Le mot « psaume » vient du grec ancien ψαλμός (psalmos) qui désigne un air joué sur le psaltérion.
Le mot grec psaltêrion est un instrument de musique muni de cordes pincées … en boyau, en crin ou en métal tendues sur une table d'harmonie plate.
Le psaltérion a également donné naissance au clavecin, qui est un grand psaltérion doté d'un mécanisme de clavier pour pincer les cordes.
En hébreu (la langue originelle du livre des Psaumes) on appelle ces cantiques « Le livre des louanges ».
Le Livre des Psaumes est divisé en cent-cinquante psaumes depuis le début de l’ère chrétienne, chez les Juifs comme chez les Chrétiens.
Les manuscrits du « Psautier hébreu » ne numérotent les psaumes qu’à partir de l’an 1494 après J-C (date de la première édition imprimée). Ils se contentaient de les distinguer par un alinéa.
« La Septante », qui est une traduction de la totalité de la Bible hébraïque en grec ancien, leur a donné un numéro d’ordre dès sa rédaction,
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elle aurait été réalisée par 72 savants juifs (six de chacune des douze tribus d’Israël) à Alexandrie, vers 270 av. J.-C.,
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à l'initiative du fondateur de la Bibliothèque d'Alexandrie, Démétrios de Phalère, qui l’aurait suggérée au Pharaon Ptolémée II
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et à l’intention des juifs de la « dispersion » ou de la « diaspora »
« La Vulgate » est une version latine de la Bible, traduite initialement par Saint Jérôme de Stridon à la fin du IVe siècle après J.-C., directement depuis le texte hébreu de l'Ancien Testament et depuis le texte grec du Nouveau Testament.
Le recueil des Psaumes n’a probablement été achevé que vers la fin du IIIème siècle avant Jésus-Christ. Pourtant, une tradition ancienne attribue le livre des psaumes au Roi David qui aurait vécu au Xème siècle avant Jésus-Christ.
- En réalité, seuls 73 psaumes, soit près de la moitié du psautier, sont attribués à David et 13 psaumes font explicitement allusion à un épisode de la vie du Roi.
- Douze psaumes sont attribués à Asaph, un des principaux musiciens établis par David dans la maison du Seigneur.
- Onze autres seraient des enfants de Coré, autre famille de chantres de la tribu de Lévi.
- Deux psaumes portent le nom de Salomon, mais seul le Psaume 71, qui décrit le règne du Messie, paraît bien lui appartenir.
- Quant aux autres psaumes, sans nom d’auteur, ils sont dits « orphelins ».
- Moïse est considéré comme l’auteur du Psaume 89.
Dans le Nouveau Testament, les Psaumes sont cités plus de cent fois. Jésus, au moment de mourir sur la croix, cite le premier verset du Psaume 22 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Mein Gott, warum hast du mich verlassen ?
Les moines et les moniales psalmodient depuis la nuit des temps et durant les 7 heures du jour selon la règle de Saint Benoît :
- les vigiles au milieu de la nuit, aux alentours de 3h du matin,
- les laudes vers 6h, - prime à 7h, - tierce à 9h, - sexte à 12h, - none à 15h,
- les vêpres à 17h - et les complies en fin de journée, vers 19h.
De nombreux laïcs prient régulièrement les psaumes et s’approprient les appels à Dieu des psalmistes.
Le Cardinal Robert Bellarmin, grand théologien jésuite, qui vécut de 1542 à 1621, canonisé en 1930 et proclamé Docteur de l'Église en 1931, écrivit dans sa préface du livre « Explanatio in Psalmos » du Pape Paul V :
« Parmi toutes les parties du corps des Saintes Ecritures qui s’offraient à moi comme objet de mes méditations et de mes études, j’ai choisi les Psaumes, que tous les ecclésiastiques récitent chaque jour et que bien peu comprennent. (…) Telle est l’obscurité de ce livre qu’aucun effet pour la dissiper ne saurait être regardé comme une peine perdue.»
Depuis toujours, en effet, les Psaumes paraissent très obscurs et leurs accents belliqueux rebutent bien des lecteurs qui ont beaucoup de peine à comprendre les imprécations, les appels des psalmistes à la vengeance et au meurtre.
Les psaumes contiennent, en effet, beaucoup de cris : des cris de solitude, de détresse, de révolte, des cris de vengeance …
Les ennemis y sont innombrables.
Il faut y voir, pourtant, un combat permanent contre le Mal, contre les tentations multiples qui nous assaillent et qu’il nous faut vaincre avec l’aide de Dieu.
Quand le Psalmiste prie « Seigneur, délivre-moi de mes ennemis », le chrétien y lit la prière que Jésus nous a enseignée dans la prière à Son Père : « Notre Père … délivre-nous du mal » Nous pouvons nous approprier les cris de détresse et les appels à l’aide des psalmistes.
PSAUME 143
1 Seigneur, écoute ma prière, prête l’oreille à mes supplications ! Exauce-moi dans ta fidélité, dans ta justice !
2 N’entre pas en jugement avec ton serviteur ! Car aucun vivant n’est juste devant toi.
3 L’ennemi poursuit mon âme, Il foule à terre ma vie ; Il me fait habiter dans les ténèbres, Comme ceux qui sont morts depuis longtemps.
4 Je suis à bout de souffle, j’ai le cœur ravagé.
5 Je me souviens des jours d’autrefois, Je médite sur toutes tes œuvres, Je réfléchis sur l’ouvrage de tes mains.
6 J’étends mes mains vers toi ; Mon âme soupire après toi, comme une terre assoiffée.
7 Hâte-toi de m’exaucer, ô Seigneur ! Mon esprit se consume. Ne me cache pas ta face ! Je serais semblable à ceux qui descendent dans la fosse.
8 Fais-moi dès le matin entendre ta bonté ! Car je me confie en toi. Fais-moi connaître le chemin où je dois marcher ! Car j’élève vers toi mon âme.
9 Délivre-moi de mes ennemis, ô Seigneur ! Auprès de toi je cherche un refuge.
10 Enseigne-moi à faire ta volonté ! Car tu es mon Dieu. Que ton esprit bienfaisant me conduise sur un sol aplani !
11 À cause de ton nom, Seigneur, rends-moi la vie ! Dans ta justice, retire mon âme de la détresse !
12 Dans ta bonté, anéantis mes ennemis, Et fais périr tous les oppresseurs de mon âme ! Car je suis ton serviteur.
Jésus-Christ nous a assuré que nos supplications seront toujours entendues.
09« Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
10 En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
11 Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu de poisson ?
12 ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ?
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »
PSAUME 90
01 Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut et repose à l'ombre du Puissant,
02 je dis au Seigneur : «Mon refuge, mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr !»
03 C'est lui qui te sauve des filets du chasseur et de la peste maléfique ; *
04 il te couvre et te protège. Tu trouves sous son aile un refuge : sa fidélité est une armure, un bouclier.
05 Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole au grand jour,
06 ni la peste qui rôde dans le noir, ni le fléau qui frappe à midi.
07 Qu'il en tombe mille à tes côtés, + qu'il en tombe dix mille à ta droite, * toi, tu restes hors d'atteinte.
08 Il suffit que tu ouvres les yeux, tu verras le salaire du méchant.
09 Oui, le Seigneur est ton refuge ; tu as fait du Très-Haut ta forteresse.
10 Le malheur ne pourra te toucher, ni le danger approcher de ta demeure :
11 il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins.
12 Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres ;
13 tu marcheras sur la vipère et le scorpion, tu écraseras le lion et le Dragon.
14 « Puisqu'il s'attache à moi, je le délivre ; je le défends, car il connaît mon nom.
15 Il m'appelle, et moi, je lui réponds ; je suis avec lui dans son épreuve ». « Je veux le libérer, le glorifier ; + 16 de longs jours, je veux le rassasier, * et je ferai qu'il voie mon salut. »
Lauda Jérusalem
Pourtant, nous avons souvent l’impression de ne pas être entendu, de prier dans le vide, un Dieu sourd ou absent.
C’est l’éternelle question « Où est Dieu ? »
Combien de fois ne nous est-il pas arrivé de nous être découragés après avoir longtemps prié pour obtenir quelque chose qui nous tenait fort à cœur ?
Les évangiles de Matthieu et de Marc racontent l’histoire peu reluisante de la demande des disciples Jacques et Jean :
« Alors, la mère des fils de Zébédée s’approcha de lui, avec ses fils, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Il lui dit : « Que veux-tu ? » - « Ordonne, lui dit-elle, que dans ton Royaume mes deux fils que voici siègent l’un à ta droite et l’autre à ta gauche. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » (Matthieu 20, 20-22).
La coupe est une allusion très claire à la passion et à la crucifixion de Jésus auxquels ni Jacques ni Jean et encore moins leur mère n’ont songé.
Nombre de nos demandes visent uniquement à combler nos besoins immédiats sans correspondre à la volonté de Dieu.
Les membres des « Sonderkommando », dans les camps d’extermination, étaient des juifs forcés d’obliger leurs frères et sœurs à se déshabiller, de les faire entrer dans les chambres à gaz et de jeter leurs cadavres dans les fours crématoires.
Zalmen Gradowski, un de ceux d’Auschwitz, a laissé, avant de mourir, des manuscrits qu’il a enterrés près d’un crématoire de Birkenau.
Un dernier manuscrit, datant de 1944, a été traduit du yiddish en français et publié sous le titre « Au cœur de l’enfer – Témoignage d’un Sonderkommando d’Auschwitz, 1944 ».
Zalmen Gradowski écrit : « Plus d’un parmi nos camarades contemplait avec dédain et dérision les quelques dizaines de Juifs qui se rassemblaient pour accueillir le sabbat et réciter la prière du soir. D’autres les regardaient avec amertume, car l’atroce réalité, les horribles tragédies qui se déroulaient chaque jour sous nos yeux ne pouvaient éveiller de sentiment de gratitude, ni inciter à chanter les louanges du Créateur de l’univers, qui avait laissé un peuple de barbares assassiner et anéantir des millions d’innocents, hommes, femmes et enfants, dont la seule faute était d’être né juif (…)
Implorer Celui qui ne veut entendre les pleurs et les cris de petits enfants innocents ? Non ! (…)
Même des Juifs autrefois pieux se tiennent maintenant froidement à distance. Il y a déjà longtemps qu’ils sont fâchés avec leur Dieu. Ils sont déçus pas ses voies. Ils ne peuvent comprendre qu’un « Père » puisse livrer ses enfants aux mains de cruels assassins, aux mains de ceux qui le raillent et se moquent de Lui »
Mais quelques Juifs, qualifiés de naïfs, se cramponnent encore à toute force à leur foi et persistent à prier les psaumes et à chanter les louanges de Dieu.
Et Zalmen Gradowski d’ajouter : « Alors, alors je courais là-bas, vers ce rivage, vers ce coin où se tenaient avec une sainte piété quelques dizaines de Juifs en prière, là je puisais cette lumière, là je captais cette étincelle avec laquelle je pouvais m’enfuir, m’enfuir dans mon box. Et à sa chaleur fondait le gel qui glaçait mon cœur (…) J’étais comblé, j’avais un shabbat de pleurs »
Prier un psaume, au cœur du désespoir, dans le chaos de son âme, quand tout est perdu et qu’il ne reste plus rien, c’est se réchauffer à la chaleur de Dieu, c’est faire fondre le gel qui glace nos coeurs …