La résurrection de Lazare
Ce qui est appelé La résurrection de Lazare, le frère de Marthe et de Marie de Béthanie, à environ trois kilomètres à l'est de Jérusalem, est un miracle de Jésus, rapporté uniquement par l'Évangile de Jean (Jean 11,1–44).
Jésus ne ressuscite pas Lazare mais le ramène à la vie quatre jours après son enterrement.
Ramené à la vie, Lazare retrouvera une vie nouvelle dans sa famille et mourra quelques années plus tard. Ce n’est donc pas une résurrection qui le fait entrer dans l’au-delà.
Jésus a été interrogé sur la vie après la mort
Jésus a été interrogé par les Sadducéens sur la question de savoir :
« Comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quel corps reviennent-ils ? »
Les Sadducéens se distinguaient notamment des Pharisiens sur la question de la résurrection des morts. Certains Sadducéens, nous rapporte l’évangile de Marc (12, 18) sont venus interroger Jésus à ce propos :
« Maître, Moïse a écrit pour nous : « Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais sans laisser d’enfant, qu’il épouse la veuve et donne une descendance à son frère ». Il y a sept frères. Le premier a pris femme et est mort sans laisser de descendance. Le second a épousé cette femme et est mort sans laisser de descendance. Le troisième également, et les sept n’ont laissé aucune descendance. Après eux tous, la femme est morte également. À la résurrection, quand il ressusciteront , duquel d’entre eux sera-t-elle la femme ? »
Jésus leur répondit :
« Quand on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans les cieux. »
Jésus apparaît à ses disciples après sa résurrection
Jésus apparut d’abord à Marie-Madeleine (Jean 20,11-29).
11 Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.
12 Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
13 Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »
14 Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
15 Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »
16 Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.
Marie-Madeleine ne reconnaît pas Jésus et le prend même pour le jardinier.
Les disciples d’Emmaüs ne le reconnurent pas non plus (Luc 24,13-43).
13 Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,
14 et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
15 Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.
16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
(…) Après l’avoir reconnu à la fraction du pain à l’auberge d’Emmaüs,
33 À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
34 « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
35 À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
36 Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
38 Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
39 Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »
40 Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Jésus leur apparut « en chair et en os » mais dans « un corps spirituel »
Jésus est le premier et le seul à parler d’un « paradis » quand, sur la Croix, il s’adresse au Bon Larron
Dans l’évangile de Luc (23, 39-43), Il lui promet le Royaume :
39 L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
40 Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
41 Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
42 Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »
43 Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
Ces questions sont posées par Saint Paul dans sa 1ère lettre aux Corinthiens
(chapitre 15, verset 35).
35 Mais quelqu’un pourrait dire : « Comment les morts ressuscitent-ils ? avec quelle sorte de corps reviennent-ils ? »
36 – Réfléchis donc ! Ce que tu sèmes ne peut reprendre vie sans mourir d’abord ;
37 et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps de la plante qui va pousser, mais c’est une simple graine : du blé, par exemple, ou autre chose.
38 Et Dieu lui donne un corps comme il l’a voulu : à chaque semence un corps particulier.
39 Il y a plusieurs sortes de chair : autre est celle des hommes, et autre celle des bêtes, autre celle des oiseaux, et autre celle des poissons.
40 Il y a des corps célestes et des corps terrestres, mais autre est l’éclat des célestes, autre celui des terrestres ;
41 autre est l’éclat du soleil, autre l’éclat de la lune, autre l’éclat des étoiles ; et chaque étoile a même un éclat différent.
42 Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Ce qui est semé périssable ressuscite impérissable ;
43 ce qui est semé sans honneur ressuscite dans la gloire ; ce qui est semé faible ressuscite dans la puissance ;
44 ce qui est semé corps physique ressuscite corps spirituel ; car s’il existe un corps physique, il existe aussi un corps spirituel.
Saint Paul répond par la comparaison de la semence : autant de différences entre le corps de la résurrection et notre corps actuel qu'entre la plante adulte et la graine.
Dans sa Première lettre aux Thessaloniciens (chapitre 4, versets 13-17)
13 Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.
14 Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui.
15 Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci : nous les vivants, nous qui sommes encore là pour la venue du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis.
16 Au signal donné par la voix de l’archange, et par la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord.
17 Ensuite, nous les vivants, nous qui sommes encore là, nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu’eux, à la rencontre du Seigneur. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur.
Dans sa lettre aux Philippiens, au chapitre 3, versets 18-21:
18 Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ.
19 Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre.
20 Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ,
21 lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir.
Le Paradis
La notion de paradis reste essentielle en théologie, même si on préfère souvent parler du ciel.
« Vivre au ciel, c’est être avec le Christ », rappelle le Catéchisme de l’Église catholique (n° 1027) en s’appuyant sur l’évangile : « la vie éternelle c’est de connaître Jésus-Christ » (Jean 17, 3).
Dans un article « Que sait-on du Paradis » du 31 octobre 2019 sur le site « Croire », Héloïse de Neuville, à la suite de Saint Augustin, dans « La Cité céleste » (achevée en 426), distingue :
Le paradis terrestre
Le paradis céleste ou le Royaume de Dieu est à distinguer du jardin d’éden dont ont été chassés Adam et Ève dans la Genèse.
C’est la promesse de Jésus faite aux hommes justes, de demeurer dans la maison de son Père.
Le mot « paradis » désigne à l’origine d’immenses réserves végétales et animales entourées de murs, construits par les rois Perses du Ier millénaire av. J.-C.
C’est ce mot grec « paradèisos », en hébreu « gan-éden », qui a servi à désigner le paradis terrestre, jardin dont ont été chassés Adam et Ève, dans la Genèse.
Le paradis céleste
Le mot « paradèisos » a ensuite été repris pour signifier le Royaume des cieux, promis par Jésus dans le Nouveau Testament.
Puisque le même mot a été employé pour désigner aussi bien le jardin d’Eden, paradis terrestre et le Royaume céleste, les deux notions ont souvent été confondues – d’autant qu’une longue tradition biblique et artistique associe bonheur éternel et nature bucolique.
« Le paradis céleste annoncé par le Christ n’est pas du tout une transposition matérialiste du jardin d’Eden. Il faut changer de registre, affirme le père Jean Marc Bot, prêtre du diocèse de Versailles et auteur de « Vivement le Paradis ! »C’est un paradis supérieur, qui est déjà là en cours, dû au fait que Jésus ait ouvert la porte. »
Cette distinction se retrouve dans les écrits de Sainte Thérèse d’Avila :
« Entre la seule lumière de ce divin séjour où tout est lumière, et la lumière d’ici-bas, il y a déjà tant de différence, qu’on ne peut les comparer, celle du soleil ne semblant plus que laideur. », décrit-elle dans « le Livre de la vie » après une expérience mystique des réalités éternelles.
Selon la théologie chrétienne, c’est Jésus-Christ, «premier né d’entre les morts» qui a ouvert la porte du paradis en descendant aux enfers, à Pâques. Héloïse de Neuville poursuit :
Ce bonheur suprême et éternel n’emprunte rien à nos conceptions spatio-temporelles.
Il est un état de béatitude, de participation à la nature divine, de face-à-face avec Dieu, dans une éternité, qui, loin d’être statique, sera vécue comme un présent éternel.
Les analogies utilisées par Jésus sont celles d’un « banquet », d’un « festin de noces joyeux » auquel nous sommes invités à participer dès notre vie terrestre, en ayant pour horizon la paix et la justice qu’il nous a laissées.
Le propre du paradis, c’est qu’il est l’infigurable, l’indescriptible. Il est : « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment », comme l’écrit Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens.
Lors de l’audience générale du 25 octobre 2017, place Saint-Pierre, le pape François a prononcé la dernière catéchèse – « Le paradis, but de notre espérance » – de son cycle sur l’espérance chrétienne, qu’il avait entamé au début de l’année liturgique. Le Saint-Père est revenu à cette occasion sur le terme « paradis », l’une des dernières paroles de Jésus sur la croix, adressée au bon larron.
« Le paradis n’est pas un endroit féerique, et pas même un jardin enchanté. Le paradis est l’étreinte avec Dieu, Amour Infini, et c’est Jésus, qui est mort pour nous sur la croix, qui nous y introduit. Là où Jésus est, il y a miséricorde et bonheur ; sans lui, c’est le froid et les ténèbres. À l’heure de sa mort, le chrétien répète à Jésus : “Souviens-toi de moi”. Et même si plus personne ne se souvient de nous, Jésus est là, à côté de nous.
Il veut nous y conduire avec le bien, petit ou grand, que nous avons fait dans notre vie, pour que rien ne soit perdu de ce qu’il avait déjà racheté. Et dans la maison du Père, il amènera aussi tout ce qui, en nous, a encore besoin d’être racheté : nos faiblesses et les erreurs d’une vie tout entière. Voilà le but de notre existence : que tout s’accomplisse et soit transformé en amour.
Si nous croyons cela, la mort ne nous fera plus peur et nous pouvons même espérer quitter ce monde sereinement et avec confiance. Celui qui a connu Jésus ne craint plus rien.
Nous pourrons alors répéter nous aussi les paroles du vieux Syméon, lui aussi béni par sa rencontre avec le Christ, après une existence passée dans l’attente : « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; car mes yeux ont vu ton salut » (Luc 2,29-30).
Et à cet instant-là, enfin, nous n’aurons plus besoin de rien, nous ne verrons plus de manière confuse. Nous ne pleurerons plus inutilement, parce que tout sera passé ; même les prophéties, même la connaissance. Mais l’amour non, il demeure parce que « l’amour ne passe jamais » (cf. 1 Cor 13,8).
Le Symbole des Apôtres, notre Credo, affirme bien :
« Je crois (…)
à la résurrection de la chair,
à la vie éternelle. »
En conclusion, retenons ces paroles de Jésus :
« Quand on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans les cieux. »
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »
Et les paroles de Saint Paul :
Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur. Lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux