Dans mon dernier article, le « Pardon de Simon, l’enfant du XXème convoi » je vous ai parlé du témoignage de Simon Gronowski :
« J'ai perdu ma mère et ma sœur dans la chambre à gaz d'Auschwitz-Birkenau et mon père est mort désespéré, en juillet 1945.
Moi-même, j'avais 11 ans quand, le 17 mars 1943, les nazis m'ont pris, jeté dans un cachot de la cave de la Gestapo, avenue Louise à Bruxelles, puis dans une grande prison, la Caserne Dossin à Malines.
Un mois plus tard, le 19 avril 1943, ils m'ont mis dans un wagon à bestiaux du 20e Convoi vers Auschwitz. Par miracle, j'ai sauté du train et échappé à la mort. Et tout cela pourquoi ? Parce que mes parents étaient nés Juifs. »
Il m'a fallu 60 ans pour raconter le drame de mon enfance (L'enfant du 20e convoi, éd. Luc Pire, 2002, rééd. Renaissance du Livre, 2013).
Il a fallu 60 ans à Koenraad Tinel pour raconter le sien, son histoire de fils et de frère de nazis flamands. Son père adorait Jésus et Hitler. Il envoya ses deux fils aînés dans les Waffen SS, le plus grand au front de l'Est, l'autre âgé de seize ans et demi, trop jeune pour aller combattre, dans la Flämisch Wachzug (Garde flamande), auxiliaire de la Gestapo, gardien des camps de Breendonk et de Malines.
En janvier 2013, Koen me dit que son frère, connaissant mon histoire, a demandé à me voir, lui qui fut mon geôlier nazi à Malines, qui me conduisit à la pointe de son fusil dans le wagon de la mort, ainsi que ma mère et ma sœur et tant d’autres gens.
Quand je l’ai vu, il m’a supplié, se repentant, implorant mon pardon, sentant la mort venir, me disant qu’il avait besoin de mon pardon pour mourir en paix. Quand je l'ai vu, nous sommes tombés dans les bras l'un de l'autre sans mot dire, en pleurs. Je lui ai pardonné uniquement en mon nom personnel, pas au nom des autres victimes et j'ai pardonné à lui seul, pas à tous les nazis. Je l'ai fait surtout pour moi car je m’en sentais transcendé, en voie de guérison de mon statut victimaire et renforcé dans mon combat pour un monde meilleur.
Quand le coupable se repent et demande pardon, la victime non seulement peut mais doit pardonner car le refuser c'est entretenir la haine des deux côtés.
Certains critiquent mon amitié pour Koenraad et mon pardon à son frère. Ils veulent maintenir les enfants et descendants des victimes et ceux des coupables en deux camps ennemis, séparés à jamais. »
En réponse à ce témoignage de Simon Gronowski, Nathalie Peeters de l’ASBL « Mémoire d’Auschwitz » a écrit, en avril 2020, un article intitulé « Y a-t-il des limites au pardon ? Peut-on pardonner l’impardonnable ? »
Elle y écrit notamment à propos de Simon Wiesenthal, juif polonais. Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie en 1939, il fut déporté dans plusieurs camps de travail et de concentration dont notamment ceux de Janowska, Płaszów et Mauthausen. Après la guerre, il consacra sa vie à la collecte d'information et à la recherche de criminels de guerre nazis pour qu'ils soient jugés.
« Simon Wiesenthal, connu sous le nom de « chasseur de nazi », a approfondi la question du pardon accordé aux nazis dans son livre sorti en 1969 : « The Sunflower » (Les fleurs de soleil)
Il raconte son expérience personnelle : alors qu’il était détenu au camp de Lemberg en juin 1942, un jeune SS à l’agonie, a voulu lui demander pardon pour les crimes qu’il avait commis.
Il souhaitait mourir en paix après avoir obtenu le pardon d’un Juif.
Il avait entre autres crimes, mis le feu à un immeuble où vivaient 300 Juifs et abattu ceux qui tentaient d’échapper aux flammes.
Simon Wiesenthal n’a pas dit un mot :
« Ai-je eu tort ou raison de garder le silence, alors que j’étais au chevet de ce nazi mourant ? C’est là la question morale que je me suis posée. Je suis prêt à concéder qu’il y a ceux qui comprendront mon dilemme et aussi ceux qui me condamneront pour avoir refusé́ de soulager le dernier moment d’un assassin qui regrettait ce qu’il avait fait. Le temps effacera peut-être la peine et la douleur, mais comme le pardon est un acte volontaire, il m’apparait que seule la personne qui a été offensée peut prendre la décision de pardonner. »
Mais la question reste là, lancinante : « Peut-on tout pardonner ? »
Cité par André Comte-Sponville, dans son « Petit traité des grandes vertus », paru en janvier 1995 aux Presses Universitaires de France, le philosophe français, Vladimir Jankélévitch, né de parents juifs, intellectuels russes ashkénazes qui avaient fui les pogroms, écrit dans son livre « Le pardon », paru en 1967 chez Aubier :
« Le pardon ne demande pas si le crime est digne d’être pardonné, si l’expiation a été suffisante, si la rancune a assez duré … Il n’y a pas de faute si grave qu’on ne puisse, en dernier recours, la pardonner. Rien n’est impossible à la toute-puissante rémission ! Le pardon, en ce sens peut tout. Là où le péché abonde, dit Saint Paul, le pardon surabonde (…) S’il y a des crimes tellement monstrueux que le criminel de ses crimes ne peut même pas les expier, il reste toujours la ressource de les pardonner, le pardon étant précisément pour ces cas désespérés ou incurables. »
Une question reste aussi ouverte : « Peut-on pardonner à ceux qui n’ont jamais demandé pardon ? »
La question se pose cruellement, aujourd’hui, pour les victimes d’abus sexuels et d’incestes, à l’heure où elles osent enfin exprimer les agressions qu’elles ont subies et les terribles traumatismes que ces crimes ont provoqués.
Le philosophe Vladimir Jankélévitch, cité par André Comte-Sponville, répond ceci dans son livre
« Le pardon » :
« Le repentir du criminel, et surtout son remords, donnent seuls un sens au pardon, de même que le désespoir donne seul un sens à la grâce(…) Le pardon n’est pas destiné aux bonnes consciences bien contentes, ni aux coupables irrepentis (…) Le pardon n’est pas fait pour les porcs et pour les truies. Avant qu’il puisse être question de pardon, il faudrait d’abord que le coupable, au lieu de contester, se reconnaisse coupable, sans plaidoyers ni circonstances atténuantes, et surtout sans accuser ses propres victimes : c’est la moindre des choses ! Pour que nous pardonnions, il faudrait d’abord, n’est-ce pas ?, qu’on vienne nous demander pardon. (…) Pourquoi pardonnerions-nous à ceux qui regrettent si peu et si rarement leurs monstrueux forfaits ? (…) Car, les crimes inexpiés sont précisément ceux qui ont besoin d’être pardonnés, les criminels irrepentis, eux, sont précisément ceux qui n’en ont pas besoin. »
Daniel Marguerat, exégète et bibliste suisse, professeur émérite de théologie protestante du Nouveau Testament de l'Université de Lausanne, souligne la différence d’approche du pardon entre le Judaïsme et le Christianisme :
Dans le judaïsme, le pardon de Dieu nécessite le repentir.
Une légende juive raconte que lorsque nous serons rassemblés pour le grand festin du Royaume de Dieu, la question se posera : qui peut rendre grâce pour le repas au nom de l’humanité ? Naturellement, les regards se tourneront vers Abraham, mais le patriarche répondra qu’il y a plus grand que lui autour de la table.
Alors les yeux se tourneront vers Moïse : Toi qui nous as conduits à la liberté et as recueilli les Tables de la Loi, veux-tu rendre grâce au nom de l’humanité ?
Mais Moïse répondra qu’il y a plus grand que lui autour de la table.
Alors David se lèvera et dira : Moi, je rendrai grâce pour l’humanité !
Pourquoi David est-il plus grand qu’Abraham et plus grand que Moïse ? Parce qu’il a commis un adultère avec Bethsabée, qu’il a fait tuer son mari Urie, qu’il s’est repenti et qu’il a été pardonné.
Jésus de Nazareth, lui, accomplit un geste inouï : il découple le pardon du repentir.
Jésus a choqué les pharisiens de son temps en partageant sa table avec les collecteurs de taxes et les femmes de moralité douteuse : « Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! » (Luc 15,2).
Les personnes en état de péché, dont il s’agissait de se distancer, pouvaient être réintégrées dans la communauté des croyants, mais encore une fois, moyennant repentir et sacrifice d’expiation.
Pour Jésus, la grâce de Dieu balaie toute condition préalable et s’offre généreusement.
De même, à un handicapé porté par ses amis qui ménagent un orifice dans la terrasse pour l’amener auprès de lui, Jésus déclare : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés » (Marc 2,5).
Les scribes, qui assistent à la scène, s’indignent : « Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? » Jésus a une fois de plus court-circuité la procédure usuelle et déclaré, à la place de Dieu, que les fautes de cet homme étaient effacées. Pourquoi brouille-t-il ainsi les cartes ?
Ce qui change avec Jésus, c’est que le travail du pardon passe de l’offensé à l’offenseur.
Ce n’est plus l’offenseur qui doit prouver son repentir par la réparation du tort qu’il a fait subir, c’est l’offensé qui renonce à exiger réparation. (…)
Dans le pardon tel que Jésus le conçoit, l’offensé renonce à exercer ce droit ; il libère l’offenseur du repentir préalable.
Nulle parole ne le dit mieux que l’abrogation par Jésus de la loi du talion.
« Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. À qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau… » (Matthieu 5,38-40).
La loi du talion jouait un rôle social de régulation de la violence : elle était tolérée pour se venger du mal subi, mais pas au-delà. Un œil pour un œil, pas plus.
Or, Jésus tranche : le seul moyen de stopper la spirale de la violence est de renoncer au droit de riposter. Jésus ne prône pas une attitude de faiblesse, mais d’audace : oser ne pas rendre le mal pour le mal.
Autrement dit, il exhorte à passer de l’énergie diabolique (celle qui sépare) à l’énergie symbolique (celle qui rassemble). Il en va de même pour le pardon, selon lui.
L’offense, l’insulte, le tort que je subis sont une violence qui m’est faite. Une violence d’autant plus forte si elle est injustifiée.
La réaction spontanée est de faire payer l’offenseur en exigeant réparation du tort qu’il a infligé.
C’est ici que Jésus dit stop. Le pardon est ce geste intrépide de liberté, ce courage qui consiste à aller au-devant de l’offenseur, en lui proposant de régler le différend autrement que par l’échange de la force.
Pardonner est une prise de risque : risque de passer pour un faible, risque d’inciter l’autre à recommencer, risque de banaliser l’agression. Ce danger est certain. La question qui surplombe ce risque est de savoir si, oui ou non, Jésus a raison de penser que c’est à ce prix que la violence sera extirpée de nos relations.
Dire oui, c’est reconnaître à sa parole une vérité contagieuse.
Le Pasteur Antoine Nouis, de l’Église protestante unie de France, est responsable du temple de l’Annonciation à Paris, connu pour son œcuménisme, ancien directeur de la grande « revue protestante Réforme » et collaborateur de « Campus Protestant », une plateforme web de diffusion de la pensée protestante.
Un article de La Croix – Croire, relate ses propos recueillis par Sophie de Villeneuve dans l’émission « Mille questions à la foi » sur Radio Notre-Dame :
« Disons-nous que la première personne à laquelle nous faisons du bien en pardonnant, c'est à nous-mêmes. Si notre offenseur nous demande pardon, il est bien sûr plus facile de pardonner, mais s'il ne le demande pas, que faisons-nous de l'offense ? Allons-nous la laisser s'infecter en nous et distiller son poison ?
Il y a plusieurs degrés dans le pardon. Pardonner quelqu'un qui vous a marché sur les pieds n'est pas très difficile. Nous parlons plutôt du pardon envers quelqu'un qui vous a profondément blessé, qui vous a trahi ou calomnié. Nous avons tous traversé cela un jour. Spontanément, naturellement, nous réagissons par la vengeance, nous cultivons en nous un sentiment d'injustice, nous nous persuadons que nous sommes malheureux…
Nous sommes invités à dépasser ce sentiment par le pardon, et ce n'est pas une mince affaire et cela n'a rien de mièvre !
Nietzsche disait que les chrétiens pardonnent parce qu'ils n'ont pas le courage de se venger. Page 7 sur 10
Mais le pardon n'est pas en deçà de la vengeance, il est au-delà de la vengeance. Je pardonne parce que je crois que le pardon porte plus de vie et d'espérance que la vengeance. Si je ne pardonne pas, je reste prisonnier de l'offense.
A ce sujet, j'ai beaucoup reçu du livre de Desmond Tutu, l'archevêque anglican d'Afrique du Sud, qui a lutté pour tourner la page de l'apartheid en Afrique du Sud. Il a écrit « Il n'y a pas d'avenir sans pardon » (Albin Michel), pour dire que son pays ne pourra pas avancer si les deux communautés qui le composent ne dépassent pas la blessure extrêmement profonde que l'une a infligée à l'autre. Il y décrit un dessin où l'on voit deux soldats devant un monument aux morts. L'un demande à l'autre : "As-tu pardonné à ceux qui t'ont fait prisonnier ?" L'autre répond : "Non, jamais". Et le premier lui dit : "Alors, tu es toujours prisonnier".
Si l'on ne pardonne pas, on reste prisonnier de celui qui vous a offensé.
Peut-on pardonner sans oublier ? Pardonner et se souvenir, n'est-ce pas incompatible ?
Pardonner, c'est mettre l'offense à sa juste place. Quand nous sommes offensés ou quand nous traversons une épreuve, celle-ci a tendance à occuper toute la place dans notre esprit. Et nous avons le sentiment que toute notre vie est obscurcie par l'épreuve ou l'injustice qui nous est faite.
Pardonner, c'est mettre l'offense à sa juste place, l'éloigner peu à peu pour pouvoir nous dire que nous sommes plus que ce qu'on a fait de nous. Et ainsi parvenir à dépasser et surmonter l'offense. Dans la pratique, c'est un combat très difficile.
Il ne suffit pas de dire "Je pardonne" pour pardonner réellement. Le pardon, comme le deuil, n'est pas un processus linéaire. Il peut arriver qu'à certains moments de vulnérabilité, l'offense revienne nous tourmenter.
C'est un processus long, difficile, et qui ne ramène pas à la situation antérieure à l'offense.
Prenons dans la Bible l'histoire de Jacob et Esaü.
Jacob usurpe le droit d'aînesse de son frère, part vivre une vingtaine d'années à l'étranger. Puis il a le mal du pays et il revient vers son frère. Comment la rencontre va-t-elle se passer ? Dans la nuit qui précède a lieu ce combat énigmatique avec l'ange, puis Jacob retrouve son frère et ils tombent dans les bras l'un de l'autre.
Esaü lui propose de cheminer ensemble, mais Jacob refuse : "Mes troupeaux risqueraient de gêner les tiens, prends à droite, j'irai à gauche". Ce n'est pas parce que l'on est réconcilié que l'on doit à nouveau vivre ensemble.
Et ce n'est pas parce que l'on a pardonné que l'on ne doit pas se protéger pour éviter d'être à nouveau blessé.
Sait-on vraiment si on a totalement pardonné ?
On n'est jamais à l'abri d'une rechute. Mais quand on arrive à mettre l'offense à distance, quand elle ne vient plus cannibaliser notre existence, quand on parvient à nouveau à aimer, à faire des projets, à entretenir des relations saines, on n'a peut-être pas pardonné de manière absolue, mais on a fait ce qui nous est demandé, c'est-à-dire poursuivre notre chemin malgré la blessure qui est en nous.
Peut-il y avoir pardon sans réconciliation ?
Il faut être deux pour se réconcilier. Parfois, l'autre n'y est pas prêt. Ce qui nous appartient, c'est de faire notre part du chemin.
Pardonner, c'est oublier ?
Non, pardonner n'est pas oublier. Le pardon est un commandement, tandis que l'oubli ne peut pas se commander. »
Revenons à l’Évangile
Le pardon est un commandement sur lequel Jésus a énormément insisté :
- Dans sa prière du « Notre Père » : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ».
- À la question de Saint Pierre : « Combien de fois dois-je pardonner à mon frère ? Irai-je jusqu’à sept fois ? », Jésus a cette réponse surprenante : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois mais jusqu’à septante fois sept fois »
- Sur la Croix, Jésus nous donne l’exemple de son pardon infini : « Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font » ( Luc 23, 34 )
- Exemple suivi par celui de Saint Etienne, diacre lapidé par des Juifs : « Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ». Page 9 sur 10 Puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché ». Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort. » (Actes des Apôtres 7, 55-60)
Pour moi, pour vous qui m’écoutez, qu’est-ce que réellement « pardonner » :
- Ce n’est pas effacer, faire que ce qui a été fait ne l’ait pas été (On ne peut revenir en arrière – Même Dieu ne le pourrait pas)
- Ce n’est pas oublier (C’est impossible – L’exiger serait inhumain)
- Ce n’est pas nier ou occulter ma souffrance et mes traumatismes (Ce serait une blessure supplémentaire inguérissable)
- Mais c’est vouloir que la vérité soit reconnue et que Justice soit faite
- C’est ne plus cultiver la haine, le désir de vengeance, le ressentiment …
- C’est ne plus en vouloir
- Et c’est retrouver la paix et la sérénité
Je termine cette méditation sur le Pardon
En vous proposant une réflexion de Gérard Bessière, prêtre, poète, écrivain, chroniqueur à l'hebdomadaire « La Vie », éditeur aux Éditions du Cerf et ancien aumônier national des Catholiques de l’Enseignement public en France :
Ceux qui pardonnent sont les guérisseurs de l'humanité.
Plutôt que de ressasser l'offense du dommage, plutôt que de rêver de revanche ou de vengeance, ils arrêtent le mal d'eux-mêmes...
Pardonner, c'est l'acte le plus puissant qu'il soit donné aux hommes d'accomplir.
L'événement qui aurait pu faire grandir la brutalité dans le monde sert à la croissance de l'amour.
Les êtres blessés qui pardonnent transforment leur propre blessure.
Ils guérissent - là où ils sont - la plaie qui défigure l'humanité depuis ses origines : la violence.
L'homme qui pardonne ressemble à Jésus.
L'homme qui pardonne rend Dieu présent.