retrouvées dans des recueils rassemblant, suivant l’expression d’Evagre au 4ème siècle : « de belles choses dites et faites par eux » selon l’exemple de Jésus qui « a fait et enseigné » (Evagre, Traité pratique, 91).
Voici quelques « Apophtegmes » des Pères du Désert :
Saint abba Antoine (Saint Antoine l’ermite, celui des « Tentations ») a dit : « Je vis tous les filets de l'ennemi déployés sur la terre, et je dis en gémissant : Qui donc passe à travers ces pièges ? Et j'entendis une voix me répondre : l'humilité. » (Paroles 16,6)
On demanda à un ancien anonyme : « Abba, comment l'âme acquiert-elle l'humilité ? » Il répondit : « En n'étant attentive qu'à ses propres fautes. » (Abba 209)
Une frère qui avait commis un péché fut chassé de l'église par le prêtre. Alors abba Bessarion se leva et sortit avec lui en disant : « Moi aussi, je suis un pécheur. » (Abba 326)
Saint Moïse l'Éthiopien, connu aussi comme Moïse le Noir ou abba Moussé dans l'Église copte orthodoxe, est un saint du 4ème – 5ème siècle. Chef de brigands converti, il dut « forcer la porte » d'une communauté monastique du désert de Scété pour y être admis.
Voici deux apophtegmes qui lui sont attribués :
« Un jour un frère commit une faute à Scété. Il y eut un conseil et on envoya chercher abba Moïse. Mais il ne voulait pas venir. Le prêtre lui envoya donc dire : " Viens, car tout le monde t'attend. " Alors, s'étant levé, il s'en alla prendre une corbeille percée, la remplit de sable et l'emporta sur son dos. Les autres, sortis à sa rencontre, lui dirent : " Qu'est-ce que ceci, Père ? " L'ancien leur dit : " Mes péchés coulent à flot derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd'hui pour juger des fautes d'autrui. " Ayant entendu cette parole, ils ne dirent rien au frère mais lui pardonnèrent. (Abba 327) »
« Une fois, on donna ce commandement à Scété : Jeûnez cette semaine. Or il se trouva que des frères vinrent d'Égypte chez abba Moïse qui leur fit cuire quelque chose. Voyant de la fumée, les voisins dirent aux moines “Voici que Moïse a violé le commandement et s'est préparé quelque chose pour lui.” Ils dirent : “Lorsqu'il viendra nous lui parlerons nous-mêmes.” Lorsque vint le samedi, les moines, sachant la remarquable façon de vivre d'abba Moïse, lui dirent devant tout le monde : “Ô abba Moïse, tu as supprimé le commandement des hommes, mais tu as gardé celui de Dieu !” » Il n’a pas craint d’être critiqué et humilié en faisant passer l’amour de ses frères avant la rigueur de la règle.
Saint abba Poémen (qui a vécu de 340 à 450) a été moine dans un monastère du désert de Scété en Egypte. Cité le plus souvent pour ses dons en tant que guide spirituel, reflété dans le nom « Poemen » (« Berger »), il était connu pour sa tolérance à la faiblesse des autres.
Quelques-uns des vieillards vont chez abba Poémen et lui disent : "A ton avis, quand nous voyons un frère dormir à l'office, faut-il le secouer pour qu'il se tienne éveillé durant la prière ? ". Il leur dit : "Moi, quand je vois le frère dormir, je lui mets la tête sur mes genoux et je le fais reposer".
Plein d’attention et de tendresse pour ses disciples, Abba Poemen est particulièrement renommé pour sa charité, l’amour de ses frères.
« Ses pensées se distinguent par leur humilité pratique, leur compréhension de la fragilité humaine et leur solide bon sens », relevait le moine américain Thomas Merton.
Saint Macaire de Scété (v. 300-391), disciple de saint Antoine le Grand, est considéré comme l’un des pères du monachisme chrétien.
Originaire de la Haute-Égypte où il semble être né au tout début du 4ème siècle, boulanger-pâtissier-confiseur de formation, il devint vers l’âge de trente ans, après la mort de ses parents, membre d’une colonie monastique qui peuplait le désert de Scété à l’ouest du delta du Nil, à mi-chemin entre Le Caire et Alexandrie.
C’est au désert de Scété, que Macaire passe l’essentiel de sa vie dans une pauvreté et une humilité extrêmes.
Nous connaissons la vie de Macaire surtout grâce aux « apophtegmes »
« Le premier de ces récits nous apprend qu’à la mort de ses parents, Macaire vend tous ses biens et s’établit dans une cabane au bord du désert.
Un jour, il est accusé à tort d’être le père d’un enfant qu’une jeune femme avait conçu. Au lieu de se défendre sous les coups et les insultes, il décide de subvenir aux besoins de la jeune mère en travaillant d’arrache-pied. Lorsqu’il apparaît, à la naissance de l’enfant, qu’elle avait calomnié Macaire, ce dernier s’enfuit au désert de Scété, redoutant par-dessus tout la gloire et les honneurs. »
Anne Heuse, philosophe belge et spécialiste de ces premiers moines chrétiens, commente
« Ce récit montre bien qui est abba Macaire, Car si chaque Père du désert a une personnalité riche et propose un chemin qui conduit vers Dieu, celui de Macaire est très spécifique : il vit dans l’humilité la plus radicale. Humilié par les hommes, il persévère dans la prière jusqu’à ce que justice soit faite. Il traverse à son tour ce que le Christ a vécu à la Passion. »
LES MÈRES DU DÉSERT – LES « AMMA »
Selon Margot H. King, qui a publié l’une des premières études sur la tradition anachorétique féminine depuis ses origines en Orient chrétien, du 4ème au 6ème siècle, les « Mères du désert » auraient été nombreuses.
« Étaient-elles des centaines, des milliers ? C’est très difficile à savoir », affirme Sœur Marie Ricard, bénédictine du monastère Notre-Dame de Compassion, à Martigné-Briand, en Anjou et directrice de « La manne des Pères », collection de textes patristiques et monastiques.
Véronique Dupont, bénédictine de l’abbaye de Vénière, en Saône-et-Loire, avait précisé dans une initiation au monachisme des premiers siècles chrétiens que « ces vierges et femmes consacrées au Christ avaient adopté différents modes et lieux de vie ». Certaines vivaient au cœur du monde, d’autres comme moniales seules dans le désert, d’autres encore dans un monastère.
L’existence plus ou moins massive de ces « Amma » (mères), en référence aux « Abba » (pères), célèbres pour leurs apophtegmes, signifie que les déserts d’Égypte des premiers siècles chrétiens n’étaient donc pas exclusivement habités par des hommes…
Le silence qui entoure ces moniales s’explique pour une raison simple : les femmes, à cette époque, n’écrivent guère, ne publient pas. Les grands témoins de la vie au désert (Cassien, Pallade, etc.) ont observé les moines, mais pas les moniales. Par pudeur, par mépris de la femme ?
Selon Margot H. King, « le rejet des Mères du désert est lié sans doute à la crainte et à l’hostilité envers les femmes qu’on trouve souvent dans les écrits des Pères de l’Église et qui se reflètent parfois dans les vies des Pères du désert ».
Ceci explique qu’une amma Sarra fut elle-même conduite à dire à ses sœurs : « De sexe, je suis une femme mais pas en esprit. »
Sœur Marie Ricard, nuance toutefois ce rejet :
« Pour nous, au XXIe siècle, il est irritant de constater que pour vanter une femme, on dise qu’elle est un homme. Mais il faut l’accepter comme le langage d’une époque où la femme était considérée comme une mineure, comme une inférieure. Ceci étant, il ne faut pas être dupe. Si on lit de près les textes, on constate que certaines femmes étaient admirées par les hommes, notamment pour leur grande capacité à faire preuve d’humilité et de persévérance. »
THÉRÈSE DE LISIEUX
Sa « petite voie », « ma petite doctrine, comme vous l’appelez … » écrit-elle à Sœur Marie du Sacré-Cœur, sa sœur aînée et sa marraine, (Manuscrit Autobiographique, 221) est très proche de la spiritualité des Pères du Désert.
Soeur Geneviève de Sainte-Thérèse (d’Avila), sœur aînée de 4 ans de Thérèse, novice sous sa conduite, avec laquelle elle vit une profonde intimité, affirme que
« pour notre sainte, cette petite voie consistait pratiquement dans l’humilité » (CSG 36) et que « dans les instructions particulières qu’elle faisait à chacune de ses novices, il fallait toujours en revenir à l’humilité » (CSG 20)
Dans la nuit de l’esprit, commencée à Pâques 1896, la dernière prière qu’elle a composée le 16 juillet 1897, écrite au crayon en usant ses dernières forces, deux mois avant sa mort le 30 septembre 1897, est une « Prière pour obtenir l’Humilité » :
« O Jésus ! Lorsque vous étiez Voyageur sur la terre vous avez dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos de vos âmes » (…) Je me souviens de ces paroles que vous avez prononcées pour m’apprendre à pratiquer l’humilité : « Je vous ai donné l’exemple afin que vous fassiez vous-mêmes ce que j’ai fait, le disciple n’est pas plus grand que le maître… Si vous comprenez ceci vous serez heureux en le pratiquant.» « Je les comprends, Seigneur, ces paroles sorties de votre cœur doux et humble, je veux les pratiquer avec le secours de votre grâce. Je veux m’abaisser humblement et soumettre ma volonté à celle de de mes sœurs, ne les contredisant en rien et sans rechercher si elles ont, oui ou non, le droit de me commander. (…) Mais, Seigneur, ma faiblesse vous est connue ; chaque matin je prends la résolution de pratiquer l’humilité et le soir je reconnais que j’ai commis encore bien des fautes d’orgueil, à cette vue je suis tentée de me décourager mais, je le sais, le découragement est aussi de l’orgueil, je veux donc, ô mon Dieu, fonder sur Vous seul mon espérance ; puisque vous pouvez tout, daignez faire naître en mon âme la vertu que je désire. Pour obtenir cette grâce de votre infinie miséricorde, je vous répéterai bien souvent « Ô Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre ! » (Thérèse de Lisieux par elle-même, Grasset/Desclée de Brouwer, 1997, p. 243)
Le 12 août 1897, Thérèse écrit un petit mot à sœur Marie de la Trinité :
« À ma chère petite Sœur, souvenir de ses 23 ans. Que votre vie soit toute d’humilité e d’amour afin que bientôt vous veniez où je vais : dans les bras de Jésus !... » (Thérèse de Lisieux par elle-même, Grasset/Desclée de Brouwer, 1997, p. 253)
« Ne jamais se croire plus grand qu’un autre quel qu’il soit » « Se croire inférieur à tous »
Voilà la parole de vie des Pères du Désert et, à leur suite, de Thérèse de Lisieux.